2016 : l’année du triomphe de la Russie


Par le Saker – Le 28 décembre 2016 – Source The Saker

Exactement comme les cartes européennes placent l’Europe au centre de la planète, la plupart des commentateurs occidentaux considèrent l’année qui vient de s’écouler dans une perspective centrée sur les États-Unis et l’Europe. Ce qui est assez juste. De plus, l’Empire anglosioniste vient de subir deux catastrophes majeures, le Brexit et l’élection de Trump, donc il est vraiment très intéressant de se concentrer sur elles. Pourtant, ce que je veux faire aujourd’hui est de considérer l’année qui se termine depuis une perspective russe. Voici les défis principaux auxquels a été confrontée la Russie en 2016 :

  1. Le régime nazi à Kiev.
  2. La guerre civile au Donbass.
  3. Les tentatives ukrainiennes de bloquer la Crimée.
  4. L’hostilité frénétique de l’administration étasunienne.
  5. La politique de confrontation militaire de l’OTAN en Europe.
  6. Le front uni européen contre la Russie.
  7. Les sanctions occidentales, la baisse des investissements et du crédit qui s’en est suivie et les bas prix du pétrole.
  8. L’insatisfaction de la population russe avec la politique économique du gouvernement.
  9. La lutte contre la 5e colonne « libérale » à l’intérieur de la Russie.
  10. L’agression internationale en Syrie.
  11. La diabolisation de la Russie en général et de Vladimir Poutine en particulier.
  12. Les attentats terroristes contre la Russie.

Prenons-les un par un et donnons-leur une note :

L’Ukraine 5/5

L’Ukraine occupée par les nazis est en chute libre. En réalité, cela fait déjà un moment qu’elle l’est, mais exactement comme quelqu’un qui saute du 40e étage d’un immeuble passe bien devant le 20e étage, l’Ukraine avait toujours la possibilité de dire « jusqu’ici tout va bien » et passer pour à demi-crédible à celui qui est superficiellement informé. Maintenant, cependant, il devient assez évident que la prétendue « Révolution de la dignité » (c’est ainsi que les néonazis appellent le coup d’État contre Ianoukovitch) est un échec absolu et que « l’Ukraine indépendante » est tout simplement au-delà du sauvetage. La classe dirigeante qui était arrivée au pouvoir se délite aujourd’hui, tout le monde combat tout le monde et il n’y a pas d’autre politique discernable au-delà de l’enrichissement et de la survie personnels. Quant à la « Jeanne d’Arc d’Ukraine » – Nadejda Savchenko –, elle est maintenant dénoncée comme traître et agent du FSB. Forbes publie actuellement un article intitulé Corruption is killing Ukraine’s economy, tandis qu’un ancien avocat ukrainien a diffusé des enregistrements de Porochenko acceptant des pots de vin du FMI. Pour ce qui concerne l’armée ukrainienne, dont Porochenko a annoncé qu’elle était l’une des cinq meilleures au monde, elle a rassemblé seulement assez d’hommes pour envoyer une compagnie de la taille d’une force d’infanterie soutenue par deux pelotons de chars pour attaquer les positions novorusses près de Debaltsevo avant que tous se fassent tuer. La situation de l’armée ukrainienne est si mauvaise qu’elle est maintenant obligée d’utiliser des voitures privées pour rejoindre les lignes de front et évacuer les blessés. Oui, l’armée ukrainienne est immense sur le papier, mais en réalité c’est une force qui a du mal à survivre même avant d’aller à la bataille. Enfin, l’ensemble de l’élite dirigeante nazie a mis tout son poids politique derrière Hillary en déversant mépris et vitriol contre Trump. Dire qu’ils sont maintenant écrasés serait un euphémisme. D’où le vent de panique totale qui submerge actuellement Kiev.

Le Donbass 3/5

La politique russe au Donbass (non-occupation combinée à un soutien patent et secret) a été clairement la bonne : les Républiques populaires de Donetsk et de Lougansk se renforcent tandis que l’Ukraine occupée par les nazis est en train de s’effondrer, vide supra [voir ci-dessus], comme on dit.  Il y a eu cependant des échecs évidents, et les deux principaux sont l’incapacité des Russes à arrêter les bombardements et les attaques continuels des nazis contre les civils et à instaurer la sécurité dans les deux républiques. Si le premier échec peut être excusé (il n’y a pas de recette magique pour faire que cela se produise), le second est inexcusable vu l’assassinat de plusieurs personnalités novorusses importantes. En outre, la situation au Donbass reste très difficile et potentiellement dangereuse. Tout bien considéré, la Russie a très bien agi, mais dès que vous vous penchez plus en détail sur la situation, de nombreuses erreurs et de multiples échecs apparaissent. Pourtant, il est maintenant évident à toute personne correctement informée que le temps joue (et a toujours joué) en faveur des Novorusses, puisque chaque jour qui passe les rend plus forts et les Ukronazis plus faibles.

Crimée 5/5

Les Ukronazis ont tout essayé, depuis bloquer la péninsule jusqu’à couper l’eau et l’électricité jusqu’à envoyer des terroristes infiltrés. Cela a donné l’occasion à la Russie de « sauver » la Crimée de l’Ukraine maintes et maintes fois. Il est tout à fait clair que les Ukronazis ont depuis longtemps abandonné l’idée de récupérer la Crimée et que tout ce qu’il leur reste sont des moyens souvent inefficaces pour essayer de rendre la population de Crimée misérable ce qui, bien sûr, ne fait que renforcer sa détermination. Au début, il y avait quelques personnes en Crimée qui n’étaient pas tout à fait convaincues que le cauchemar était vraiment terminé et que les Russes étaient vraiment sérieux (en particulier avec toutes les rumeurs sur « Poutine va nous laisser tomber »). Mais maintenant que les Russes doivent faire d’importants efforts pour protéger la Crimée contre les tentatives de la bloquer, ces doutes ont disparu. L’avenir de la Crimée paraît extrêmement brillant : non seulement l’État russe dépense des millions de roubles pour d’immenses progrès dans l’infrastructure et le déploiement d’une force armée très massive et très avancée, mais les perspectives sont également excellentes pour le tourisme et le commerce.

Les États-Unis 5/5

Le mérite pour l’élection de Donald Trump va d’abord et avant tout au peuple américain auquel, je le pense sincèrement, la planète entière doit un sincère et puissant MERCI! Je ne serai jamais capable de le prouver et, Dieu merci, nous ne saurons jamais si j’avais raison, mais jusqu’à la dernière minute, j’étais convaincu qu’il y avait une très forte probabilité qu’Hillary à la Maison Blanche aurait signifié la guerre, probablement nucléaire, avec la Russie. Je suis encore indécis à propos de Trump, mais je regarde son mandat à venir avec un optimisme prudent et, alors que jamais je ne dirais jamais, je ressens vraiment très fortement qu’avec Trump à la Maison Blanche, les risques de guerre avec la Russie sont tombés à un niveau extrêmement bas et qu’à moins d’une provocation ou d’un désastre stupéfiants, une guerre entre les États-Unis et la Russie est maintenant devenue extrêmement peu probable. Gloire à Dieu pour son immense miséricorde envers nous !

Cela dit, j’oserai spéculer que la Russie a joué un rôle dans l’élection de Trump. Non, pas en piratant des e-mails ou en recrutant Ron Paul (!!!) comme agent propagandiste russe, mais en affrontant ouvertement et fermement les États-Unis sur tous les fronts et en montrant que la Russie ne plierait pas le genou devant l’Empire anglosioniste. Comme je l’ai écrit à de nombreuses reprises, la Russie s’est préparée à la guerre depuis des années et, alors que les Russes avaient (et ont encore) peur de la guerre, ils sont également prêts et désireux de combattre s’ils sont contraints de le faire. Dans sa dernière conférence de presse, Poutine a spécifiquement évoqué la volonté du peuple russe comme élément essentiel dans la capacité de la Russie de vaincre n’importe quel agresseur, lorsqu’il a dit

« Nous sommes plus forts que n’importe quel agresseur potentiel. Je n’ai aucun problème à le répéter. J’ai aussi dit pourquoi nous sommes plus forts. Cela a à faire avec notre effort de modernisation des Forces armées russes, ainsi qu’avec l’histoire et la géographie de notre pays, et avec l’état actuel de la société russe. »

Il a absolument raison. C’est vrai, Hillary a été probablement assez stupide pour tenter d’imposer une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Syrie, mais les quelque 200 généraux et amiraux qui ont exprimé leur soutien à Trump ont probablement compris ce que ce genre de folie provoquerait. En plus, il apparaît qu’un assez grand nombre d’Américains ont de la sympathie pour la Russie et pour Poutine lui-même. De nouveau, dans sa dernière conférence de presse, Poutine s’est référé à cela et a fait quelques commentaires très intéressants :

« Je ne prends pas le soutien au président russe chez une grande partie des électeurs républicains comme un soutien à moi personnellement, mais je vois plutôt dans ce cas une indication qu’une partie importante du peuple américain partage des vues semblables avec nous sur l’organisation du monde, ce que nous devrions faire, et les menaces et les défis communs auxquels nous sommes confrontés. C’est bien qu’il y ait des gens qui sympathisent avec nos vues sur les valeurs traditionnelles parce que cela constitue une bonne fondation sur laquelle construire des relations entre deux pays aussi puissants que la Russie et les États-Unis, les construire sur la base de la sympathie mutuelle de nos peuples. (…)  Il me semble que Reagan serait heureux de voir les gens de son parti gagner partout, et il accueillerait la victoire du président nouvellement élu si capable de saisir l’humeur du peuple, et qui a pris précisément cette direction et a été poussé en ce sens jusqu’à la fin, même si personne à part nous ne croyait qu’il pouvait gagner. »

Poutine a mis cela sur des valeurs, des valeurs communes, entre les peuples russe et américain.

Aparté personnel :
Quoi qu’il en soit, j’interagis régulièrement avec des Américains qui soutiennent Poutine sur la base du fait qu’« il défend les valeurs américaines contrairement aux fils de pute de Washington ».

Mais comment les Américains ont-ils pris conscience des valeurs que Poutine et la Russie défendent sinon par les efforts incessants de Poutine lui-même et des médias alternatifs pour transmettre ces valeurs au grand public ? Je pense qu’en dénonçant OUVERTEMENT la totale hypocrisie de l’Empire anglosioniste et en offrant OUVERTEMENT un modèle civilisationnel différent, Poutine et la Russie ont un impact sur l’opinion publique en Occident. Pour le dire simplement : la Russie a remporté une victoire idéologique sur les impérialistes anglosionistes. En d’autres mots, la politique russe de position ferme contre l’Empire tout en contestant ouvertement ses fondations idéologiques a été correcte et a probablement influé sur le résultat de l’élection aux États-Unis.

OTAN 4/5

La Russie a vaincu l’OTAN à deux niveaux : l’un purement militaire et l’autre politique. Au niveau militaire, la Russie a pris toutes les mesures asymétriques, elle a promis de neutraliser le système anti-missile américain en Europe et le déploiement d’une puissance militaire menaçante en Europe de l’Est : la Russie a déployé le missile Iskander, doublé la taille de ses forces aéroportées et entamé la création d’une armée de blindés dans la direction occidentale stratégique (pour en lire plus sur la manière dont la Russie s’est préparée à combattre et à vaincre l’OTAN, voir Comment la Russie se prépare à la Troisième Guerre mondiale et Le suicide par déni de réalité de l’UE). Au niveau politique, il y a peu de doute que tous les dirigeants européens qui privilégiaient la confrontation avec la Russie soient aujourd’hui impopulaires et plongés dans une crise politique, à l’exception peut-être de Merkel, mais l’Allemagne seule ne peut rien faire de significatif (du moins un effet secondaire « positif », pour ainsi dire, sur l’intégration européenne). Quant à l’élection de Trump, elle a provoqué une panique dans l’ensemble de l’OTAN, en particulier dans les pays qui s’étaient prostitués à l’Empire avec un enthousiasme et un zèle particuliers (la Pologne, les trois mini-États baltes, le Danemark, la Hollande et nos « frères orthodoxes » en Roumanie et en Bulgarie). Je ne vois pas Trump se débarrasser de l’OTAN, cela susciterait trop d’opposition, mais avec Trump à la Maison Blanche, tout le non-sens sur « l’ours russe est sur le point d’envahir la Lettonie ou la Pologne » va se fracasser et les pauvres gens en Europe de l’Est finiront par réaliser que ni la Russie ni les États-Unis ne s’intéressent à eux. Trump exercera probablement une pression financière sur l’OTAN et forcera ses États-membres à acheter encore plus de matériel américain, mais ce sera une opération purement financière et pas une tentative d’encercler la Russie avec des forces militaires. Le but ultime de la Russie, remplacer l’OTAN par un accord de défense commun à l’échelle européenne allant du Portugal à l’Oural, ne s’est pas réalisé, mais l’élection de Trump est un pas immense dans la bonne direction.

L’UE 5/5

Pauvres « Unioneuropéens » (mon propre mot pour les zombies européens qui croyaient dans l’Union européenne des Bilderbergers) : ils sont maintenant – comment le dire poliment ? – totalement « foutus ». Non seulement le peuple britannique a défié l’Empire et voté pour un Brexit, mais maintenant la Patrie impériale les a « poignardés » en élisant un patriote qui n’est pas intéressé à maintenir l’empire mondial (ou comme il dit, au moins pour le moment). En même temps, la soi-disant « crise des réfugiés » amène plusieurs pays importants de l’UE au bord d’une guerre civile (la France par exemple) tandis que tous les efforts des élites pour accuser la Russie de tout se termine dans des échecs retentissants. Il suffit de consulter cet article hilarant dans le Sun britannique, qui accuse la Russie, je ne plaisante pas, d’« organiser des attentats sexuels en Allemagne » ! C’est vrai, nous avons déjà eu les les « Tchetnicks serbes utilisant le viol comme arme de purification ethnique » et « Kadhafi distribuant du Viagra à ses soldats pour violer les partisans de l’opposition », mais Poutine qui ordonne aux réfugiés de violer des femmes en Allemagne, c’est la meilleure, si on peut dire. Et juste au cas où l’impensable se produirait en Allemagne, les Allemands ont déjà averti que des pirates informatiques russes pourraient y voler l’élection. Si ce n’était pas si profondément ignoble, ce serait comique. Et voici le résultat : tout le projet de l’UE est moralement en pleine faillite, chaque membre de l’UE est maintenant dans une crise politique profonde et les prétendues « élites » cherchent par tous les moyens à trouver une réponse à ce qui apparaît comme un effondrement inévitable de l’ordre européen sur l’Europe. Les armes européennes sont une plaisanterie, toutes, et quand les Suédois, disons, vont à la « chasse aux Russes », ils finissent toujours par être embarrassés. Si des extra-terrestres nous observent depuis l’espace, l’UE est indubitablement pour eux un objet de dérision. Quant aux Russes, loin d’avoir peur des Européens, ils ne les prennent même pas très au sérieux et ils les regardent avec pitié ou avec mépris pour leur manque apparemment infini de colonne vertébrale et de dignité. Certes, dès que des dirigeants sains d’esprit reviendront au pouvoir dans les divers pays de l’UE, la Russie sera plus qu’heureuse de commercer avec l’Union, d’envoyer et d’accueillir des touristes et, en général, d’avoir avec elle des relations amicales. Mais après plus de trois siècles à essayer d’imiter servilement les Européens et d’être acceptés eux-mêmes comme Européens, les Russes ont finalement perdu tout intérêt à copier l’Europe, du moins sur le plan culturel et politique. Bien sûr, les Russes aimeront toujours les voitures allemandes, les vins français ou la musique italienne, mais le mythe de la supériorité culturelle européenne est vraiment mort. Bon débarras !

L’économie russe 3/5

Les principaux facteurs externes qui influencent l’économie russe ont été les sanctions occidentales, la chute subséquente des investissements et du crédit et, en particulier, les prix bas du pétrole. Presque exactement comme Poutine l’avait prédit, il a fallu deux ans à la Russie pour surmonter l’effet combiné de ces facteurs, et ce n’est pas moi ou un porte-parole du Kremlin qui le dit, mais le FMI (voir ici). Ce qui importe ici, ce n’est pas ce chiffre du PIB ou de l’inflation, mais le fait que tous les indicateurs clé de l’économie russe pointent une reprise progressive et de bonnes perspectives de croissance. Personnellement, je pense que la politique du « bloc économique » du gouvernement Medvedev a rendu les effets de cette crise encore pires qu’ils devaient l’être, mais je dois admettre qu’en dépit des graves erreurs commises par le gouvernement russe, l’économie se restaure. Si je devais noter la performance des politiques du gouvernement russe, j’aurais donné un maximum de 2/5, mais puisque j’observe l’état de l’économie, je dois lui donner un 3/5 objectif. Je pense seulement qu’un 5/5 aurait été possible. Un petit point ici : certains ont fait beaucoup de bruit autour de la réduction projetée des dépenses de la Défense russe, mais ce qu’ils omettent est que la réduction a été rendue possible par les dépenses de ces deux dernières années et que le programme de Défense russe vers 2020 n’a été en aucune manière amendé et en aucun cas réduit. En d’autres termes, l’armée russe peut se permettre d’utiliser moins d’argent ces deux prochaines années et il n’y aura pas de coupe dans les programmes de défense, comme c’est prévu vers 2020.

L’opinion publique russe 4/5

En dépit de la poigne encore ferme que les « types du FMI » au gouvernement russe font encore peser sur les décisions économiques importantes en Russie, il y a quelques signes que les choses s’améliorent et que le public russe obtient quelques-unes des têtes qu’il voulait voir tomber : je me réfère ici, évidemment, à l’arrestation du ministre du Développement économique de la Fédération de Russie, Alexei Uliukaev.  Bien sûr, la liste des candidats à la révocation et à l’arrestation est beaucoup plus longue (voir ici), mais Uliukaev était définitivement l’un des membres les plus influents et toxiques des intégrationnistes atlantistes, et la réaction hystérique de la presse libérale russe montre clairement combien cette arrestation est pénible pour la 5e colonne. Pour le moment, l’arrestation d’Uliukaev n’a pas été suivie par plus de renvois et d’arrestations, mais il est tout à fait possible que Poutine ait fait avec Uliukaev ce qu’il avait déjà fait avec Berezovsky : frapper un « gros bonnet » et donc forcer le reste de sa bande à jouer le jeu et à renoncer à tout espoir de l’affronter. Seul le temps dira si le renvoi et l’arrestation d’Uliukaev sera suffisante pour rendre enfin la Russie de nouveau souveraine, mais c’est sûrement un très bon début.

Les russophobes russes 4/5

Ça sonne bizarre, n’est pas ? Les « russophobes russes ». Cela me rappelle la catégorie de la « haine de soi des juifs ». Et pourtant ils existent, du moins symboliquement. Je dis symboliquement, parce qu’être russe n’a jamais été une question de parler russe ou vivre en Russie ou même d’une définition de ce que c’est être russe. Elle a été donnée par le philosophe Vasilii Rozanov, qui a écrit ces mots prophétiques en 1913 : « Aimer une patrie heureuse et grande n’est réellement pas une grande chose. Nous devons l’aimer quand elle est faible, petite, humiliée, enfin, stupide, enfin, et même pleine de vices. C’est lorsque notre « mère » est ivre, à terre et tout engluée dans ses vices que nous ne devons pas nous écarter d’elle. Mais même cela ne suffit pas : lorsqu’elle finit par mourir, dévorée par les juifs, et lorsqu’il ne reste plus que ses os – sera véritablement « russe » celui qui pleurera sur son squelette inutile, abandonné de tous. Il le sera vraiment… » Inutile de dire que Rozanov est haï par les « libéraux » russes. Contrairement à Rozanov, ces « libéraux » russophobes se réjouissent de chaque échec russe et ils peuvent difficilement contenir leur joie lorsque quelque tragédie frappe le peuple russe qu’ils haïssent et méprisent de soutenir un « tyran » comme Poutine, au lieu de les choisir eux, eux qui se perçoivent comme « les élites intellectuelles » de la Russie.

Lorsque Poutine est arrivé au pouvoir, ces membres russophobes de la 5e colonne étaient littéralement partout puisque leurs familles étaient généralement membres des élites soviétiques et puisque pendant les infâmes années 1990, ils ont littéralement pris le contrôle de chaque levier du pouvoir en Russie, depuis les médias jusqu’au Kremlin. D’abord, Poutine s’est débarrassé des oligarques, en particulier les « Sept banquiers ». Ensuite, il a progressivement poussé la plupart d’entre eux hors des médias (c’est là que leurs collègues et patrons en Occident ont commencé à parler de l’absence d’une presse libre en Russie). Puis il a commencé le processus lent et extrêmement dangereux de se débarrasser d’eux, un par un, au sein du gouvernement russe, y compris au Kremlin. Mais la plus grande réussite de Poutine cette année doit être sa campagne très réussie pour délégitimer cette 5e colonne. Il l’a fait sans la « réprimer » ni n’a assassiné aucun journaliste ou figure d’opposition, et il n’a pas rempli le « nouveau goulag russe» avec des milliers de dissidents libéraux. Il (par « il », je veux dire non seulement Poutine lui-même mais aussi ses partisans) a fait exactement le contraire : il leur a donné une plate-forme et il a fait en sorte que leurs points de vue soient diffusés presque quotidiennement. Ceux qui s’intéressent à cela peuvent lire mon analyse Contre-propagande à la manière russe. C’était du pur génie. Au lieu de faire taire les russophobes, Poutine leur a donné un temps d’antenne totalement disproportionné (gardez à l’esprit que moins de 5% de la population russe soutient ces obsédés) et les a laissés se pendre eux-mêmes en se trompant sur absolument tout : ils se sont trompés sur la Crimée, sur l’Ukraine, sur l’économie, sur les droits civils et sociaux, sur la corruption, sur les soi-disant « droits de homosexuels », sur l’OTAN, sur l’UE, sur Clinton (ils l’aimaient), sur Trump (ils le haïssent), sur le terrorisme et sur la Syrie. Résultat, ces « libéraux » (au sens russe du terme) sont aujourd’hui universellement vus comme des traîtres, des russophobes, des snobs, des racistes, des membres de la 5e colonne, des marionnettes de la CIA, etc… Ils sont maintenant absolument haïs et désespérés. Résultat, au cours des récentes élections, nous avons vu le spectacle étonnant de « libéraux » russes, y compris juifs, s’alliant avec des nazis et organisant des manifestations communes contre Poutine. Inutile de dire que cela n’a servi qu’à les discréditer davantage.

Il y a encore beaucoup de membres de la 5e colonne en Russie, mais ils font pour la plupart le dos rond, espérant des temps meilleurs et tentant de rester autant que possible hors des regards du public. Le principal centre de pouvoir qui leur reste est la Banque centrale de Russie et le « bloc économique » du gouvernement Medvedev, mais depuis que Koudrine et Uliukaev ont été jetés dehors, ceux qui restent sont très prudents dans leurs actes et leurs déclarations.

Dans l’ensemble, 2016 a été une année absolument catastrophique pour la 5e colonne russophobe qui est maintenant dans le désespoir total et qui semble ne plus avoir aucun avenir.

Syrie 5/5

Le succès de la Russie en Syrie est tout simplement incroyable. Non seulement une force armée russe extrêmement modeste a réussi à retourner le cours de la guerre, mais elle a tenu une position fondamentalement indéfendable suffisamment longtemps pour dissuader la Turquie, l’Arabie saoudite, les États du Golfe et les États-Unis d’attaquer ouvertement l’armée ou le gouvernement syriens. Les Russes y sont parvenus malgré des provocations nombreuses, atroces et sanglantes et malgré l’obligation d’intervenir dans un environnement extrêmement hostile (la région « appartient » à l’OTAN et au CENTCOM). L’un des succès les plus extraordinaires a été la manière dont les Russes ont réussi à sauver Erdogan in extremis d’un coup d’État soutenu par les États-Unis et à le convaincre de travailler avec la Russie et l’Iran pour résoudre la crise syrienne. La libération d’Alep n’aurait pas pu se produire si la Turquie avait continué à soutenir al-Nusra & Co à tout prix.  À tout le moins, cela aurait pris beaucoup plus de temps. À la fin de 2016, les Russes détiennent la mer Noire, ils contrôlent, au moins pour le moment, la Méditerranée orientale et ils travaillent avec les trois plus grandes puissances sur le terrain : les Syriens, bien sûr, mais aussi l’Iran et la Turquie. Quant aux États-Unis, ils semblent avoir perdu l’ensemble de la région et leur unique « réussite », pour ainsi dire, a été de s’aliéner à la fois les Israéliens et les Saoudiens. Pour ce qui concerne le président élu Trump, il a clairement indiqué que sa priorité numéro un sera d’écraser Daech & Co. Ce qui se trouve être exactement ce que veulent aussi la Russie, l’Iran et la Syrie. Si Trump parvient vraiment à virer les fous néocons de la cave remplie de cafards à laquelle ils appartiennent, nous pourrions voir quelque chose de tout à fait étonnant se produire : un effort russo-américain conjoint pour détruire Daech. Le grand problème ici sera la rhétorique anti-iranienne totalement contre-productive et franchement idiote de la campagne de Trump. Il doit cependant y avoir suffisamment de bons esprits autour de Trump pour lui faire comprendre que rien ne peut se passer dans la région sans l’approbation de l’Iran, et que les États-Unis et l’Iran n’ont pas besoin de s’aimer pour se mettre d’accord sur un objectif commun. Trump me paraît plus un réaliste qu’un idéologue. Espérons qu’il apprendra comment séparer l’agréable rhétorique de l’AIPAC d’une politique étrangère sérieuse (l’effondrement de l’administration Obama devrait lui enseigner cette leçon).

Ce qui est certain c’est que la Russie mène actuellement le bal en Syrie et que sans soutien étasunien ou turc, Daech affrontera une crise existentielle. Bien sûr, la situation reste fluide, complexe et dangereuse. Et je ne voudrais jamais exclure que les États-Unis ou la Turquie opèrent un nouveau virage à 180 degrés et reprennent leur soutien à Daech. Le facteur kurde, la politique d’Israël et l’imprévisibilité fondamentale d’Erdogan, tout cela assure que la crise syrienne se poursuivra au cours de 2017. Je pense cependant que le déchaînement fou des néocons a atteint son apogée et que les choses pourraient commencer à s’améliorer à partir de maintenant. La Russie seule ne pouvait pas sauver la Syrie, et pourtant elle apparaît comme ayant fait exactement cela.

L’hystérie russophobe en Occident 3/5

Il n’y avait tout simplement aucun moyen que les Anglosionistes soient vaincus sur tous les fronts sans crier « oy vaï » [une expression yiddish signifiant à peu près « quel malheur ! », NdT] vers le ciel, et ils l’ont fait. Toute l’année. Leurs allégations allaient de la Russie qui veut envahir la Lettonie aux pirates informatiques russes volant l’élection américaine. Et pour s’assurer absolument qu’il n’y avait aucun doute sur l’identité de ces pirates, les Anglosionistes nous ont informés que ceux-ci s’appelaient eux-mêmes « ours en peluche » et « nounours », qu’ils utilisaient le pseudonyme « Felix Edmundovich »  (le prénom et le patronyme de Félix Dzerjinski, le fondateur des services secrets soviétiques) et qu’ils travaillaient pendant les heures de bureau à Moscou et prenaient congé pendant les vacances russes. Et si vous pensez que ce genre d’absurdité a été conçu dans une institution psychiatrique ou un jardin d’enfants, voici le lien vers l’article du New York Times citant des « experts en sécurité ». Extraordinaire, non ? Mais de nouveau, lorsque je vois les néocons traiter sérieusement Ron Paul d’agent russe, je réalise qu’il n’y a rien, peu importe à quel point c’est idiot, que ces gars n’oseraient pas dire. La chutzpah en action, je suppose. Et tandis que la courbe en cloche semble avoir totalement intégré le message, une partie croissante de la population réalise à quel point ces accusations sont stupides.

Aparté personnel
Alors que je suis sûr qu’il y a des Américains qui croient que les Russkofs sont un ennemi dangereux des États-Unis, je n’en ai pas encore rencontré un seul. Dans mes interactions quotidiennes, je ne vois aucune hostilité à l’égard des Russes, même lorsque je parle ouvertement russe avec ma famille dans des magasins ou des restaurants, ou lorsque je dis que je suis russe. Peut-être est-ce parce que je suis en Floride et pas à New York, mais n’ai pas encore vu un seul exemple d’hostilité anti-russe.

Le traitement infligé aux Russes aux Jeux olympiques de Rio par l’Agence mondiale antidopage (AMA) contrôlée par l’Occident a été un outrage absolu, à la fois une farce et un crime.  Et la Russie est très à blâmer pour avoir laissé les organisations mondiales essentielles être tellement contrôlées par l’Occident. Cependant, nous voyons que les États-Unis ont échoué à faire totalement interdire la Russie à Rio et que les pirates informatiques russes (oui, ils existent) ont découvert des preuves convaincantes qui discréditent l’AMA et l’ensemble du système derrière elle. J’appellerais cela les « douleurs de croissance » du sport post-soviétique : la Russie doit maintenant « nettoyer la maison » dans les véritables cas de dopage tout en combattant en même temps le contrôle des organisations internationales clé par l’Occident. Une tâche difficile, assurément, mais la Russie a un allié extrêmement puissant dans cette bataille (et dans beaucoup d’autres) : la Chine. Mais oui, dans l’ensemble, l’interdiction partiale et la campagne de dénigrement de la Russie qui en a découlé est un œil au beurre noir pour la Russie.

Dans le cas de l’Europe, la russophobie a toujours été une affaire nord-européenne. Les pays méditerranéens ont seulement été entraînés dans l’imposition de sanctions sous une forte pression du Nord. Il apparaît maintenant que la France sera bientôt gouvernée par l’un ou l’autre des partis généralement pro-russes qui sont en compétition pour la présidence. Le Brexit a probablement sorti le pays le plus anti-russe de l’UE et maintenant, l’Allemagne et la Pologne sont plus ou moins les seules à essayer désespérément de revitaliser le front anti-russe. Le problème pour elles est qu’elles sont toutes deux des colonies serviles des États-Unis et que tandis qu’elles peuvent s’imaginer être les prochaines en lice pour défendre la civilisation occidentale contre les hordes mongoles revanchardes venues de l’Est, la réalité est qu’elles feront tout ce qu’Oncle Sam leur dira de faire.

À partir de maintenant, l’unique bastion de véritable russophobie enragée restera dans le segment le plus profondément « sionisé » de la société : les médias, les soi-disant « intellectuels », les « interventionnistes progressistes » et toute les « tribus de minoritaires » qui ont une dent contre la Russie à cause du modèle civilisationnel différent qu’elle représente (des parents de genres différents, la religion, le patriotisme – mais pas le nationalisme ! – etc…). Ces gens continueront à déverser un flot constant d’ordures contre la Russie en général et contre Poutine en particulier. Poutine ne sera pas leur unique cible, cependant, et Donald Trump sera le destinataire de tout ce qui reste de haine après Poutine. Franchement, s’en prendre à Poutine ET à Trump en même temps est une entreprise futile et éventuellement risquée, indépendamment de qui vous êtes dans la jet set anglosioniste, surtout si vous aussi avez peu d’appuis dans le public que vous avez régulièrement insulté, bafoué et rejeté.

Un gigantesque retour de balancier pourrait se passer sous vos yeux contre ceux qui ont produit la part du lion de la propagande de haine en Occident : ces types pourraient bien finir par récolter ce qu’ils ont semé et devenir eux-mêmes des objets de haine.

Terrorisme 4/5

Cette année a été difficile pour la Russie. Un commentaire anonyme récemment posté sur ce blog a fait une bonne liste de l’assassinat tragique de Russes cette année, y compris le tir contre l’avion civil russe au-dessus de l’Égypte, le SU-24 abattu avec des AWACS étasuniens, le meurtre des médecins russes dans une frappe de précision, l’assassinat de l’ambassadeur russe et le probable assassinat du Chœur de l’Armée rouge (les dernières informations venues de Russie semblent pointer un dysfonctionnement des volets des ailes de l’avion, pas un attentat terroriste). J’ajouterais à cette liste les commandants novorusses assassinés au Donbass. Cela fait beaucoup de victimes innocentes. Mais comparé au nombre de Syriens ou de Turcs innocents, ce chiffre est relativement modeste. Il est carrément minuscule comparé au genre d’horreurs massives que les wahhabites avaient coutume d’organiser en Tchétchénie. Souvenons-nous que la Russie est un pays en guerre avec du terrorisme transnational soutenu par des États et qu’un grand nombre de millions de dollars d’« aide » vont aux diverses organisations nazies et wahhabites qui ont pour premier objectif l’assassinat de Russes. Je dirais « jusqu’ici, tout va bien », mais je ne peux pas le faire parce que je crois que la Russie n’est pas encore prête à faire face au genre de terrorisme susceptible de la frapper l’an prochain. Il y a un type de cible spécifique qui est actuellement complètement sans défense et que les terroristes peuvent frapper presque en toute impunité : les églises orthodoxes russes hors de Russie.

Les Russes doivent réexaminer le genre de campagnes de terreur que les Palestiniens ont menées dans les années 1970 contre les Israéliens, lorsqu’ils attaquaient non seulement les centres culturels israéliens, mais aussi des garderies juives, des écoles et des synagogues. Les églises orthodoxes russes sont aujourd’hui confrontées au même risque, qui inclut les bombardements et les prises d’otages. En tant que personne qui s’est occupée des églises orthodoxes russes toute sa vie et partout sur la planète, je sais que le nombre de cibles potentielles se chiffre par centaines et qu’elles sont toutes sans aucune protection.

L’exemple israélien est crucial ici parce que les Israéliens ont rapidement réalisé qu’ils ne pouvaient tout simplement pas compter sur la police locale pour les protéger. C’est pourquoi ils ont réuni diverses organisations locales directement rattachées à une synagogue ou à une école, composées de volontaires qui pouvaient faire beaucoup de choses utiles et totalement légales pour protéger les cibles israéliennes/juives, comme par exemple commencer à occuper tous les espaces de stationnement autour d’une synagogue 48 heures avant un jour férié religieux pour s’assurer qu’aucun VBIED (c’est-à-dire des voitures piégées) ne puisse être placé à proximité de la synagogue. Il y a beaucoup de choses qu’un groupe de volontaires formés peut faire pour protéger légalement une cible civile exposée. Ils peuvent même faire mieux lorsqu’ils travaillent avec les flics locaux et les spécialistes en sécurité de l’ambassade. Les Russes ont urgemment besoin d’étudier l’expérience israélienne pour faire face à un genre de menaces qu’ils devront bientôt affronter. Souvenez-vous, les Palestiniens ont aussi commencé à attaquer des diplomates, des personnalités officielles et des avions, mais sitôt que ces cibles ont été « durcies », ils se sont tournés vers les garderies, les écoles et les synagogues.

Je crois qu’en Russie même le FSB a un bon contrôle de la situation. Mais à l’extérieur, le nombre de personnes spécialisées entièrement vouées à la sécurité est nettement insuffisant et doit être massivement augmenté. À l’ère soviétique, peu de gouvernements osaient attaquer ouvertement des cibles soviétiques, la réputation redoutable (et très exagérée !) du KGB aidait probablement, alors que pendant les années Eltsine, il ne servait vraiment à rien d’attaquer la Russie puisqu’elle s’effondrait de l’intérieur. Mais aujourd’hui que la Russie est très forte à l’intérieur et que les soldats russes sont difficiles à avoir, les enfants et le clergé sont probablement en train de devenir les prochaines cibles des wahhabites.

L’une des bonnes nouvelles à ce propos est que les Soviétiques/Russes ont combattu les wahhabites depuis les années 1970 et qu’ils sont parfaitement conscients qu’il n’existe pas quelque chose comme un terrorisme non soutenu par un État. Les Russes savent d’où proviennent l’argent, la formation et les armes et ils savent que le terrorisme ne peut être vaincu que par un puissant contre-renseignement et des opérations de renseignement, en particulier humain. La branche des renseignements extérieurs du KGB, la Guépéou ou Première direction générale, avait une réputation (très méritée) d’être capable d’infiltrer des agents à peu près n’importe où, y compris aux plus hauts échelons de la CIA et de la NSA, et nous pouvons être confiants qu’aujourd’hui le SVR [Service des renseignements extérieurs] est en train de reconstruire lentement ses capacités dans le monde entier et, en particulier, dans les pays qui soutiennent le terrorisme wahhabite. Rien que la façon dont les services spéciaux russes ont sauvé Erdogan et ont ainsi « retourné » la Turquie – l’un des pires soutiens du terrorisme wahhabite – est déjà un immense succès. Si Dieu le veut, les Saoudiens seront les prochains.

Conclusion

Bref, 2016 a été une année fantastique pour la Russie. La politique de Poutine d’actions et de réactions, lente, discrète et délibérée, a prouvé son extrême efficacité. Alors qu’il semblait à certains « patriotes hourrah » que Poutine avait été passif et n’avait rien fait, le résultat de cette année a été une victoire de Poutine sur tous les fronts, y compris les plus dangereux et les plus difficiles. Vous souvenez-vous de toutes les absurdités que ces gens qui haïssent Poutine ont écrit sur « Poutine brade le Donbass », « Poutine incapable de répliquer au tir contre le SU-24 », « Poutine désarme la Syrie » ou « Poutine trahit Assad » ? Ces « patriotes hourrah » ont été des prophètes de malheur et il est apparu qu’ils se trompaient à chaque fois. Cela les a-t-il fait taire ? Un peu. Je note que la plupart des blogs « Poutine brade le Donbass » publient très peu et que lorsqu’ils le font, c’est surtout des trucs sans relation avec leur campagne précédente de dénigrement de Poutine. Il en va de même pour les commentateurs ukronazis sur les sites qui leur permettent de publier : ils semblent avoir jeté l’éponge et renoncé à persuader le monde à quel point la junte de Kiev est démocratique, comment il y a des centaines de chars russes à Donetsk et comment l’Ukraine rejoindra l’UE et deviendra comme l’Allemagne en une nuit. Les seuls qui persistent dans la campagne anti-Poutine sont les presstitués occidentaux, mais ils font ça pour de l’argent et pour garder leurs emplois. D’ailleurs, c’est tout ce qu’ils savent faire de toute façon. Mais dans l’ensemble, il y a un manque général d’énergie et d’enthousiasme dans le camp qui hait Poutine, et voir cela me met en joie.

2017 pourrait être une année extraordinaire pour le monde, ou alors une grande déception. En ce moment, cela dépend principalement de ce que Trump fera après son entrée en fonction officielle. Pour moi, le seul fait le plus important restera qu’avec Hillary à la Maison Blanche notre planète risquait une guerre thermonucléaire majeure. Il n’y a plus de raison de penser que cela va arriver. Quant à la liste de toutes les bonnes choses qui pourraient se produire en 2017 si Trump fait les bonnes choses pour son pays, ce sera le sujet d’une analyse future.

The Saker

Article original publié sur The Unz Review

Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par Catherine pour le Saker francophone

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3 réflexions au sujet de « 2016 : l’année du triomphe de la Russie »

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