
Orlov
Par Dmitry Orlov – Le 3 Janvier 2016 – Source Club Orlov

donne-moi le butin
Beaucoup de commentateurs à l’esprit très aiguisé ont récemment commencé à signaler un problème avec le plan de Donald Trump pour « rendre sa grandeur à l’Amérique » : le manque de fonds. Les États-Unis sont en faillite : ils s’affaissent de plus en plus sous le poids de dettes non remboursables, incapables d’atteindre un taux de croissance économique qui pourrait jamais leur permettre de rattraper le fardeau croissant de leur dette. On est au milieu d’une bulle financière géante qui est soutenue par diverses escroqueries et rackets, avec des prêts sur les voitures dont le terme dépasse la durée de vie utile de la voiture, des déficits des fonds de retraite causés par des taux d’intérêt effectivement négatifs, la dette éducative qui condamne toujours plus de jeunes à une vie de servitude volontaire et contractualisée, un racket médical qui mange maintenant plus de 20% de l’économie tout en fournissant un des pires niveaux de bien-être du monde développé… Les tentatives pour résoudre n’importe lequel de ces problèmes vont se heurter inévitablement à des conflits politiques et de vieilles contradictions insolubles tout en faisant éclater la bulle financière et en transformant le domaine politique en un très grand parti de gens en colère. Mieux vaut pas s’y risquer !


J’ai eu des difficultés à commenter la situation politique actuelle aux États-Unis, parce que c’était un peu trop comique, alors que j’anime un blog très sérieux. Mais j’ai décidé de faire de mon mieux. Maintenant, je vais aborder des questions sérieuses, de sorte que si vous lisez ceci, s’il vous plaît, abstenez-vous de toute légèreté et allégresse.



Il fait si sombre maintenant dans le Nord. Le soleil se lève à 10 h pour se coucher à 15 h. La neige blanche et abondante, les étoiles glorieuses en dehors et les arbres de Noël à l’intérieur rendent cette obscurité supportable, mais tout juste. On comprend ici pourquoi les gens du Nord voyaient Yuletide [ancien terme pour désigner le jour de Noël, NdT] avec une grande inquiétude : ils n’étaient jamais sûrs que les ténèbres se lèveraient réellement et disparaîtraient et que la lumière gagnerait encore, cette année aussi. L’année dernière, cela a fonctionné, mais qui peut être sûr que cette année, les mort-vivants ne garderont pas le Soleil en captivité éternelle ?
Parfois, les charges semblent faible, car il n’y a pas d’« arme du crime » – pas de preuves évidentes, directes, de conspiration, de malfaisance ou de mauvaise intention – mais une fois que vous replacez ensemble toutes les preuves, cela forme une image cohérente et accablante. Et c’est ainsi avec l’administration Obama vis-à-vis de la Russie : en feignant l’intention hostile, il a fait tout son possible pour faire avancer l’agenda de la Russie. Et bien qu’il soit toujours possible de prétendre que tous les échecs d’Obama proviennent de sa simple incompétence, à un certain moment cette affirmation commence à sonner creux. Comment peut-il être si compétent… à être incompétent ? Peut-être a-t-il utilisé l’incompétence comme un voile pour couvrir sa véritable intention, qui était toujours de soutenir la Russie tout en rendant les États-Unis inutiles au maximum dans les affaires mondiales. Examinons les grandes initiatives de politique étrangère d’Obama sous cet angle.