Par Philip M. Giraldi − Le 18 avril 2019 − Source Strategic-culture.org

Il est déprimant d’observer comment les États-Unis sont devenus l’empire du mal. Ayant servi dans l’armée des États-Unis pendant la guerre du Vietnam puis à la CIA pendant la seconde moitié de la guerre froide, j’ai eu un point de vue privilégié sur la façon dont une politique de sécurité nationale, essentiellement pragmatique, a progressivement dérivé en une doctrine bipartite qui implique une domination mondiale sans concession de Washington. Malheureusement, lorsque l’Union soviétique s’est effondrée, l’occasion de mettre définitivement fin à la confrontation nucléaire bipolaire qui menaçait d’anéantir le monde a été gâchée, lorsque le président Clinton a choisi d’humilier et d’utiliser l’OTAN pour contenir une Russie démoralisée et sans réel chef.


Il y a quarante ans, la révolution iranienne envoyait une onde de choc dans tout le Moyen-Orient, renversant la marionnette installée par l’Occident, le Shah Mohammad Reza Pahlavi, et portant au pouvoir le régime islamique de l’ayatollah Ruhollah Khomeini.
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Le président Trump a tort d’affirmer que les États-Unis ont détruit État islamique dans la grande zone du nord-est syrien qu’il tenait – c’est la Russie et ses alliés qui l’ont fait – mais il a raison de proposer de retirer les 2 000 militaires étasuniens stationnés dans ce pays ravagé par la guerre. Ce petit contingent américain n’a aucune utilité pour un combat ou un objectif stratégique positif à moins qu’il ne serve à contrecarrer les négociations de paix actuellement en cours sous la direction de la Russie ou à servir de tête de pont pour une guerre américaine contre l’Iran. Pire encore, sa présence représente un risque constant que des militaires étasuniens soient tués par des forces russes opérant également dans cette zone relativement restreinte, risquant ainsi de transformer la nouvelle guerre froide en un conflit très chaud, même par inadvertance. Que Trump comprenne ou non ce danger, sa décision, si elle est réellement mise en œuvre – on y résiste farouchement à Washington – rendra les relations américano-russes, et donc le monde, un peu plus sûres.
Par le Saker – Le 15 novembre 2018 – Source 