Par Pepe Escobar – Le 10 avril 2015 – Source Asia Times
“…the backward half-look
Over the shoulder, towards the primitive terror”
T.S.Eliot, The Dry Salvages
[« … le coup d’œil vers l’arrière
Par dessus l’épaule, vers la terreur primitive »]
Nous vivons des temps tristes – et dangereux. Nous sommes impuissants face aux souffrances continuelles du Moyen-Orient ou à la préparation de la guerre froide 2.0 ; face aux ramifications innombrables de la guerre permanente du Pentagone ou la paupérisation des classes moyennes du monde occidental. Le sentiment d’une guerre civile mondiale ne fait aucun doute. Au moins, dans quelques obscurs recoins de l’Otanistan, quelques-uns des meilleurs et des plus brillants esprits pensent, en silence.

Ma tante a été victime d’un incident malheureux à l’été de 1966. La Révolution culturelle – un mouvement politique lancé par Mao Zedong – commençait à embraser le pays. La même année, de nombreux lycéens américains protestaient contre la guerre du Vietnam et Leonid Brejnev gardait au chaud son siège de Secrétaire général du Parti communiste d’Union soviétique (PCUS), après avoir remplacé l’instable Nikita Khrouchtchev deux ans plus tôt. Ma tante était alors étudiante de première année en littérature à l’université Fudan à Shanghai.
