Par Peter Turchin − Le 15 août 2025 − Source Cliodynamica

Source : Figure 3 dans Empirically Testing Predictions of an Attrition Warfare Model for the War in Ukraine, avec l’ajout de la ligne « We are here ».
L’Ukraine est l’un des sujets que j’ai abordés dans End Times. Après avoir remis la version finale du texte à l’éditeur fin 2022, j’ai continué à suivre l’actualité concernant l’évolution du conflit dans ce pays, car j’étais curieux de voir si mon analyse de l’État ukrainien (une ploutocratie) et de la guerre qui y sévit (un conflit par procuration entre l’OTAN et la Russie) se vérifierait au fil des événements. Il était donc intéressant de constater qu’au début de l’année 2023, les opinions sur ce conflit et les prévisions quant à son évolution future pouvaient être diamétralement opposées, selon l’auteur et son idéologie. Le ton des médias grand public (reflétant la position officielle des États-Unis) était plutôt triomphant. Mais de nombreux analystes américains, anciens militaires et professionnels du renseignement, avaient un point de vue très différent.
Par 
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a juré de « traquer » les dirigeants du Hamas où qu’ils se trouvent, avertissant que « leur vie sera courte si un seul cheveu des otages israéliens à Gaza est touché ». Dans le même temps, Israël bombarde la ville d’un million d’habitants en préparation d’une invasion terrestre, forçant des centaines de milliers de personnes à fuir. Pourtant, le Hamas et d’autres groupes palestiniens ont clairement indiqué qu’ils ne quitteraient pas leurs positions. Les huit otages environ retenus à Gaza ont donc peu de chances de survivre à l’avancée israélienne, qui implique la destruction de quartiers entiers. En réalité, Netanyahou et la société israélienne savent que l’invasion équivaut à une condamnation à mort pour les captifs. Anticipant cela, Netanyahou déplace déjà la responsabilité : chaque fois que le Hamas annonce la mort d’un otage, il la présente comme un déclencheur de vengeance, promettant d’éliminer les dirigeants du Hamas et se vantant des « longs bras » du Mossad. En vérité, les longs bras du Mossad, si souvent célébrés, sont moins une preuve de force qu’une mesure de la complaisance dont bénéficie Israël.
« Gaza est en feu ; l’État juif ne cédera pas« , proclame avec enthousiasme le ministre israélien de la Défense Katz : « Tsahal frappe d’une main de fer les infrastructures terroristes« . En fait, au cours des dernières semaines, Israël a frappé des « infrastructures » en Cisjordanie, en Iran, en Syrie, au Liban, au Yémen et en Tunisie en plus de Gaza.
Ce jugement dont vous entendez parler depuis tant d’années ? Il est là maintenant. Nous y sommes. Vous ne pouvez tout simplement pas voir tous les éléments en mouvement, et si vous le pouviez, vous ne comprendriez peut-être pas comment ni où ils se déplacent, ni ce qu’ils s’apprêtent à faire ensuite. À part certains sénateurs américains qui jouent leurs scènes de folie pré-écrites devant les caméras, un silence inquiétant recouvre le marais comme un miasme. On dirait un long moment de calme avant un tremblement de terre. Tout le monde le sent, et les coupables doivent le ressentir encore plus vivement.