L’armée russe sème de subtils indices

Par J. Hawk – Le 20 mars 2015 – Source Fort Russ

Les forces armées russes ont récemment entamé une série d’exercices. Une des unités concernées était la 15e Brigade des fusiliers motorisés de la garde, normalement stationnée à Samara dans le district militaire central. Sauf que, sur les photos prises pendant les exercices de cette unité publiées par le blogueur russe nortwolf_sam , on voit que beaucoup de soldats portent des insignes signifiant qu’ils sont… des hommes de troupes de maintien de la paix. C’est ce que signifie l’insigne qui est sur la manche du soldat sur ​​la photo ci-dessus, et ce que les lettres cyrilliques MC sur le casque du soldat ci-dessous veulent dire. Vous vous souvenez que Porochenko a réclamé à plusieurs reprises que des troupes de maintien de la paix soient envoyées dans le Donbass, eh bien on dirait que quelqu’un se porte volontaire pour faire le boulot!

Traduit par Dominique Muselet, relu par jj pour le Saker Francophone

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Bloomberg, pas le Kremlin : malgré les sanctions, la Russie se relève

Par Matthew A. Winkler – Le 22 mars 2015 – Source thesaker.is

Les sanctions destinées à punir la Russie pour avoir arraché la Crimée à l’Ukraine il y a un an étaient censées nuire aux affaires russes. Et c’est le cas. Les actions russes, obligations et matières premières ont connu la pire performance en 2014 de tous les marchés émergents.

C’était avant. Maintenant l’image est en train de changer, avec des investisseurs recommençant à favoriser la Russie en 2015. Le rouble, qui était devenu la monnaie la plus volatile du monde l’an dernier après l’accaparement de la Crimée par le président Vladimir Poutine, se stabilise. Les fluctuations de sa valeur se sont rétrécies cette année, plus que n’importe laquelle des trente autres devises les plus échangées.

Source: Bloomberg

Jusqu’à présent, les investisseurs dans les titres d’État libellés en roubles russes ont gagné l’équivalent de 7 cents sur le dollar (7%) cette année, tel que mesuré par l’indice obligataire local Souverain Bloomberg Russie. En revanche, quiconque détient une dette publique similaire sur les marchés émergents a perdu 1,1% depuis le début de l’année.

Le tableau est encore plus rose pour les détenteurs d’obligations d’entreprises privées en Russie; ils ont eu un rendement total de 7,3% depuis le 1er janvier 2015, en tête des gains de l’indice des obligations des sociétés privées des marchés émergents tel que calculé par Bloomberg. Et tandis que les actions des marchés émergents mondiaux mesurés par l’indice MSCI Emerging Market ont gagné 1,7% cette année, les 50 actions russes de l’indice Micex sont en hausse de 11,9% – mieux que le Standard & Poors 500 ou tout autre marché nord-américain.

La valeur relative du rouble aide à comprendre pourquoi il y a des signes de confiance en Russie. Bien que le rouble reste la plus volatile des 31 devises les plus échangées cette année, ses sautes s’amenuisent. Cela est visible dans la volatilité occasionnelle, une mesure des paris des traders sur le changement de la valeur de la monnaie au jour le jour. Après avoir bondi à la fin de 2014 au milieu de la crise en Ukraine, le rouble fluctue maintenant comme en 2009.


L’économie semble également rebondir. Environ 78% des entreprises russes dans l’indice Micex ont affiché une croissance annuelle des ventes supérieure à leurs équivalents mondiaux, même si les actions de ces sociétés russes étaient à la traîne de leurs concurrents internationaux, selon les données compilées par Bloomberg. Ceci est compatible avec une amélioration depuis de deux ans de la compétitivité des entreprises russes.

Une raison possible de la croissance ? Les sanctions. Suite à l’indisponibilité des produits étrangers, les Russes devaient consommer des produits locaux.

Malgré toutes les perturbations causées par les sanctions, les entreprises russes représentés dans l’indice Micex sont plus rentables mesurées par les marges Ebitda  (bénéfice avant impôts, dépréciation et amortissement) que le reste des sociétés incluses dans l’indice MSCI Emerging Market mondiale.

Un certain nombre de sociétés russes surpassent leurs pairs mondiaux. Magnit PJSC, qui exploite une chaîne de supermarchés discount avec une capitalisation de $16 milliards sur le marché, vaut la peine d’être notée. La croissance des revenus du détaillant en un an était 31,66%, dépassant largement l’augmentation de 0,87% des ventes de ses concurrents mondiaux. Novatek OAO, un producteur indépendant de gaz naturel dans l’ouest de la Sibérie au chiffre d’affaire de $22,8 milliards , est un autre exemple. La société a vu ses ventes augmenter de 19,5%, comparativement à 0,76% pour la moyenne des autres entreprises de son secteur au niveau mondial. Et puis il y a Rosneft, une marque internationale pétrolière pesant $41 milliards qui produit en Sibérie occidentale, à Sakhaline, dans le Caucase du Nord et dans l’Arctique, qui fait état d’une croissance annuelle des ventes de 18,26% lorsque ses concurrents internationaux révèlent un accroissement du chiffre d’affaires de seulement 0,76%. Quelle que soit la façon de calculer, les actions de ces sociétés ne coûtent pas cher.

Source: Bloomberg

Les investisseurs mondiaux sont-ils optimistes quant à la résilience des entreprises en Russie ? Il semble que oui. Les actions les plus remarquables du plus grand fonds indiciel US qui suit les compagnies russes – plus de 90% de ce fonds est composé de compagnies russes – ont bondi de 5% cette année. Dans le même temps, un fonds indiciel qui représente un indice du flux des capitaux circulant avec la Russie montre une augmentation de 27%. L’aventure ukrainienne de Poutine a conduit à l’instabilité dans la région et les relations avec l’Occident se sont effilochées; mais elle n’a pas détruit la confiance dans les grandes entreprises russes.

Matthew Winkler Matthew Winkler est rédacteur en chef émérite de Bloomberg News, il analyse les marchés

Article original : Bloomberg

Traduit par jj, relu par Diane pour le Saker Francophone

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Stephen Cohen :
La guerre entre L’Otan et la Russie est une réelle possibilité.

Le 22 mars 2015 – Source Russia Insider

Le Professeur Stephen Cohen : Nous avons un gros problème

Le professeur Stephen Cohen est l’une des autorités les plus respectées sur la Russie parmi les chercheurs américains et occidentaux. C’est un universitaire américain spécialiste de la Russie à l’Université de Princeton et à l’université de New York. Son travail se concentre sur l’histoire moderne de la Russie et la relation de la Russie avec les États-Unis.

Les points clés du discours extraordinaire de Cohen:

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L’Italie veut contourner les sanctions de l’UE contre la Russie

Le 22 mars 2015 – Source Russia Insider

L’UE fronce les sourcils, le premier ministre italien Renzi est à Moscou

De plus en plus de pays membres de l’Union européenne commencent à réaliser à quel point les sanctions contre la Russie nuisent à leurs propres économies.

 

Les exportations italiennes vers la Russie ont diminué de 1,2 milliard de dollars entre 2013 et 2014. Le Premier ministre Matteo Renzi veut stopper cette tendance et contourner les sanctions contre la Russie. Parce que le pays est en crise économique et que Renzi lutte pour sa survie politique.

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La croix et l’épée :
La guerre sainte en Ukraine

Par Marcin Mamon – Le 18 mars 2015 – Source The Intercept

Les hommes du bataillon Ste Marie en prière dans leur base de Marioupol, le 14 octobre 2014. (AFP Photo / Alexander Khudoteply)

Le centre de recrutement pour les volontaires de la guerre sainte de Dmytro Korchinsky est situé dans le sous-sol d’un immeuble du centre de Kiev, rue Chapaev, qui était à l’origine une salle de billard. Tout le monde peut s’enrôler et l’endroit n’a rien de secret, on trouve son adresse et son numéro de téléphone sur internet.

Étalées sur les billards, les fausses Kalachnikovs que les recrues utilisent pour tirer sur des cibles accrochées au mur. Derrière le bar, les étagères supportent non pas des bouteilles d’alcool mais des cocktails Molotov, restes des violentes manifestations qui ont renversé le gouvernement l’année précédente. Ils pourront encore servir pour la prochaine étape du soulèvement ukrainien.

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Boomerang des sanctions:
la Russie commence à exporter de la viande vers l’UE

Le 20 mars 2015 – Source Fort Russ

ZAO Krasnobor, une entreprise agro-alimentaire russe, spécialisée dans la dinde et située dans la région de Tula, figure désormais sur la liste des exportateurs vers l’Union européenne, selon l’agence étatique Rosselkhoznadzor.

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La Russie à L’Ukraine : Respectez les accords de Minsk

Le 21 mars 2015 – Source Russia Today

Lavrov : «Personne n’est assez fou dans l’Union européenne pour envoyer des soldats de la paix en Ukraine»

Sergey Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères(RIA Novosti / Grigoriy Sisoev)

L’Union européenne n’enverra pas de force de maintien de la paix en Ukraine, à moins que les rebelles n’acceptent une telle mission a dit Sergey Lavrov, le ministre russe des affaires étrangères, en commentant la demande de Kiev pour une force de police étrangère

«Je pense que personne n’est assez fou dans l’Union européenne. [L’Union Européenne a déjà déployé des forces de maintien de la paix], mais seulement dans des situations où, comme dans les Balkans, toutes les parties en conflit l’avaient accepté. L’UE n’irait jamais dans une région, que ce soit le sud-est de l’Ukraine ou ailleurs, sans que les parties en conflit n’acceptent une telle mission», a dit Lavrov au cours d’une interview avec Sergey Brilev de la chaine Rossiya 1, samedi dernier.

Le ministre russe des Affaires étrangères a ajouté que Kiev devrait parler avec les républiques autoproclamées de Lougansk et de Donetsk plutôt qu’avec Moscou pour s’assurer du soutien de celles-ci envers une mission de maintien de la paix, et ne devrait pas les ignorer comme Kiev le fait actuellement.

En savoir plus: «Respectez les accords de Minsk», répond la Russie

Moscou avait déjà critiqué l’invitation unilatérale de Kiev à déployer une force de police sous l’égide de l’UE pour une mission de maintien de la paix dans le sud-est de l’Ukraine, en disant que cette initiative ne respectait pas les accords de Minsk parce qu’elle n’avait pas été prise en accord avec les forces rebelles.

Lundi dernier, le Président Petro Porochenko a soumis une résolution au Conseil de sécurité des Nations unies recherchant le déploiement d’une mission internationale en Ukraine, le document ayant déjà été approuvé par le Conseil de sécurité ukrainien.

Des va-t-en-guerre contre le plan de paix

Moscou pense qu’en essayant d’obtenir le déploiement de troupes étrangères sur son sol, l’Ukraine agit à l’encontre des accords Minsk-2, signés en février.

«Je crois que c’est juste un moyen de détourner l’attention… Porochenko est sous la pression de ceux qui ne veulent pas de plan de paix, ce qui feraient oublier leur culpabilité dans ce conflit, a suggéré Lavrov. Après que le parlement ukrainien a adopté une loi sur les élections locales qui contredit directement les accords de Minsk, les voila maintenant avec leur nouveau truc, l’initiative de maintien de la paix. Cela sonne bien et noble, mais ceux qui sont au courant de la situation savent de quoi il retourne

On trouve des partisans d’une solution militaire à la fois à Kiev et à Washington, dit Lavrov. Les deux capitales sont pratiquement à l’unisson quand il s’agit des accords de Minsk.

Washington pousse Kiev à une solution militaire

«Autant que l’on sache, les Américains se taisent quant aux accords de Minsk… mais font beaucoup d’efforts pour interpréter ces accords, et leur position est alors énoncée verbalement par Kiev», dit-il.

«Le vice-président américain Joe Biden a appelé le président ukrainien pour le féliciter de la signature de la loi sur les élections locales, que Donetsk et Lougansk ont considérée comme mettant fin à la clause 12 des accords de février, a ajouté Lavrov. Biden a aussi confirmé, au cours de la même conversation téléphonique, que les États-Unis envoient de l’équipement et des instructeurs pour entraîner la Garde nationale ukrainienne.»

Il faut augmenter la pression sur Kiev

Le haut diplomate russe a confirmé que Moscou avait appelé l’Allemagne et la France, qui ont cosigné les accords de Minsk, à faire quelque chose contre le non-respect par Kiev de ce plan de paix.

«Nous demandons des choses évidentes: que des actions soient entreprises pour pousser les autorités ukrainiennes à remplir leurs obligations, acceptées par Petro Porochenko en tant que président de l’Ukraine», a dit Lavrov.

En savoir plus: «Rupture éclatante». La Russie demande instamment à l’Allemagne et à la France d’agir en Ukraine

Au cours de cette interview, le ministre a aussi rappelé que l’UE avait récemment reconnu que la crise ukrainienne est un problème européen et qu’aucun intérêt outre-mer ne devrait interférer dans le règlement de cette crise.

Au cours de son discours au Conseil européen, jeudi, le président du Parlement européen, Martin Schulz, a dit que l’EU «avait œuvré pour une solution pacifique à ce conflit, qui se situe dans notre voisinage proche» et nommé une solution politique à la crise «la seule solution viable».

«Tout le processus de Minsk est basé sur une philosophie, récemment énoncée par le chef du parlement européen, Martin Schulz, qui a dit que la crise en Ukraine n’est pas un problème russo-américain mais un problème européen, et qu’il devait donc être traité en tant que tel… L’UE veut régler les problèmes à ses frontières en fonction de ses propres intérêts plutôt que de ceux de quelqu’un au delà des mers», a affirmé Lavrov.

Casques bleus patrouillant à la frontière Yougoslavie-Macédoine en août 1993 (Reuters)

Le ministre russe a ajouté que les soutiens étrangers de Kiev devaient exercer plus de pression sur le gouvernement ukrainien pour qu’il respecte les accords de paix.

 

«Je trouve dommage que les colères et la mauvaise volonté de Kiev pour faire des compromis suffisent à bloquer la mise en place des accords que nous avions tous considérés bénéfiques et réalisables», a-t-il-dit.

«Le problème est que les Américains, et à un moindre degré les Européens, ont beaucoup de mal a critiquer Kiev. Ils évitent autant que possible de le faire. Ils soutiennent le gouvernement de Kiev et ferment les yeux sur beaucoup de leurs actes, mais cela n’aide en rien.»

La mission de l’OSCE s’améliore, la Russie offre de l’aide

Lavrov a aussi critiqué Kiev d’essayer de court-circuiter la mission de l’OSCE, qui a pour tâche de surveiller la mise en place du cessez-le-feu, en prétendant que celle ci n’est pas à la hauteur de cette tâche.

«La mission a nettement amélioré la qualité de ses rapports, qui sont devenus plus réguliers. Nous avons insisté pour avoir des rapports quotidiens et qui soient directement distribués à tous les pays membres de l’OSCE, plutôt que de passer par Vienne pour y être édités et habillés», a encore dit Lavrov.

Les cinq cents postes prévus initialement pour la mission de l’OSCE sont presque remplis et la demande russe pour un doublement des postes a été entendue, a dit Lavrov. L’OSCE est déjà équipée avec les hautes technologies nécessaires à sa mission, avec des drones fournis par l’Autriche.

Moscou est aussi prête a fournir plus d’assistance technique à la mission, dont des drones et des blindés, même si cela demandera de régler des formalités supplémentaires pour avoir le personnel qualifié, comme les pilotes de drone attachés à cette mission de l’OSCE, a-t-il-ajouté.

Le ministre est allé jusqu’à dire qu’apparemment Kiev n’est pas contente des rapports de l’OSCE, car ceux-ci montrent l’armée ukrainienne sous un jour peu favorable.

«Les faits rapportés par les membres de l’OSCE montrent qu’environ 80% des incidents, comme le non-respect de retrait des troupes ou les refus d’autorisations de libre accès pour les observateurs de l’OSCE, sont dus aux militaires ukrainiens» a dit Lavrov.

Traduit par wayan, relu par jj et Diane pour le Saker Francophone.

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Ukraine SITREP du vendredi 20 mars 2015

Par Le Saker original – Le 20 mars 2015 – Source thesaker.is

Exactement comme le Titanic, l’Ukraine est en train de couler, toujours plus vite.

Maintenant, je suppose que la plupart d’entre vous a entendu parler de la quasi-insurrection dans Konstantinovka à la suite du meurtre d’une mère et de son enfant par un Ukrainien ivre conduisant un véhicule blindé de transport de troupes. Un accident peut arriver n’importe où, bien sûr, mais la quasi-insurrection qui a eu lieu après cet accident indique l’intensité de la rage et de l’hostilité de la population locale à l’égard de ses occupants nazis. La réaction de Kiev, toutefois, a été parfaite, belle comme une image: ils ont imputé l’émeute populaire à des provocateurs russes et ont envahi Konstantinovka d’escadrons de la mort.

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Poutine déclassifie le dossier de la Crimée

Par M K Bhadrakumar – Le 19 mars 2015 – Source Bhadrakumar

Les remarques franches émises par le président russe Vladimir Poutine pendant près d’une heure à la télévision vendredi, coïncidant avec le premier anniversaire du retour de la Crimée au sein de la Russie, sont les premiers récits complets du Kremlin sur les événements dramatiques qui ont suivi le changement de régime à Kiev en février de l’an dernier.

Poutine a divulgué quelques détails opérationnels, qui deviennent des pépites historiques. D’abord, Poutine a révélé que les «services russes de surveillance électronique» détenaient des informations spécifiques selon lesquelles les nationalistes extrémistes [néo-nazis, NdT] qui ont usurpé le pouvoir le 21 février 2014 avaient planifié l’élimination physique de l’ancien président Victor Ianoukovitch. Il n’a pas mentionné la CIA en tant que telle, mais il est évident que les Américains faisaient partie du tableau. Poutine a décrit comment «une escadrille d’hélicoptères russes avec une équipe de Spetsnaz» [sorte de GIGN, NdT] a finalement sauvé Ianoukovitch et l’a emmené en Crimée, où il a décidé de de se mettre à l’abri (avant de se rendre en Russie quelques jours plus tard).

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La comédie du rite des menaces annuelles de l’Europe à Israël

Par Jonathan Cook – Le 20 mars 2015 – Source JC

Il y a quelque chose de profondément hypocrite et lâche dans la manière dont les diplomates européens font rituellement fuiter leur rapport annuel sur Jérusalem. Cette année, ils ont choisi de déposer le rapport confidentiel dans les mains du Guardian.

Il est clair que les Européens – et les Américains – veulent que la nouvelle qu’ils sont très en colère contre Israël soit diffusée aussi largement que possible dans le sillage de la victoire électorale de Netanyahou. «Nous sommes furieux et nous n’en supporterons pas davantage !», s’égosillent-ils – une fois de plus, exactement comme ils l’ont fait tout au long des quatre ou cinq dernières années.

Un juif ultra orthodoxe devant la mosquée al-Aqsaau – Photo Bernat Armangue/Associated Press

Comme à chaque fois, le rapport est qualifié de percutant; comme à chaque fois, il menace Israël de sanctions; et comme à chaque fois, cela ne signifie rien.

C’est une mise en scène dérisoire destinée à nous faire croire – à nous qui avons une conscience – que nos représentants se sentent concernés et qu’ils envisagent – à un moment donné – de faire quelque chose. Mais ce que ce jeu d’ombre indique vraiment, c’est que tout cela se soldera par quelques vaines menaces. Ils brandissent ces menaces depuis plus d’une décennie. Et même si l’Europe se décidait vraiment à les exécuter, elles n’auraient pratiquement aucun impact sur Israël.

Voilà en quoi consistent ces menaces :

L’accès à l’Europe de terroristes juifs connus pourrait faire l’objet de restrictions. (On pouvait espérer que ces restrictions étaient déjà en place.)

L’Europe pourrait donner à ses consommateurs plus d’informations sur les produits made in Israël fabriqués en réalité dans des colonies illégales. (Ces produits ne devraient même pas se trouver sur le marché européen.)

Et les efforts pour sensibiliser les entreprises européennes au fait qu’être associé avec les colonies pourrait nuire à leurs affaires seront intensifiés. (Si c’était le cas, les forces du marché devraient, selon l’idéologie du libre marché, suffire à dissuader la plupart des entreprises de ce genre d’association – après tout, elles sont censées vouloir maximiser leurs profits).

En bref, cette liste de sanctions potentielles est du vent. Que dalle. Et toute personne qui prétend le contraire, y compris le Guardian, est tout simplement complice de cette mascarade diplomatique.

Jonathan Cook

Traduit par Dominique Muselet, relu par jj pour le Saker Francophone

 

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