Par Thomas Fazi – Le 18 avril 2025
La rencontre d’hier [17 avril, NdT] entre Trump et la première ministre italienne, Giorgia Meloni, était très attendue. Il s’agissait de la première rencontre entre un dirigeant européen et le président américain depuis que ce dernier a annoncé la semaine dernière des droits de douane de 20 % sur tous les produits de l’UE, droits qui ont ensuite été suspendus et ramenés à 10 % pendant 90 jours. La visite de Meloni a été largement considérée comme une démarche stratégique visant à tirer parti de son alignement idéologique et de ses relations personnelles avec Trump, qu’elle avait déjà rencontré à Mar-a-Lago et à l’investiture duquel elle a assisté en tant que seule dirigeante de l’UE présente. Son objectif était clair : convaincre Trump de revoir sa position en matière de droits de douane à l’égard de l’UE, ou du moins de l’Italie.


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Au cours des deux dernières semaines, Trump a lancé un boulet de démolition sur l’économie mondiale en annonçant des tarifs douaniers radicaux envers des dizaines de pays. Ce mouvement brusque a fait chuter les marchés boursiers aux États-Unis et à l’étranger, obligeant l’administration à reculer rapidement. Trump a révisé sa politique pour imposer un tarif douanier inférieur et généralisé de 10% (25% pour l’aluminium et l’acier), tout en faisant exception pour la Chine avec un tarif stupéfiant de 145% sur toutes les importations en provenance du pays, l’une des mesures commerciales les plus extrêmes de l’histoire moderne – même si certaines catégories ont ensuite été exemptées.
Écrivant dans sa cellule de prisonnier politique, dans l’Italie fasciste après la Première Guerre mondiale, le philosophe Antonio Gramsci déclarait : « La crise consiste précisément dans le fait que l’ancien meurt et que le nouveau ne peut pas naître ; dans cet interrègne, une grande variété de symptômes morbides apparaît. » Un siècle plus tard, nous sommes dans un autre interrègne, et les symptômes morbides sont partout. L’ordre dirigé par les États-Unis a pris fin, mais le monde multipolaire n’est pas encore né. La priorité urgente est de donner naissance à un nouvel ordre multilatéral capable de maintenir la paix et la voie du développement durable.
Ces deux derniers jours, l’administration Trump a publié des rapports extrêmement contradictoires sur les progrès réalisés dans le cadre de son initiative visant à conclure un accord de paix mettant fin à la guerre entre la Russie et l’Ukraine.

