Sombres pressentiments : l’Amérique à la croisée des chemins


… Attendez-vous à voir l’ethnocentrisme américain se ratatiner dans un chaudron bouillant. Norman Pollack


Par Norman Pollack – Le 11 décembre 2015 – Source CounterPunch

Non, ni le prophète hébreu Amos, ni Cassandre, la fille de Priam, ne m’inspirent ces pensées mais, la condition réelle, idéologique et psychologique de la mentalité américaine contemporaine, de ses fondements matériels ; un stade trop décomposé du développement capitaliste, nécessitant une projection constante de puissance à l’étranger et une certitude domestique contrainte, afin de maintenir un taux acceptable de croissance économique ; enfin, la conviction que la force militaire est suffisamment intimidante et une preuve acceptable pour le droit à façonner unilatéralement la structure mondiale d’après son propre désir et sa propre vision.

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Brzezinski : « Comment Jimmy Carter et moi avons créé les moudjahiddin »


La CIA a reçu l’ordre d’aider les moudjahiddin afghans six mois avant l’intervention militaire soviétique


CounterPunch

Par Jeffrey St Clair et Alexander Cockburn – Le 15 janvier 1998 – Source CounterPunch

Jimmy Carter

Zbignew Brzezinski, rencontrant Ben Laden

Q : Robert Gates, ancien directeur de la CIA, raconte dans ses mémoires (From the Shadows), que le renseignement américain a commencé à aider les moudjahiddin en Afghanistan six mois avant l’intervention soviétique. Vous étiez à cette époque le conseiller à la Sécurité nationale du Président Carter. Est-il exact que vous avez joué un rôle dans cette affaire ?

Brzezinski : En effet. Selon la version officielle, l’aide de la CIA aux moudjahiddin a commencé au cours de l’année 1980, autrement dit, après que les Soviétiques eurent envahi l’Afghanistan, le 24 décembre 1979. Mais en réalité, et le secret a été bien gardé jusqu’à présent [l’interview date de janvier 1998, NdT], c’était tout l’inverse : c’est le 3 juillet 1979 que le Président Carter a signé la première directive pour une aide secrète aux opposants du régime pro-soviétique de Kaboul. Et c’est ce jour-là que j’ai écrit une note au président dans laquelle je lui expliquai qu’à mon avis cette aide allait provoquer une intervention militaire soviétique.

Q : Malgré ce risque, vous avez plaidé pour cette opération secrète. Mais peut-être vous-même souhaitiez-vous cette intervention soviétique, et cherchiez-vous à la provoquer ?

Brzezinski : Ce n’est pas tout à fait cela. Nous n’avons pas poussé les Russes à intervenir, mais nous savions que nous augmentions la probabilité qu’ils le fassent.

Q : Quand les Soviétiques ont justifié leur intervention en affirmant qu’ils devaient contrer une ingérence secrète des États-Unis en Afghanistan, personne ne les a crus. Et pourtant, il y avait du vrai dans cela. Vous ne regrettez rien aujourd’hui ?

Brzezinski : Regretter quoi ? Cette opération secrète était une excellente idée. Elle a eu pour effet d’entraîner les Russes dans le piège afghan et vous voudriez que je le regrette ? Le jour où les Soviétiques ont officiellement franchi la frontière, j’ai écrit au Président Carter : «Nous avons maintenant l’occasion d’offrir à l’Union Soviétique sa propre guerre du Vietnam». En effet, pendant près de dix ans, Moscou a dû mener une guerre qu’elle n’avait plus les moyens de mener, un conflit qui a mené à la démoralisation et finalement à l’effondrement de l’empire soviétique.

Q : Et vous ne regrettez pas non plus d’avoir soutenu l’intégrisme islamique, en ayant donné des armes et une formation aux terroristes futurs ?

Brzezinski : Qu’est-ce qui compte le plus dans l’Histoire du monde ? Les talibans ou l’effondrement de l’empire soviétique ? Quelques musulmans excités ou la libération de l’Europe de l’Est et la fin de la Guerre Froide ?

Q : Quelques musulmans excités ? Mais on nous l’a dit et répété : le fondamentalisme islamique représente une menace mondiale aujourd’hui.

Brzezinski : C’est absurde ! On a dit que l’Occident suit une politique globale pour traiter de la question de l’Islam. C’est stupide. Il n’y a pas d’Islam global. Considérez plutôt l’Islam d’un point de vue rationnel et sans démagogie ni émotion. L’Islam est la religion qui guide un milliard et demi de croyants dans le monde. Mais quel est le point commun entre le fondamentalisme saoudien, l’Islam modéré du Maroc, le militarisme pakistanais, le laïcisme de l’Egypte pro-occidentale ou celui de l’Asie centrale ? Rien de plus que les liens qui unissent les différents états du monde chrétien.

Interview par Jeffrey St Clair et Alexander Cockburn

Traduit par Ludovic, édité par jj, relu par Literato pour le Saker Francophone

 

 

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Syrie : les renforts arrivent


Après avoir reçu et déployé des S-300, Damas annoncera : «Tous les avions qui ne sont pas coordonnés avec nous seront considérés comme hostiles.»

Deux escadrons d’avions de combat iraniens sont prêts à participer à la guerre en Syrie. 


Par Elijah J. Magnier – Le 12 décembre 2015 – Source elijahjm

La guerre en Syrie roule comme une boule de neige à l’entrée de l’hiver, avec l’introduction de nouveau éléments  dans le conflit. La présence de nouvelles armes et de nouvelles armées va peser lourdement sur les diverses forces qui combattent sur le terrain et sur la diplomatie en cours pour réduire la durée de la guerre. Continuer la lecture

La vente libre des armes de guerre plébiscitée aux US


Pour la première fois, une majorité des lecteurs du New York Times s’oppose à l’interdiction des armes de guerre


 

Par Joshua Krause – Le 12 décembre 2015 – Source The Daily Sheeple

Fusil d’assaut M4

Peu de temps après la fusillade de San Bernardino, le New York Times a fait un gros coup en postant un éditorial en première page pour la première fois en près de cent ans. L’article est une condamnation cinglante des lois sur les armes de notre pays [les US], ainsi que sur la culture des armes à feu en Amérique. Cependant, leur plaidoyer passionné pour plus de législation sur les armes à feu n’a pas eu l’effet escompté.

Depuis vingt ans, le New York Times a périodiquement interrogé ses lecteurs, en leur demandant s’ils seraient favorables à une interdiction des armes de guerre. Pour la première fois depuis 1995, une majorité de ses lecteurs est opposée à l’interdiction. En janvier 1995, 67% des lecteurs soutenaient l’interdiction, et 27% y étaient opposés. En 2011, il n’y avait qu’un léger changement, avec 63% en faveur et 34% contre. En 2015, on assiste à un retournement spectaculaire avec seulement 44% en faveur d’une interdiction.

… Les citoyens en faveur du contrôle des armes doivent être profondément préoccupés. Si la majorité des lecteurs [du NYT, NdT] plutôt favorables à un gouvernement à l’agonie et en lambeaux, penchant à gauche, ne soutiennent plus une réglementation contraignante sur les armes à feu, il est clair que les abolitionnistes des armes à feu sont en train de perdre la bataille des cœurs et des esprits en Amérique.

Joshua Krause

Traduit par Hervé, édité par jj, relu par Diane pour le Saker Francophone

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La France préfère-t-elle qu’on en sache moins sur la Crimée ?


En 2015, les autorités françaises ont plus d’une fois annulé la projection du film russe Crimée. Retour à la Patrie


Le 16 décembre 2015 – Source sputnik.news

Crimée

A Strasbourg en juin, à Nice en septembre, à Cannes en novembre et à Bordeaux le 11 décembre : quatre fois d’affilée des autorités municipales françaises auront trouvé prétextes à ne pas montrer au grand public le film Crimée. Retour à la patrie.

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Sans commentaire

Spécial COP 21 : paille et poutre(*)

Aux États-Unis, ces camions respectent certainement les lois anti-pollution, ce n’est pas comme Volkswagen et Audi…

2015-12-18_12h10_52

 

(*) En 2015, les États-Unis ont démasqué la fraude de Volkswagen sur le logiciel de mesure de la pollution due aux émissions des moteurs diesel…

 

 

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La Russie, éternelle victime d’une guerre qui ne dit pas son nom


Comment la Russie a-t-elle pu, en seulement 20 ans, sans guerres ni autres troubles, passer du stade de semi-colonie à celui de dirigeant mondial reconnu, à égalité avec les plus importants ?


Rostislav Ichtchenko

Par Rostislav Ichtchenko – le 10 décembre 2015 – Source thesaker.is

Les stratèges en chambre, qui croient sincèrement qu’une attaque nucléaire massive est la solution universelle à tout problème international (même le plus brûlant, proche de la confrontation militaire), sont malheureux de la position modérée du gouvernement russe dans la crise avec la Turquie. Ils jugent même insuffisante la participation de l’armée russe dans le conflit syrien. Ils sont aussi mécontents des activités de Moscou sur le front ukrainien.

Pourtant, pour une raison quelconque, personne ne pose une question simple. Comment est-ce arrivé que, tout d’un coup, la Russie ait non seulement résisté à la puissance hégémonique mondiale, mais ait gagné brillamment contre elle sur tous les fronts ? Continuer la lecture

Pourquoi Donald Trump est-il possible ?

Par Karl Denninger – Le 13 décembre 2015 – Source market-ticker via ZeroHedge

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Ma beauté ? Je suis très riche…

La peur à la fois au GOP [Parti Républicain], et chez les démocrates, est visible en surface quand on en vient à parler de Trump, et cela ne concerne pas les accusations qui lui sont portées. Non, c’est vraiment beaucoup plus simple que cela, et les deux partis Républicain et Démocrate, ainsi que les médias traditionnels, sont absolument terrifiés que vous, Américain moyen, commenciez à comprendre ce que sous-tend l’ensemble des institutions en Amérique.

Non, ce n’est pas qu’ils sont diaboliques.

C’est pire, car le mal est fréquemment reconnu et combattu depuis des décennies. L’Amérique ne s’est pas encore éveillée à ce qui se passe dans l’establishment politique et médiatique. C’était évident pendant la guerre du Vietnam et cela n’a fait qu’empirer depuis.
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De l’utilité du terrorisme


…considérée par rapport à l’usage qu’on en fait


Par Gianfranco Sanguinetti – Le 8 décembre 2015

Il est bien triste, de notre temps, de voir l’avancée de la barbarie dans les mœurs sociales, ainsi que l’abêtissement moral des individus, lesquels ne s’épargnent aucune bassesse : dans ce nouvel univers éthique, la concurrence n’est plus attisée par l’excellence et l’émulation, mais bien par l’abaissement et le dénigrement systématique des autres, et on n’a plus de scrupules à atteindre sa cible par la calomnie et l’ingratitude.

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