Réinvitons les morts à table – Éloge du culte des ancêtres


Par Laurent Guyénot − Février 2022

L’exemple de l’Asie

Les Asiatiques ne montrent aucun signe d’un désir de mort collectif. Ils sont généralement fiers de leur origine ethnique et de leur nationalité. Je pense que cela a beaucoup à voir avec leur rapport aux ancêtres. Le culte des ancêtres est une partie essentielle des traditions asiatiques, et bien qu’il ait reculé dans les grandes villes, il est encore largement pratiqué. Les anthropologues préfèrent parler de « vénération des ancêtres » ; les morts ne sont pas divinisés, mais on leur exprime respect, gratitude et fidélité, et l’on attend d’eux qu’ils guident et protègent les vivants — ou les réprimandent quand ils agissent mal. Les ancêtres ne sont pas tous bons, mais il vaut mieux vivre en paix avec tous. Honorer les ancêtres n’est pas seulement une coutume religieuse ; c’est une obligation morale, car c’est un prolongement de la piété filiale, qui est considérée unanimement en Orient comme le fondement de la morale : de par votre piété filiale, vous participez à la piété filiale de vos parents, etc.

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Comment Johnson nous a fait marcher sur la lune


Par Laurent Guyénot – Le 25 décembre 2021 – Source Unz Review


Du Vietnam à la lune

Si John Kennedy n’avait pas été assassiné, il n’y aurait pas eu de Guerre du Vietnam pour les Américains. Cette question, naguère débattue, est aujourd’hui réglée, grâce à des historiens comme James Douglass. Robert Kennedy Jr. résume le dossier dans son livre American Values1 :

[JFK] a obstinément refusé d’envoyer des troupes de combat au Vietnam, ce qui lui a valu l’antipathie des libéraux et des conservateurs, qui lui ont reproché d’avoir “jeté l’éponge” dans la lutte contre le communisme international. […] Lorsque Johnson s’est rendu au Vietnam en mai 1961 à la demande de Jack [John], il est revenu fermement convaincu qu’il était insuffisant d’envoyer des conseillers militaires et du matériel : la victoire exigeait des troupes de combat américaines capables d’une action indépendante contre les combattants de la guérilla.

 

Pratiquement tous les conseillers de Jack étaient d’accord, mais le Président a fermement résisté, affirmant que nous pouvions soutenir les Sud-Vietnamiens mais que nous ne pouvions pas lutter pour eux. En y repensant plus tard, [Maxwell] Taylor [chef des états-majors] observa : “Je ne me souviens de personne qui était fortement contre [l’envoi de troupes de combat au Vietnam], à l’exception d’un homme, et c’était le Président. Le Président ne voulait tout simplement pas être convaincu que c’était la bonne chose à faire. C’était vraiment la conviction personnelle du Président que les troupes terrestres américaines ne devraient pas entrer.”

Le 11 octobre 1963, cinq semaines avant sa mort, JFK a contourné son propre Conseil de sécurité nationale et a publié le mémorandum d’action de sécurité nationale 263, officialisant le retrait du Vietnam de “1 000 militaires américains d’ici la fin de 1963” et “la majeure partie du personnel américain d’ici la fin de 1965”. Le 20 novembre 1963, deux jours avant son voyage à Dallas, Jack a annoncé lors d’une conférence de presse un plan pour évaluer “comment nous pouvons sortir les Américains de là-bas. Maintenant, c’est notre objectif, ramener les Américains à la maison.” Le lendemain matin, il passa en revue une liste de victimes pour le Vietnam indiquant que soixante-treize Américains y étaient morts à ce jour. Ébranlé et en colère, Jack déclara à son attaché de presse adjoint, Malcolm Kilduff, “Après mon retour du Texas, cela va changer. Il n’y a aucune raison pour que nous perdions un autre homme là-bas. Le Vietnam ne vaut pas une autre vie américaine.” Le 24 novembre 1963, deux jours après la mort de Jack, Lyndon Johnson a rencontré l’ambassadeur américain au Vietnam, Henry Cabot Lodge, que Jack avait été sur le point de renvoyer pour insubordination. LBJ déclara à Lodge : “Je ne serai pas le président qui a vu l’Asie du Sud-Est suivre le même chemin que la Chine.” En fin de compte, 500 000 Américains […] sont entrés dans les rizières du Vietnam et 58 000 ne sont jamais revenus . »

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  1. Robert F. Kennedy, Jr., American Values: Lessons I Learned from My Family, HarperLuxe, 2018, pp. 226-229.

Fauci et la grande escroquerie du sida, en guise d’échauffement à celle du Covid


Une critique du livre de Robert F. Kennedy Jr, « The real Anthony Fauci »


Par Laurent Guyénot − Le 27 novembre 2021 − Source Unz Review

Le nouveau livre de Robert F. Kennedy, Jr. intitulé « The Real Anthony Fauci : Bill Gates, Big Pharma, and the Global War on Democracy and Public Health » n’est pas le livre d’un politicien en quête d’attention. C’est le livre d’un homme déterminé à mettre sa propre vie en jeu dans la résistance contre l’attaque bio-terroriste en cours contre l’humanité par des gouvernements corrompus par l’industrie pharmaceutique. Il appelle à l’insurrection de masse, et son dernier mot est : « On se retrouvera sur les barricades ».

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Barbarossa : le révisionnisme de Souvorov s’impose au grand public


Une critique de Sean McMeekin : La guerre de Staline : une nouvelle histoire de la Seconde Guerre mondiale


Par Laurent Guyénot − Le 8 mai 2021 − Source Unz Review

Le dimanche matin 22 juin 1941, poussé par sa haine du « judéo-bolchevisme » et son insatiable soif de Lebensraum, Hitler rompt traîtreusement son pacte de non-agression avec Staline et lance l’invasion de l’Union soviétique. Prise au dépourvu et mal commandée, l’Armée rouge est submergée. Mais grâce à la résistance héroïque du peuple russe, l’URSS finit par mettre en déroute les Allemands, au prix de quelque vingt millions de morts. C’est le début de la fin pour les nazis.

Telle est, dans ses grandes lignes, l’histoire de l’opération Barbarossa telle que la racontent les vainqueurs.

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Souvenez-vous des Kennedy


Message d’un français en musique irlandaise


Par Laurent Guyénot − Décembre 2020

Je l’admets: j’aime les Kennedy. En fait, j’adore les Kennedy. Religieusement. Je pense qu’ils méritent un culte héroïque. Selon le grand spécialiste Lewis Farnell, « Le héros au sens religieux grec est une personne dont la vertu, l’influence ou la personnalité fut si puissante dans sa vie ou par les circonstances particulières de sa mort que son esprit est considéré après sa mort comme une puissance surnaturelle, exigeant vénération et propitiationi. » 1 En bref, un héros est un mort vénéré par un culte et des traditions mythiques ou légendaires. Les héros sont des demi-dieux car ils incarnent plus que leur âme individuelle. En d’autres termes, la ferveur religieuse pour les héros est ce qui donne une âme collective à la cité.

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  1. Lewis Richard Farnell, Greek Hero Cults and Ideas of Immortality (1921) Adamant Media Co., 2005, p. 343

15 ans avant Kennedy, les sionistes assassinaient James Forrestal


Par Laurent Guyénot – Le 27 janvier 2020 – Source Unz Review

Israël, meurtrier en série

Dans les années 1990, deux best-sellers ont porté à la connaissance d’un large public le fait que l’assassinat du Président John Kennedy en 1963 a résolu une crise intense sur le programme nucléaire secret d’Israël. Dans une de ses dernières lettres à Kennedy, citée par Seymour Hersh dans son livre The Samson Option (1991), David Ben Gourion se plaignait : « Monsieur le Président, mon peuple a le droit d’exister […] et cette existence est en danger. 1» L’arme atomique été jugée vitale pour Israël, et Kennedy s’y opposait. Une critique du livre d’Avner Cohen Israel and the Bomb (1998) paru dans le journal israélien Haaretz disait les choses ainsi :

Le meurtre du président américain John F. Kennedy a brusquement mis fin à la pression massive exercée par l’administration américaine sur le gouvernement d’Israël pour mettre fin au programme nucléaire. Cohen démontre longuement les pressions exercées par Kennedy sur Ben Gourion. […] Le livre implique que, si Kennedy était resté en vie, il est douteux qu’Israël ait aujourd’hui une option nucléaire.2

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  1. Seymour Hersh, L’option Samson : L’arsenal nucléaire d’Israël et la politique étrangère américaine, Random House, 1991, p. 141.
  2. Haaretz, 5 février 1999, cité dans Michael Collins Piper, False Flags : Template for Terror, American Free Press, 2013, p. 54-55

Un holocauste de proportions bibliques


Par Laurent Guyénot – Le 11 novembre 2019 – Source Unz Review


Holocauste est un terme tiré de la Bible hébraïque (dans la traduction grecque), désignant le sacrifice religieux d’animaux entièrement consumés sur un autel. Le premier holocauste rapporté dans la Bible est pratiqué par Noé dans la Genèse, chapitre 8 : dans un accès de rage, Yahvé s’est dit à lui-même : « Je vais effacer de la surface du sol les hommes que j’ai créés, (…) car je me repens de les avoir faits » (6:7). Mais après avoir noyé presque toutes ses créatures dans un déluge, Yahvé regrette d’avoir regretté, quand Noé lui offre un énorme holocauste. Yahvé respira l’agréable odeur et se dit en lui-même : « Je ne maudirai plus jamais la terre à cause de l’homme (…) plus jamais ne frapperai tous les vivants comme j’ai fait » (8:21). Depuis lors, Yahvé devint accro à la « douce odeur » de la chair carbonisée. Selon le livre d’Esdras, un holocauste gigantesque a été offert à Yahvé par les Judéo-Babyloniens qui ont (re)colonisé la Palestine, en préparation pour la (re)construction du Temple (Esdras 7:12-17).

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