Business as usual !

L’UE achète à prix d’ami du pétrole aux auteurs des attentats sur son sol


Comment l’UE importe, via Israël, le pétrole de Daech finançant ainsi les armes qui tuent ses propres enfants


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Lors d’une conférence de presse en marge de la COP21 au Bourget, le président russe Vladimir Poutine a lié pour la première fois la décision de la Turquie d’abattre le SU-24 russe à la lutte engagée par son pays contre le trafic de pétrole clandestin de l’organisation État islamique à destination de la Turquie :

«Nous avons toutes les raisons de penser que la décision d’abattre notre avion a été dictée par la volonté de protéger ces chemins d’acheminement de pétrole vers le territoire turc, justement vers ces ports depuis lesquels il est chargé sur des navires-citernes.»

Le président russe confirme en cela les informations révélées par le journal al-Araby, qui documentait les conditions opérationnelles de l’acheminement du pétrole de Daech en Turquie. Ces informations, que j’avais relayées dans un précédent article, ont depuis trouvé un écho dans la presse internationale, notamment via l’agence de presse russe Sputnik news et le site israélien Globes.

L’article original publié par al-Araby et repris par Zerohedge synthétisait notamment de nombreux éléments factuels concernant les exportations de pétrole de Daech sous la forme d’un itinéraire cartographié qui aboutissait au port de Ceyhan en Turquie où, mélangé au pétrole illégal importé du Kurdistan irakien, ce dernier est chargé sur des tankers. Un transbordement est ensuite effectué au large de Malte afin de masquer la provenance du brut, qui est ensuite livré au port israélien d’Ashdod.

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Selon le ministre syrien de l’Information, le fils du président turc Erdogan est directement impliqué dans ce trafic via la compagnie maritime BMZ Group dont il est l’un des propriétaires et qui opère plusieurs tankers sous pavillon maltais. Si l’implication du clan Erdogan n’est pas surprenante, la deuxième partie de l’histoire révèle cependant  le rôle central d’Israël dans ce trafic.

Vendu aux alentours de 20$ par Daech à la frontière turque, le pétrole est exporté puis raffiné au port d’Ashdod, sur la côte israélienne, d’où une partie serait revendue à plusieurs sociétés pétrolières privées opérant sur le marché européen, à un prix compris entre 30 et 35 dollars le baril.

Le pétrole illégal du Kurdistan couvre 75 % de la consommation israélienne, et un tiers de ce volume est importé de Turquie via le port de Ceyhan qui couvre également la production de l’État islamique. Israël est ainsi le principal négociant de brut de Daech.

Si l’État hébreux réserve une partie de ces importations pour sa consommation domestique, une autre partie est exportée vers l’Europe en ayant acquis un statut légal durant son transit à Ashdod.

Selon les sources d’al-Araby, une partie du brut serait expédié par des sociétés privées vers une raffinerie italienne, qui constituerait donc la porte d’entrée du pétrole de Daech dans l’Union européenne.

Le journal basé à Londres ne donne pas le nom de cette raffinerie mais précise cependant qu’elle est la propriété d’un homme d’affaire italien possédant également un club de football de premier plan en Série A. Il pourrait ainsi s’agir de Massimo Moratti, propriétaire de l’Inter de Milan jusqu’en 2013 et dont la holding, Saras, détient la plus grande raffinerie du pays à Saroch, près de Cagliari.

L’enquête du journal al-Araby corrobore ainsi les déclarations qu’avait faites l’ambassadrice de l’Union européenne en Irak, Mme Jana Hybaskova, le 2 septembre 2014 devant la Commission des affaires étrangères du Parlement européen, affirmant que des États européens achetaient le pétrole d’État islamique…

Guillaume Borel

Article original publié par Arrêt sur Info

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Élections au Venezuela : le courage face à la guerre économique et psychologique

Note du Saker francophone

Depuis la parution de cet article, l’opposition de droite a remporté les élections au Venezuela, le président Maduro a accepté sa défaite. Nous publions cependant cet article d’Eric Draitser, parce qu’il explique très simplement les enjeux de ce vote et surtout la guerre financière, économique et psychologique, longue et sans merci, qui a préparé la victoire des néolibéraux (et des États-Unis).

Par Eric Draitser – Le 4 décembre 2015 – Source CounterPunch

Il est important de ne pas sous-estimer la très réelle guerre économique menée par les États-Unis et leurs alliés au Venezuela et dans toute l’Amérique latine.

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Neuvième semaine de l’intervention russe en Syrie : l’Empire contre-attaque


«Voilà cinquante ans, les rues de Leningrad m’ont appris une leçon, si le combat est inévitable, frappez le premier»

Vladimir Poutine


2015-09-15_13h17_31Par le Saker original – Le 5 décembre 2015 – Source thesaker.is

Vu le succès remarquable de l’intervention russe en Syrie, du moins jusqu’à présent, ce n’aurait pas dû être une surprise que l’Empire anglosioniste contre-attaque. La seule question était de savoir comment et quand. Nous connaissons aujourd’hui la réponse. Continuer la lecture

Peak Oil: assistons-nous au vrai pic ?


Par Ugo Bardi – Le 10 décembre 2015 – Source cassandralegacy

World Supply-Demand November 2015

Offre-demande mondiale Novembre ici à 2015

Art Berman analyse les données les plus récentes provenant de l’EIA sur son blog. Ces données en disent long au sujet de ce qui se passe sur les marchés du pétrole depuis deux ans. Le tout semble avoir été hors de contrôle, voyant tout le monde pomper autant que possible, se souciant seulement de nuire à la concurrence et sans trop penser à la catastrophe provoquée par la surproduction globale. L’excédent a stimulé la demande, mais seulement faiblement. Le résultat a été l’effondrement du prix du pétrole, que nous voyons encore aujourd’hui.

Il semble maintenant que le marché se redresse lentement de ce déséquilibre. La demande augmente, et l’offre semble avoir atteint un pic en juillet 2015. Dans quelques mois, nous pouvons revenir à une situation où la demande correspond à l’offre. Nous devrions alors retrouver une hausse des prix. Nous allons probablement voir la production descendre, et l’ensemble du système retrouver un certain équilibre ; au moins pour quelques temps. Bien sûr, l’élément principal dans le réajustement est le déclin de la production à partir des schistes aux États-Unis (image de Ron Patterson).

Juillet a-t-il été le pic pour tous les combustibles liquides ? Nous ne pouvons pas encore le dire. Ce que nous pouvons dire, c’est que la période de surabondance de pétrole a fait des dommages considérables à l’industrie pétrolière. Peut-être, commençons-nous maintenant le déclin terminal de l’industrie du pétrole dans le monde ; mais nous devons encore attendre pour en être sûr. Les Américains, aiment, semble-t-il, les cycles de booms et de récessions et, si les prix montent encore, ils pourraient vouloir verser à nouveau de l’argent dans l’industrie des pétroles de schiste. La seule chose sûre est que les combustibles fossiles doivent disparaître, tôt ou tard.

Hugo Bardi

Traduit par Hervé, édité par jj, relu par Diane pour le Saker Francophone

Liens

Les econoclastes ont aussi commentés le travail de Art Bertman

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Syrie : sang contre pétrole, l’ultime guerre du Pipelinestan


Non, la Syrie n’est pas connue pour avoir beaucoup de pétrole elle-même, mais elle est en travers du chemin du gaz du Moyen-Orient vers l’UE


Pepe Escobar

Pepe Escobar

Par Pepe Escobar – Le 8 décembre 2015 – Source Russia Insider

La guerre en Syrie est une guerre pour l’énergie. Avec, au cœur de la question, une compétition géopolitique vicieuse entre deux projets de gazoducs, il s’agit de la guerre ultime du Pipelinestan, le terme que j’ai forgé il y a longtemps pour désigner les champs de bataille impériaux de de l’énergie au XXIe siècle.

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Réduire la techno-sphère, Partie VIII


orlovPar Dmitry Orlov – le 1er décembre 2015 – Source Club Orlov

Partie I, Partie II, Partie III, Partie IV, Partie V, Partie VI, Partie VII

Cette série d’article offre un aperçu d’un livre qui reste encore à écrire. Comme elle est en passe de devenir une assez longue série, il me semble juste de faire un rappel, pour vous donner une idée de l’endroit d’où nous venons et où nous allons. Nous avons commencé par une discussion sur la façon dont le mode de vie contemporain, aux États-Unis en particulier, mais aussi dans divers autres soi-disant pays développés, est devenu entièrement intenable, car il nous oblige à compter sur un ensemble de technologies qui sont insoutenables et catastrophiques pour l’environnement. Celles-ci nous sont imposées par un ensemble de technologies politiques qui nous privent de notre pouvoir et de notre volonté de choisir celles que nous voulons utiliser. Nous avons également examiné un autre ensemble de technologies politiques qui sont utilisées pour détruire des nations, partout dans le mondes, si elles vont à l’encontre du plan directeur hors de contrôle.

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Bon appétit, messieurs !

Ô ministres intègres !
Conseillers vertueux ! Voilà votre façon
De servir, serviteurs qui pillez la maison !
Donc vous n'avez pas honte et vous choisissez l'heure,
L'heure sombre où l'Espagne agonisante pleure !
Donc vous n'avez ici pas d'autres intérêts
Que remplir votre poche et vous enfuir après !
Soyez flétris, devant votre pays qui tombe,
Fossoyeurs qui venez le voler dans sa tombe !
...

Ruy Blas - Victor Hugo Acte III scène II

Le 9 décembre 2015 – Source Le Parisien

Evry le 29 septembre 2015. L’ancien conseiller régional (PRG) et ancien adjoint de Manuel Valls à Evry dédicacera jeudi soir son dernier opus, Pilleurs d’État.

Il est désormais très actif dans la lutte contre le gaz de schiste. Mais avant cet engagement, Philippe Pascot baignait dans les sphères politiques : ex-adjoint au maire d’Evry Manuel Valls, ancien conseiller régional (PRG)… Une expérience qui lui a servi pour écrire son livre..

Dans son dernier livre, qu’il dédicacera ce jeudi à partir de 18 heures à la Fnac d’Evry, il dénonce les élus qui profitent de salaires exorbitants, de retraites douillettes, d’emplois fictifs… «On ne le dira jamais assez, tous les parlementaires ne sont pas pourris, lâche en préambule Philippe Pascot. C’est même une minorité d’entre eux, mais force est de constater qu’ils profitent d’une mansuétude complice de la majorité de leurs collègues.»

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