Par Alastair Crooke – Le 21 décembre 2020 – Strategic Culture
Il est encore trop tôt pour le dire, mais il se pourrait que les élections américaines soient le début d’un nouveau « tournant » (au sens de « quatrième tournant« ). Bien sûr, ce qui se passe aux États-Unis est devenu le principal sujet de préoccupation de la plupart des gens ; mais même si cela aura des répercussions au cours de l’année à venir – peut-être de manière chaotique – les graines semées le 3 novembre, et après, nous amènent à un moment charnière : Le projet centralisateur du « wokedom » [le domaine des éveillés, NdT] progressiste en Amérique bleue [ceux ayant voté Biden, NdT] et dans l’Europe de Merkel aura-t-il le « cran » de persévérer – ou ses dirigeants vont-ils se replier face aux crises qui approchent – et face à la colère publique qui en découle ?
Ce projet a trois axes principaux : centraliser les grandes technologies et les médias grands publics ; concentrer les technologies bancaires et financières au sein d’une banque centrale unique ; et centraliser la politique de Merkel en Europe, à la tête d’un empire prétendant occuper le « haut lieu de la morale ».

Quand vous pensez à la Cour suprême des États-Unis, c’est probablement l’image de son auguste façade gréco-romaine, exprimant les idées conjointes de démocratie (Grèce antique) et de république (Rome classique). Ou bien, vous pourriez imaginer la grande salle d’audience à l’intérieur – toujours représentée par des dessins, car les photos ne sont pas autorisées – qui est l’espace de représentation ultime pour le droit du pays.
Le président Poutine a raison de ne pas féliciter Joe Biden pour son élection. Il a deux motifs. Le premier est que le processus électoral complexe aux États-Unis n’est pas terminé ; par conséquent, comme Trump ne l’a pas concédé, il n’y a pas de «président élu». Le second est que les résultats peuvent être annulés pour fraude. Dans ce cas, Poutine aura, à la fin de l’histoire, l’air plus intelligent que ceux qui se sont précipités pour féliciter Biden avant la fin du processus.
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L’économie politique de l’ère numérique reste encore une terra incognita. Dans un livre intitulé