Des grenouilles bouillant lentement dans leurs casseroles


L’ordre libéral fondé sur des règles a toujours été, en partie, une illusion, même s’il a séduit une grande partie du monde pendant un certain temps.


Par Alastair Crooke – Le 1e Novembre 2021 – Source Strategic Culture

Le célèbre « Long telegram » de George Kennan, envoyé de Moscou en 1946, était avant tout une analyse percutante des contradictions structurelles inhérentes au modèle soviétique, aboutissant à la conclusion analytique que l’URSS finirait par s’effondrer sous le poids de ses propres défauts. Ce texte a été écrit il y a un peu plus de soixante-dix ans.

D’autres ont tenté leur chance : quatre semaines seulement après l’inauguration de Biden, « The Longer Telegram » – un essai écrit par un ancien haut fonctionnaire anonyme, qui plaide en faveur d’une nouvelle stratégie américaine vis-à-vis de la Chine – a été publié et a reçu de nombreux éloges. L’original de Kennan, cependant, était une évaluation profonde de la façon dont l’Union soviétique fonctionnait (ou ne fonctionnait pas), et de laquelle avait découlé la prédiction de Kennan que le système soviétique finirait par imploser. Il suffisait d’être patient. Continuer la lecture →

En attendant que les structures se fissurent


Il semble que la Russie et la Chine resteront en retrait et patientes, en attendant que les structures se fissurent.


Par Alastair Crooke – Le 25 octobre 2021 – Source Strategic Culture

Jeffrey Tucker, dans un article intitulé « Sommes-nous proches d’un effondrement social et économique total ? », écrit : « Les économies et les sociétés s’effondrent lentement, puis un peu plus, puis d’un seul coup. Nous semblons être dans la période intermédiaire de cette trajectoire [aux États-Unis]. La partie lente a commencé en mars 2020, lorsque les politiciens du monde entier ont imaginé que ce ne serait pas une grosse affaire d’arrêter l’économie et de la redémarrer une fois que le virus serait parti ». Quelle belle démonstration de la puissance d’un gouvernement « guidé par la science » ce serait – la technocratie sur le pied de guerre.

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Les embardées de Washington : Y’a-t-il encore un « centre » ?


L’administration Biden aborde ses principaux partenaires diplomatiques en agitant les exigences de Washington comme si ces États devaient répondre à ces accusations, sans se défendre impertinemment en retour.


Par Alastair Crooke – Le 24 octobre 2021 – Source Al Mayadeen

La politique étrangère américaine – si une telle chose existe vraiment de nos jours – a de quoi laisser perplexe. Wendy Sherman, envoyée en Chine ? Et Victoria Nuland, probablement l’Américaine la moins appréciée à Moscou aujourd’hui, envoyée en Russie ? C’est quand même la dame qui a distribué des cookies lors de la « révolution de couleur » de la place Maidan. Continuer la lecture →

Le « Longer Telegram » des États-Unis est un interventionnisme hostile vis-à-vis de la Chine qui se fait passer pour une simple concurrence


Les titulaires de la Maison Blanche vont et viennent, mais les objectifs de sécurité des États-Unis ne changent pas de cap aussi facilement.


Par Alastair Crooke – Le 18 octobre 2021 – Source Strategic Culture

Dans le cadre de l’escalade anti-chinoise de Trump, Taïwan a bénéficié d’une reconnaissance et d’un soutien accrus – avec des visites régulières de hauts responsables américains, ainsi qu’une augmentation des ventes d’armes. Cela a conduit certains experts de Washington, à l’époque, à s’inquiéter pour l’« ambiguïté stratégique » concernant la possibilité d’une réponse militaire américaine – si Taïwan était militairement unie à la Chine – qui était délibérément érodée. Ils ont recommandé dans Foreign Affairs de ne pas faire de vagues avec la Chine. Continuer la lecture →

L’alliance anglo-étasunienne AUKUS constitue-t-elle un défi sérieux pour la Chine ?


Toutes les simulations récentes de wargames montrent que les États-Unis – avec ou sans AUKUS – perdraient une guerre contre la Chine, qu’elle soit nucléaire ou conventionnelle.


Par Alastair Crooke – Le 17 octobre 2021 – Source Al Mayadeen

Il n’y a aucun doute à ce sujet : le Reset est en marche. Seulement, il ne s’agit pas du « Reset du Davos » (pour l’instant). Après la fuite en avant de l’Amérique hors d’Afghanistan pour se concentrer sur la Chine, l’axe Russie-Chine contrôle désormais le « heartland » du monde. Il contrôle l’Asie centrale – ce que Mackinder appelait en 1904 l’énorme « île mondiale », dont la présence menaçante éclipse l’Euro-Asie. Continuer la lecture →

L’UE dépeint la Russie comme un pays « platiste » analphabète dans le domaine du climat afin de masquer ses propres échecs


Derrière les appels à la Russie pour qu’elle « ouvre les robinets » du gaz russe pour approvisionner l’Europe, se cache la volonté de contraindre la Russie à approvisionner l’Europe en gaz via le gazoduc ukrainien.


Par Alastair Crooke – Le 10 octobre 2021 – Source Al Mayadeen

En 2010 déjà, Anglo Codevilla, écrivant dans The American Spectator, a mis le doigt sur le moment précis, au lendemain de la crise financière de 2008, où les élites américaines « ont affirmé leur droit de décider, ad hoc, de la réponse à la crise [en renflouant les banques]… Et de tant d’autres sujets – en supposant que ces questions dépassaient la compréhension du grand public… ». Continuer la lecture →

L’Europe méprisée et abandonnée


L’Europe a-t-elle l’énergie et l’humilité de se regarder dans le miroir et de se repositionner diplomatiquement ?


Par Alastair Crooke – Le 8 octobre 2021 – Source Strategic Culture

Deux événements se sont combinés pour créer un point d’inflexion majeur pour l’Europe : le premier a été l’abandon par l’Amérique du stratagème du Grand Jeu consistant à tenter de maintenir les deux grandes puissances terrestres d’Asie centrale – la Russie et la Chine – divisées et en désaccord l’une avec l’autre. C’était la conséquence inexorable de la défaite des États-Unis en Afghanistan – et de la perte de leur dernier point d’appui stratégique en Asie. Continuer la lecture →

La remise en question des hypothèses les plus élémentaires de l’Europe


La fuite des États-Unis de Kaboul et l’accord AUKUS, conclu dans le dos de l’Europe, ont immanquablement révélé que les États-Unis n’assurent pas du tout les arrières de l’Europe.


Par Alastair Crooke – Le 3 octobre 2021 – Source Al Mayadeen

Washington est en train de réduire (au moins partiellement) son empreinte sur la périphérie de son hégémonie, pour se replier sur le berceau de ses luttes internes – tout en relevant ses jupes pour une charge ciblée sur la Chine.

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La Chine est sérieusement effrayée par les tambours de guerre de Washington


Le nouvel ordre est en train de se réaliser, même s’il reste rhétoriquement habillé des vêtements de l’ancien. Au cas où quelqu’un n’aurait pas compris le message, il s’agit de la guerre froide avec la Chine.


Par Alastair Crooke – Le 26 septembre 2021 – Source Al Mayadeen

Eh bien, tout cela s’est passé remarquablement vite. Après avoir quitté l’Afghanistan d’une manière chaotique, laissant des amis et des milliards de dollars de bagages sur le tarmac de l’aéroport alors que le dernier avion s’envolait vers l’horizon, les États-Unis ont commencé à dérouler impitoyablement leur nouvel « ordre mondial » : les défenses aériennes ont été retirées d’Arabie saoudite ; « Israël » a reçu l’ordre d’expulser les Chinois qui construisaient son port de Haïfa ; et la France et l’UE ont été « entubées » par le nouvel accord AUKUS, négocié dans le plus grand secret pendant de nombreux mois. Continuer la lecture →

La guerre froide avec la Chine va désagréger le ciment de l’Amérique


L’Amérique, qui a délocalisé une grande partie de ses capacités de production en Chine pour en tirer un profit à court terme, peut-elle se permettre le découplage ?


Par Alastair Crooke – Le 27 septembre 2021 – Source Strategic Culture

Washington ne sait pas trop quoi faire après la fin chaotique de la guerre « éternelle » de l’Amérique. Certains à Washington regrettent amèrement d’être sortis d’Afghanistan et plaident pour un retour immédiat ; d’autres veulent simplement passer à autre chose – à la « guerre froide » avec la Chine, bien sûr. Les cris suscités par la débandade initiale de l’Establishment et l’expression de sa douleur face à la débâcle du retrait de Kaboul indiquent toutefois à quel point l’accent presque obsessionnel mis sur l’obstruction de la Chine apparaît néanmoins comme une retraite humiliante pour les faucons américains, habitués à des interventions plus globales et illimitées. Continuer la lecture →