Par Stephen F. Cohen – Le 12 avril 2017 – Source The Nation

Dans cette chronique publiée dans The Nation, le professeur émérite Stephen Cohen montre comment l’establishment politico-médiatique américain a fait siens deux « narratifs » qui ne sont basés sur aucune preuve officielle, mais seulement sur des faits allégués par les services de renseignement.
Selon le premier narratif, appelé « Kremlingate », le Président Poutine aurait donné l’ordre de pirater des courriels du Comité directeur du Parti démocrate et de les diffuser pour aider Donald Trump à remporter la Maison Blanche. Dans le deuxième narratif, le Président Assad, allié de Poutine, aurait donné l’ordre la semaine dernière de lancer une attaque chimique sur des civils syriens, y compris sur de jeunes enfants. Voici maintenant apparaître un troisième narratif lancé par la chaîne TV MSNBC, qui est une combinaison des deux premiers : la récente attaque de missiles déclenchée par Trump sur une base militaire aérienne syrienne serait en fait le fruit d’un complot ourdi par Poutine et Trump, pour libérer le nouveau président américain de la contrainte que font peser sur lui les enquêtes sur le « Kremlingate » et lui permettre de mener la politique de sécurité nationale des États-Unis voulue par Poutine.







Lorsque vous écoutez quelqu’un, vous ne devez pas nécessairement lui faire confiance (parce que, par exemple, il est connu pour être un menteur). Il est même très important d’essayer d’évaluer s’il ment ou non. C’en est ainsi avec les représentants du gouvernement des États-Unis et leurs homologues de l’UE : ils ont menti sur beaucoup de choses par le passé. Et maintenant, est-ce qu’ils mentent ou non au sujet de la Syrie? Ils ont menti au sujet du