Les migrants, ou la dissolution

Par Philippe Grasset – Le 20 septembre 2015 – Source Dedefensa

Un des caractères les plus remarquables de ce qui tient lieu de “la politique” dans notre époque, c’est le caractère de la dissolution. Cela n’a rien pour étonner, ou disons plus précisément pour n’impliquer personne “pour m’étonner”, puisque ce caractère se trouve dans cette formule théorique dd&e qui tient un rôle très-fondamental dans le corpus intellectuel général sur lequel repose le site dedefensa.org : “dd&e” pour “déstructuration, dissolution & entropisation”.

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Débâcle US en Asie : le TTP après l’AIIB?


Par Philippe Grasset – Le 4 mars 2015 – Source dedefensa

Alors qu’ils sont en train d’essuyer à grand-peine les plaies et les plâtres consécutifs à l’énorme débâcle subie avec la banque d’investissement AIIB lancée par la Chine, les USA se trouvent devant la probabilité d’une nouvelle débâcle sur le même théâtre de l’Asie-Pacifique. Elle concerne le sort du grand traité de soi-disant “libre-échange” Trans-Pacific Treaty (TTP) qu’ils essaient d’imposer à l’ensemble Pacifique-Asie, – c’est-à-dire à un ensemble de pays dont la Chine est soigneusement exclue (l’Australie, le Brunei, le Canada, le Chili, le Japon, la Malaisie, le Mexique, la Nouvelle Zélande, le Pérou, Singapour, les USA et le Vietnam).

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Philippe Grasset en grâce : considérations sur le Chaos, la puissance des mots et l’agonie du sens, ça colle plus

Par Philippe Grasset – Le 19 mars 2015 – Source dedefensa

Je vais parler de la puissance des mots par rapport à la signification qu’on leur prête et par rapport à la signification qu’ils ont en eux-mêmes et d’eux-mêmes, de l’attraction qu’ils peuvent exercer sur nous, parfois dans un mauvais sens qui les rend trompeurs parce qu’ils risquent de débaucher notre pensée, jusqu’à ce point où il devient impératif de veiller à les rétablir dans leur véritable influence et leur juste signification. C’est là la signification générale de ma démarche, à propos d’un de ces mots qui exercent une puissante fascination ; un mot qui est un exemple du cas général présenté ici et une nécessité spécifique de notre situation générale présente tant son emploi est courant aujourd’hui.

J’éprouve effectivement ces sentiments divers avec le mot “chaos”, dont on comprend aisément qu’il est pleinement dans l’esprit de notre temps courant. C’est pour cette raison d’abord de son actualité, bien qu’il soit au moins symboliquement et selon la tradition aussi vieux que le monde connu, que ce mot est à la fois trompeur et fascinant, qu’il est en vérité essentiel pour la juste appréciation de notre époque déferlante, qu’il est lui-même l’objet d’un débat sémantique qui recèle également un jugement de fond sur les événements en cours, qu’il mérite par conséquent toute notre attention et qu’il exige d’être rétabli dans toute sa réelle puissance et sa magnifique signification. Le mot “chaos” est un de ces mots qui transmutent une époque, qui transcendent des événements, qui bouleversent les êtres jusqu’aux tréfonds de leurs âmes héroïques, qui suscitent les pensées les plus audacieuses et les emportements les plus exaltants.

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La théorie de l’échec – par Orlov

Par Philippe Grasset – Le 6 mars 2015 – Source dedefensa.org

Préambule

Philippe Grasset analyse en détail un texte d’Orlov en le connectant à ses propres intuitions, bien connues de ceux qui suivent depuis longtemps l’évolution de ses conceptions méta-historiques. Le côté décalé et paradoxal de l’approche d’Orlov, persifleur comme dirait Philippe Grasset, ne doit pas masquer le fait, par ailleurs relevé par un lecteur dans un commentaire de son article sur dedefensa.org , que la conduite par les Américains des affaires de la planète n’est pas un échec pour tout le monde. La théorie du chaos pour les 99% et des intérêts pour le 1% restant n’étant finalement que les deux faces de la même pièce de monnaie.

Le commentaire en question

Echec de qui, de quoi ?
Frédéric GUILLIEN 06/03/2015

Quand on consulte l'évolution des transnationales et de leurs pouvoirs, on ne peut que constater que la politique système est un énorme succès. Y compris quand une campagne militaire comme l'Irak ou l'Afghanistan se termine en fiasco géopolitique (et encore, est-ce tant un fiasco que cela ? Le chaos est-il tant un fiasco que cela ? il permet de justifier d'autres ponctions sur le grand nombre, au nom de la lutte contre le chaos...)

Le Saker Francophone

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