Les risques et les chances pour 2017


Saker US

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Par le Saker – Le 12 janvier 2017 – Source The Saker

Quelques jours à peine en 2017, et nous pouvons déjà dire avec un haut degré de confiance que 2017 sera une année historique. En outre, je suggère que 2017 sera l’« année de Trump » parce que l’une de ces trois choses se produira : soit Trump s’en tiendra pleinement à ses menaces et à ses promesses, soit il en tiendra quelques-unes, mais reste loin du compte, soit finalement Trump sera neutralisé par le Congrès dirigé par les néocons, les médias, la communauté du renseignement. Il pourrait même être destitué ou assassiné. Bien sûr il y a une infinité de possibilités secondaires ici, mais pour cette démonstration, j’appellerai la première option le « Trump lourd », la seconde le « Trump léger » et la troisième le « Trump cassé ». Avant de discuter des possibles implications de ces trois éventualités principales, nous devons au moins poser le contexte, en rappelant la situation dans laquelle le président Trump va mettre les pieds. J’en ai discuté certaines dans mon analyse précédente, 2016 : l’année du triomphe de la Russie, et je ne mentionnerai ici que quelques-uns des résultats essentiels de l’an dernier. Ce sont : Continuer la lecture

Incertitude politique en Irak post-Daech


Par Andrew Korybko et Hamsa Haddad – Le 9 janvier 2017 – Source Oriental Review

Le futur politique de l’Irak est encore incertain à cause de l’approfondissement des divisions du pays entre ses différentes composantes chiite, sunnite et kurde, qui ont été exacerbées par Daesh au cours des dernières années. Certes, l’Irak est depuis 2003 miné par des violences communautaires, mais jamais auparavant ces trois communautés n’ont été aussi éloignées l’une de l’autre. Jusqu’à présent, aucune n’avait de base sérieuse pour proclamer sa quasi-indépendance, à part bien sur les Kurdes, mais même Erbil (capitale de la région autonome du Kurdistan irakien, appelée Hewlêr en kurde, NdT) ne pouvait espérer proclamer son indépendance tant que l’armée irakienne projetait une image de puissance dans tout le pays. Continuer la lecture

Interview du Président syrien par des médias français, le 9 janvier 2017


Le 9 janvier 2017 – Source Syrian Arab News Agency

Question 1 : – Monsieur le Président, vous venez de rencontrer une délégation de députés français. Pensez-vous que cette visite aura une influence sur la position française à l’égard de la Syrie ?

Bachar al-Assad : – C’est une question française. Nous espérons que toute délégation qui viendra ici pourra voir la vérité sur ce qui se passe en Syrie durant ces dernières années, depuis le début de la guerre il y a six ans, et le problème maintenant, concernant la France en particulier, est qu’ils n’ont pas d’ambassade, ils n’ont absolument aucune relation avec la Syrie. Alors c’est comme si… On peut dire que c’est un État aveugle. Comment pouvez-vous forger une politique envers une région donnée, si vous ne voyez pas, si vous êtes aveugles ? Il faut être capable de voir. L’importance de ces délégations est qu’elles représentent les yeux des États, mais cela dépend de l’État en question ; est-ce qu’il veut voir (la réalité des choses), ou est-ce qu’il veut continuer à adopter la politique de l’autruche et refuser de dire la vérité, parce que maintenant, dans le monde entier, tout est en train de changer à tous les niveaux à l’égard de la Syrie, (aux niveaux) local, régional et international. Jusqu’à présent, le gouvernement français n’a pas changé de position, ils maintiennent leur rhétorique désuète qui est déconnectée de la réalité en Syrie. C’est pourquoi nous espérons qu’il se trouvera quelqu’un au sein l’État, qui veuille bien écouter (ce que rapporteront) ces délégations, (écouter) les faits. Je ne parle pas de mon opinion, je parle de la réalité en Syrie. Donc, nous avons de l’espoir.

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La démocratie sans frontières


Par Olivier Foreau – Le 18 décembre 2016 – Source Normalosphere

Si tu ne viens pas à la démocratie, la démocratie viendra à toi.

Dans une vibrante tribune intitulée « En France, les femmes sont libres » (Huffington Post, 05/09/2016) Manuel Valls s’est fixé dernièrement un nouveau défi pédagogique : faire entrer dans le crâne d’une journaliste étrangère les concepts de principes républicains  et de laïcité à la française. À lire ses explications pour le moins embrouillées, on devine que la tâche est rude. D’ailleurs il concède, bon prince, à propos de la laïcité : « Je sais combien cette singularité française a du mal à être comprise à l’étranger. » Car il faut bien le reconnaître, la laïcité « à la française » n’a pas grand-chose à voir avec celle des autres. Il en va de même pour les « principes républicains », inconnus dans le reste du monde, ce qui explique le fait qu’en France les femmes sont libres, contrairement à celles qui vivent ailleurs.

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Les habitants d’Alep libérée


Le témoignage d’un photographe européen ayant visité Alep, à la mi-décembre 2016.

Par Jan Oberg – Le 29 decembre 2016 – Son blog

Reproduit avec la permission de Jan Oberg.

Pour la plupart des médias, des commentateurs et des politiciens occidentaux, cela ne faisait aucun doute : Alep est tombée (de nouveau) aux mains du « régime », du « dictateur ». Ils se sont concentrés sur les civils et les rebelles modérés, comme ils les appellent, tués dans les dernières heures de la bataille autour d’Alep orientale, qui était occupée depuis mi-2012.

J’étais là – autant à l’est qu’à l’ouest d’Alep – quand c’est arrivé. J’étais dans le quartier Hanano d’Alep, sa vieille ville et dans la ville industrielle de Shaykh Najjar.

Je marchais dans les rues et je pouvais parler à n’importe qui et photographier ce que je voulais, personne ne me guidant vers des personnes particulières.

Ces images sont réelles, elles sont authentiques.

Voila ce que j’ai vu et entendu.

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Les Casques blancs financés par GB/USA participent au blocus de l’eau qui assoiffe 5 millions de Syriens


Moon of Alabama

Moon of Alabama

Le 3 janvier 2017 – Source Moon of Alabama

Le blocus de l’eau de Wadi Barada qui assoiffe 5 millions de personnes à Damas prend une tournure intéressante. L’organisation des Casques blancs financée par les États-Unis et le Royaume-Uni semble y être directement impliquée. Cela augmente le soupçon que le blocage illégal de l’eau que subissent les civils de Damas fait partie d’une campagne organisée par les États-Unis. La campagne a pour but de saboter le fonctionnement des services publics dans les zones tenues par le gouvernement en représailles pour la libération de d’Alep-Est. Continuer la lecture

La Syrie après le dernier cessez-le-feu 3/3


Première partie : la Tripartite est-elle vraiment sur le point de dépecer la Syrie ?

Deuxième partie : les munitions diplomatiques syriennes entrent dans la lutte politique d’Astana.

Syria After The Latest CeasefireIl est conseillé de lire les deux premières parties afin de comprendre le contexte et les prévisions analytiques relatives à la Syrie.

Cet article est une revue sommaire des deux articles précédents et doit donc être traité comme une source de référence.

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Les munitions diplomatiques syriennes pour les négociations d’Astana 2/3


Par Andrew Korybko – Le 29 décembre 2016 – Source Oriental Review

Astana, capitale du Kasakhstan

Première partie : la Tripartite est-elle vraiment sur le point de dépecer la Syrie ?

Des solutions syriennes

La première chose qu’il faut préciser, c’est que l’armée arabe syrienne et la majorité patriotique du pays qu’elle représente viennent de gagner la guerre et qu’il n’y a aucune raison pour qu’elles acceptent toutes sortes de « concessions » à « l’opposition », compte tenu des circonstances qui prévalent après le succès de la libération d’Alep. Même compte tenu de la nécessité de sécuriser les territoires nouvellement libérés et de reconstituer les troupes (que ce soit physiquement, émotionnellement ou psychologiquement), il n’y a aucun argument valable pour expliquer pourquoi l’opération de libération nationale ne pourrait pas continuer après un bref repos tactique. La seule explication plausible est que les principaux protecteurs internationaux de la Syrie, la Russie et l’Iran, n’ont pas la volonté politique de consacrer les ressources nécessaires pour poursuivre cette campagne, comme l’a expliqué en détail l’auteur en août dernier, dans son article intitulé La Turquie en Syrie, la FSA et la future querelle sur la Constitution de la Syrie.

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L’Ambassade des États-Unis en Turquie ment ouvertement sur le soutien étasunien aux YPG kurdes


Moon of Alabama

Moon of Alabama

Le 29 décembre 2016 – Source Moon of Alabama

Ambassade et consulats des États-Unis en Turquie – 28 décembre 2016

La vérité sur la désinformation dans les médias turcs à propos des opérations des États-Unis et de la Coalition contre ISIL en Syrie :

Il y a beaucoup de désinformation dans les médias turcs sur les opérations des États-Unis et de la Coalition contre ISIL en Syrie. Pour ceux que la vérité intéresse, la voici :

[…]

Le gouvernement des États-Unis n’a pas fourni d’armes ni d’explosifs aux YPG ni au PKK. Un point c’est tout.

Washington Post – 28 décembre 2016

Sur la route de Raqqa :

Au cœur de la question il y a la politique militaire des États-Unis d’envoyer des armes à la zone contrôlée par la principale milice kurde syrienne : les Unités de protection du peuple connues sous le nom de YPG.

La décision a payé jusqu’à présent. Les YPG – qui constituent la composante kurde des FDS (Forces démocratiques syriennes) – se sont révélées l’allié militaire le plus efficace des États-Unis en Syrie et ont repris de vastes étendues de territoire.

La déclaration de l’ambassade qui nie soutenir en armes et munitions les YPG est clairement un mensonge. Que les États-Unis fournissent et aient fourni des armes et des munitions aux YPG depuis 2014 est tout à fait vrai.

Dans la même déclaration, l’ambassade des États-Unis a également nié que les États-Unis soutenaient ou appuyaient ISIS alias DAESH :

Le gouvernement des États-Unis (USG) ne soutient pas DAESH. L’USG n’a ni créé ni soutenu DAESH par le passé. Les allégations selon lesquelles le gouvernement des États-Unis soutient DAESH sont fausses.

Il y a pourtant beaucoup de signes que les États-Unis ont activement soutenu ISIS alias DAECH, au moins dans ses premières années.

En 2013, l’officier des forces spéciales géorgiennes d’origine tchétchène, Abu Omar al-Shishani, qui avait bénéficié d’une formation militaire complète aux États-Unis, était le commandant d’ISIS qui dirigeait ISIS et l’Armée syrienne libre soutenue par les États-Unis et commandée par le colonel Abdul Jabbar al-Okaidi rémunéré par les États-Unis, lors de la prise de la base aérienne syrienne de Menagh.

Qui a ravitaillé et payé ISIS pour ce service ?

De récentes vidéos d’ISIS filmées près d’al-Bab montrent des attaques d’ISIS sur des tanks turcs Léopard 2A4 avec des missiles antichar TOW fabriqués par les États-Unis. Ils sont tombés du ciel ?

Il est facile de prouver que la déclaration de l’ambassade des États-Unis en Turquie est un mensonge. On a du mal à comprendre pourquoi le Département d’État croit intelligent de proférer officiellement des mensonges aussi flagrants. Cela ne fait que jeter le doute sur ses autres déclarations.

Capture d’écran de la déclaration de l’ambassade :

Traduction : Marie Staels

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La tripartite est-elle vraiment sur le point de découper la Syrie ? 1/3


andrew-korybko

Par Andrew Korybko – Le 29 décembre 2016 – Source Oriental Review

Is the Tripartite really on the verge of “dicing up” Syria?Reuters vient de sortir un rapport scandaleux, fait à la va-vite, avec des déclarations de « sources anonymes » alléguant que la tripartite composée de la Russie, de l’Iran et de la Turquie conspirent à « découper la Syrie en sphères d’influence ». Considérant qu’il est bourré de « déclarations invérifiables » et de spéculations hasardeuses, l’article ne devrait pas être pris trop au sérieux et pourrait très bien être de la désinformation conçue pour affaiblir le partenariat multilatéral en développement entre ces trois grandes puissances.
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