Note du Saker Francophone : Nous vous présentons deux discours tenus à la conférence de Munich sur la sécurité. Le premier par la Chine, représentée par un membre du Comité central du Parti communiste chinois et l’autre par les États-Unis, représentés par leur vice-président, Mike Pence. Nous vous présentons ces deux discours non pas pour les informations qu’ils contiennent mais pour mettre en évidence la différence de ton entre les deux. Le premier est un discours d’ouverture, plein de promesses « gagnant-gagnantes », celui d’un pays qui croit en son avenir et en celui d’un monde multilatéral. Le deuxième, totalement différent, est un discours où la suffisance n’a égale que la paranoïa, où le fameux « combat pour la liberté » se révèle être le cache misère d’un unilatéralisme de type impérial. Le contraste entre les deux discours est frappant. Voici donc l’avenir de notre planète envisagé par les deux grandes puissances du 21eme siècle :

Discours de la Chine à la conférence de Munich sur la sécurité
Par Yang Jiechi – Le 18 février 2018 – The transnational
Mesdames et Messieurs,
C’est un grand plaisir de me joindre à vous à la Conférence de Munich sur la sécurité (MSC) de cette année. En tant que forum mondial sur la politique de sécurité, le MSC offre une plate-forme importante permettant aux gens du monde entier d’exprimer leurs points de vue et de partager leurs idées sur les grandes questions concernant la paix et le développement mondiaux. L’accent mis cette année sur la promotion de la coopération internationale et du multilatéralisme est important, opportun et d’une grande pertinence pratique.
Il y a quarante ans, la révolution iranienne envoyait une onde de choc dans tout le Moyen-Orient, renversant la marionnette installée par l’Occident, le Shah Mohammad Reza Pahlavi, et portant au pouvoir le régime islamique de l’ayatollah Ruhollah Khomeini.
Par 


Le président Trump a tort d’affirmer que les États-Unis ont détruit État islamique dans la grande zone du nord-est syrien qu’il tenait – c’est la Russie et ses alliés qui l’ont fait – mais il a raison de proposer de retirer les 2 000 militaires étasuniens stationnés dans ce pays ravagé par la guerre. Ce petit contingent américain n’a aucune utilité pour un combat ou un objectif stratégique positif à moins qu’il ne serve à contrecarrer les négociations de paix actuellement en cours sous la direction de la Russie ou à servir de tête de pont pour une guerre américaine contre l’Iran. Pire encore, sa présence représente un risque constant que des militaires étasuniens soient tués par des forces russes opérant également dans cette zone relativement restreinte, risquant ainsi de transformer la nouvelle guerre froide en un conflit très chaud, même par inadvertance. Que Trump comprenne ou non ce danger, sa décision, si elle est réellement mise en œuvre – on y résiste farouchement à Washington – rendra les relations américano-russes, et donc le monde, un peu plus sûres.
Par le Saker – Le 15 novembre 2018 – Source 
