Interview du Président syrien par des médias français, le 9 janvier 2017


Le 9 janvier 2017 – Source Syrian Arab News Agency

Question 1 : – Monsieur le Président, vous venez de rencontrer une délégation de députés français. Pensez-vous que cette visite aura une influence sur la position française à l’égard de la Syrie ?

Bachar al-Assad : – C’est une question française. Nous espérons que toute délégation qui viendra ici pourra voir la vérité sur ce qui se passe en Syrie durant ces dernières années, depuis le début de la guerre il y a six ans, et le problème maintenant, concernant la France en particulier, est qu’ils n’ont pas d’ambassade, ils n’ont absolument aucune relation avec la Syrie. Alors c’est comme si… On peut dire que c’est un État aveugle. Comment pouvez-vous forger une politique envers une région donnée, si vous ne voyez pas, si vous êtes aveugles ? Il faut être capable de voir. L’importance de ces délégations est qu’elles représentent les yeux des États, mais cela dépend de l’État en question ; est-ce qu’il veut voir (la réalité des choses), ou est-ce qu’il veut continuer à adopter la politique de l’autruche et refuser de dire la vérité, parce que maintenant, dans le monde entier, tout est en train de changer à tous les niveaux à l’égard de la Syrie, (aux niveaux) local, régional et international. Jusqu’à présent, le gouvernement français n’a pas changé de position, ils maintiennent leur rhétorique désuète qui est déconnectée de la réalité en Syrie. C’est pourquoi nous espérons qu’il se trouvera quelqu’un au sein l’État, qui veuille bien écouter (ce que rapporteront) ces délégations, (écouter) les faits. Je ne parle pas de mon opinion, je parle de la réalité en Syrie. Donc, nous avons de l’espoir.

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Le soldat franco-israélien Elor Azaria, reconnu coupable d’homicide, est la norme


Depuis un an et demi, des dizaines d’hommes, de femmes et d’enfants palestiniens ont été tués, bien qu’ils eussent pu être maîtrisés quand ils étaient encore en vie. La différence entre eux et Azaria [qui a assassiné d’une balle dans la tête un assaillant Palestinien gisant à terre] est qu’il a été filmé.

Commentaire de Norman Finkelstein : « Prenez garde à ne pas être filmés ! »

Par Amira Hass – Le 5 janvier 2017 – Source Haaretz

Il y a une chose sur laquelle les Palestiniens sont d’accord avec Elor Azaria et ses partisans : il n’était pas le seul, et il avait juste la malchance d’être filmé à son insu. Les Palestiniens conviennent avec Azaria et ses partisans qu’il respectait la norme et faisait exactement ce que les autres soldats font – à savoir tirer avec l’intention de tuer, même quand aucune vie n’est en danger.
Les Palestiniens sont d’accord avec Azaria pour dire qu’il a été victime d’une discrimination du système. Mais ils considèrent pour leur part que des dizaines d’autres soldats et policiers auraient eux aussi dû être jugés.
Comme Azaria lui-même, les Palestiniens se demandent pourquoi il a été jugé alors que les soldats qui ont tué Hadeel al-Hashlamoun à Hébron n’ont pas même fait l’objet d’une enquête de la police militaire. Elle aussi était allongée au sol, après que des soldats lui ont tiré dessus à distance dans poste de contrôle, parce qu’elle tenait un couteau (aucun soldat n’avait subi la moindre égratignure). Puis, alors qu’elle était couchée sur le sol, ils ont continué à lui tirer sur le torse. (C’était le 22 septembre 2015, et les habitants d’Hébron attribuent l’éclosion subséquente d’attaques solitaires à cet incident.)
Le 11 juin 2010, Maxim Vinogradov, un policier frontalier, « a confirmé la mort » de Ziad Jilani, qui était déjà couché sur le sol, blessé par balle, après avoir foncé sur d’autres policiers avec sa voiture dans le quartier Wadi Joz de Jérusalem. Le procureur a décidé de ne pas inculper Vinogradov, acceptant sa défense ridicule selon laquelle il craignait que Jilani porte une bombe. Il était au cœur d’un quartier palestinien : pourquoi se serait-il fait exploser là-bas ?
Fadi Alloun, originaire d’Isawiyah, était également couché sur le sol, après avoir poignardé un israélien dans le quartier Musrara de Jérusalem le 4 octobre 2015. Un policier anonyme l’a criblé de balles après que des passants l’y ont encouragé. Dans ce cas, des séquences vidéo prises avec un téléphone portable étaient disponibles, mais ce n’était pas assez pour que de quelconques mesures soient prises contre le tueur.
Sara Hajuj, de Bani Naim, a brandi un couteau contre les policiers frontaliers à l’intérieur de la salle d’inspection de sécurité d’un point de contrôle d’Hébron le 1er juillet 2016. Ils l’ont vaporisée au visage avec du gaz poivre et ont fui la pièce. Puis l’un d’eux lui a tiré dessus, alors qu’elle était seule dans la pièce et ne représentait de danger pour personne.
Le 2 juin 2016, Ansar Hirsheh a traversé à pied le poste de contrôle d’Anabta, où la circulation des piétons est interdite. Elle avait un couteau dans ses affaires, mais elle ne mettait personne en danger. Et il n’y avait aucune raison pour que les quatre soldats armés et entraînés qui l’entouraient ne la maîtrisent pas sans la tuer.

« Tuez-les tous! » – Manifestation de soutien à Elor Azaria, Tel-Aviv, 19 avril 2016

 Depuis un an et demi, des dizaines d’hommes, de femmes et d’enfants palestiniens ont été tués, bien que selon les témoins oculaires et le bon sens, ils auraient pu être maîtrisés alors qu’ils étaient encore en vie. Il s’est avéré que certains n’avaient même pas tenté de commettre une attaque. Des dizaines de soldats, de policiers frontaliers et de gardes de check-points marchent librement parmi nous après avoir tué des Palestiniens qui ne représentaient aucun danger pour leur vie. L’institution de la défense les a décrit comme ayant agi correctement.
La frontière entre l’autodéfense et la vengeance nationaliste a été complètement floutée. C’est dans cette atmosphère qu’Azaria a opéré.
Par conséquent, le message adressé par les juges du tribunal militaire se distingue par sa rareté : Elor Azaria a violé les règles d’engagement, et il a été condamné. Mais le message que l’établissement de défense israélien envoie à ses soldats et policiers est aussi fort et clair : « Prenez garde à ne pas être filmés lorsque vous passez à l’acte. Nous savons comment remettre en cause la valeur des photographies prises par les caméras de sécurité palestiniennes, et nous savons enterrer le témoignage des témoins oculaires palestiniens. Mais nous n’avons toujours pas trouvé de solution face à des séquences vidéo nettes et professionnelles. »
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Israël se place au dessus de la loi


Malgré de sévères mises en garde de la part des Nations Unies et même des États-Unis, Israël poursuit sa marche forcée vers un apartheid qui s'appuie sur le racisme anti-arabe pour justifier son comportement,au mépris des lois internationales,comme l'explique Lawrence Davidson.

Par Lawrence Davidson – Le 2 janvier 2017 – Source Consortium News

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a piqué une colère, le 24 décembre, quand les États-Unis n’ont pas opposé leur veto à la résolution 2234 du Conseil de sécurité des Nations Unies condamnant les colonies sionistes sur le territoire palestinien.

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Sur le « Printemps arabe »


Ce texte est une version légèrement modifiée de l’entretien que Andrew Korybko a accordé à un étudiant en doctorat de Moscou qui se spécialise sur les événements de changement de régime au cours du « Printemps arabe ».


andrew-korybkoPar Andrew Korybko – Le 20 décembre 2016 – Source The Saker

Les plateformes de réseaux sociaux ont joué un rôle dans l’organisation et le déploiement des déstabilisations visant les changements de régime qui ont eu lieu pendant le théâtre du « Printemps arabe » à l’échelle des Révolutions de couleur. Elles ont permis aux initiateurs de ces événements de se relier plus facilement avec des dizaines de milliers de sympathisants et de leur diffuser leurs messages provocateurs, dans le but d’inciter le plus grand nombre de personnes à participer. Les réseaux sociaux à ce moment-là étaient naïvement utilisés par une grande partie des masses, en particulier les moins diplômés comparativement et les moins habiles technologiquement de la « rue arabe », pour être la « voix du peuple », « non censurée » et « authentique ». C’est pourquoi tant de gens sont tombés dans le panneau de récits (dont certains étaient délibérément trompeurs ou carrément faux) diffusés par les organisateurs principaux à travers ces réseaux. S’il n’y avait pas eu des plateformes pour les médias sociaux comme Twitter, YouTube et même l’application technique de Google Maps (qui apporte son aide en planifiant les trajets des « protestations » et la guérilla urbaine), il est douteux que ce qu’on appelle le « Printemps arabe » se serait jamais déroulé comme il l’a fait, et peut-être même n’aurait-il pas eu lieu du tout. Continuer la lecture

La démocratie sans frontières


Par Olivier Foreau – Le 18 décembre 2016 – Source Normalosphere

Si tu ne viens pas à la démocratie, la démocratie viendra à toi.

Dans une vibrante tribune intitulée « En France, les femmes sont libres » (Huffington Post, 05/09/2016) Manuel Valls s’est fixé dernièrement un nouveau défi pédagogique : faire entrer dans le crâne d’une journaliste étrangère les concepts de principes républicains  et de laïcité à la française. À lire ses explications pour le moins embrouillées, on devine que la tâche est rude. D’ailleurs il concède, bon prince, à propos de la laïcité : « Je sais combien cette singularité française a du mal à être comprise à l’étranger. » Car il faut bien le reconnaître, la laïcité « à la française » n’a pas grand-chose à voir avec celle des autres. Il en va de même pour les « principes républicains », inconnus dans le reste du monde, ce qui explique le fait qu’en France les femmes sont libres, contrairement à celles qui vivent ailleurs.

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Les habitants d’Alep libérée


Le témoignage d’un photographe européen ayant visité Alep, à la mi-décembre 2016.

Par Jan Oberg – Le 29 decembre 2016 – Son blog

Reproduit avec la permission de Jan Oberg.

Pour la plupart des médias, des commentateurs et des politiciens occidentaux, cela ne faisait aucun doute : Alep est tombée (de nouveau) aux mains du « régime », du « dictateur ». Ils se sont concentrés sur les civils et les rebelles modérés, comme ils les appellent, tués dans les dernières heures de la bataille autour d’Alep orientale, qui était occupée depuis mi-2012.

J’étais là – autant à l’est qu’à l’ouest d’Alep – quand c’est arrivé. J’étais dans le quartier Hanano d’Alep, sa vieille ville et dans la ville industrielle de Shaykh Najjar.

Je marchais dans les rues et je pouvais parler à n’importe qui et photographier ce que je voulais, personne ne me guidant vers des personnes particulières.

Ces images sont réelles, elles sont authentiques.

Voila ce que j’ai vu et entendu.

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Les Casques blancs financés par GB/USA participent au blocus de l’eau qui assoiffe 5 millions de Syriens


Moon of Alabama

Moon of Alabama

Le 3 janvier 2017 – Source Moon of Alabama

Le blocus de l’eau de Wadi Barada qui assoiffe 5 millions de personnes à Damas prend une tournure intéressante. L’organisation des Casques blancs financée par les États-Unis et le Royaume-Uni semble y être directement impliquée. Cela augmente le soupçon que le blocage illégal de l’eau que subissent les civils de Damas fait partie d’une campagne organisée par les États-Unis. La campagne a pour but de saboter le fonctionnement des services publics dans les zones tenues par le gouvernement en représailles pour la libération de d’Alep-Est. Continuer la lecture

La Syrie après le dernier cessez-le-feu 3/3


Première partie : la Tripartite est-elle vraiment sur le point de dépecer la Syrie ?

Deuxième partie : les munitions diplomatiques syriennes entrent dans la lutte politique d’Astana.

Syria After The Latest CeasefireIl est conseillé de lire les deux premières parties afin de comprendre le contexte et les prévisions analytiques relatives à la Syrie.

Cet article est une revue sommaire des deux articles précédents et doit donc être traité comme une source de référence.

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Les munitions diplomatiques syriennes pour les négociations d’Astana 2/3


Par Andrew Korybko – Le 29 décembre 2016 – Source Oriental Review

Astana, capitale du Kasakhstan

Première partie : la Tripartite est-elle vraiment sur le point de dépecer la Syrie ?

Des solutions syriennes

La première chose qu’il faut préciser, c’est que l’armée arabe syrienne et la majorité patriotique du pays qu’elle représente viennent de gagner la guerre et qu’il n’y a aucune raison pour qu’elles acceptent toutes sortes de « concessions » à « l’opposition », compte tenu des circonstances qui prévalent après le succès de la libération d’Alep. Même compte tenu de la nécessité de sécuriser les territoires nouvellement libérés et de reconstituer les troupes (que ce soit physiquement, émotionnellement ou psychologiquement), il n’y a aucun argument valable pour expliquer pourquoi l’opération de libération nationale ne pourrait pas continuer après un bref repos tactique. La seule explication plausible est que les principaux protecteurs internationaux de la Syrie, la Russie et l’Iran, n’ont pas la volonté politique de consacrer les ressources nécessaires pour poursuivre cette campagne, comme l’a expliqué en détail l’auteur en août dernier, dans son article intitulé La Turquie en Syrie, la FSA et la future querelle sur la Constitution de la Syrie.

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L’Ambassade des États-Unis en Turquie ment ouvertement sur le soutien étasunien aux YPG kurdes


Moon of Alabama

Moon of Alabama

Le 29 décembre 2016 – Source Moon of Alabama

Ambassade et consulats des États-Unis en Turquie – 28 décembre 2016

La vérité sur la désinformation dans les médias turcs à propos des opérations des États-Unis et de la Coalition contre ISIL en Syrie :

Il y a beaucoup de désinformation dans les médias turcs sur les opérations des États-Unis et de la Coalition contre ISIL en Syrie. Pour ceux que la vérité intéresse, la voici :

[…]

Le gouvernement des États-Unis n’a pas fourni d’armes ni d’explosifs aux YPG ni au PKK. Un point c’est tout.

Washington Post – 28 décembre 2016

Sur la route de Raqqa :

Au cœur de la question il y a la politique militaire des États-Unis d’envoyer des armes à la zone contrôlée par la principale milice kurde syrienne : les Unités de protection du peuple connues sous le nom de YPG.

La décision a payé jusqu’à présent. Les YPG – qui constituent la composante kurde des FDS (Forces démocratiques syriennes) – se sont révélées l’allié militaire le plus efficace des États-Unis en Syrie et ont repris de vastes étendues de territoire.

La déclaration de l’ambassade qui nie soutenir en armes et munitions les YPG est clairement un mensonge. Que les États-Unis fournissent et aient fourni des armes et des munitions aux YPG depuis 2014 est tout à fait vrai.

Dans la même déclaration, l’ambassade des États-Unis a également nié que les États-Unis soutenaient ou appuyaient ISIS alias DAESH :

Le gouvernement des États-Unis (USG) ne soutient pas DAESH. L’USG n’a ni créé ni soutenu DAESH par le passé. Les allégations selon lesquelles le gouvernement des États-Unis soutient DAESH sont fausses.

Il y a pourtant beaucoup de signes que les États-Unis ont activement soutenu ISIS alias DAECH, au moins dans ses premières années.

En 2013, l’officier des forces spéciales géorgiennes d’origine tchétchène, Abu Omar al-Shishani, qui avait bénéficié d’une formation militaire complète aux États-Unis, était le commandant d’ISIS qui dirigeait ISIS et l’Armée syrienne libre soutenue par les États-Unis et commandée par le colonel Abdul Jabbar al-Okaidi rémunéré par les États-Unis, lors de la prise de la base aérienne syrienne de Menagh.

Qui a ravitaillé et payé ISIS pour ce service ?

De récentes vidéos d’ISIS filmées près d’al-Bab montrent des attaques d’ISIS sur des tanks turcs Léopard 2A4 avec des missiles antichar TOW fabriqués par les États-Unis. Ils sont tombés du ciel ?

Il est facile de prouver que la déclaration de l’ambassade des États-Unis en Turquie est un mensonge. On a du mal à comprendre pourquoi le Département d’État croit intelligent de proférer officiellement des mensonges aussi flagrants. Cela ne fait que jeter le doute sur ses autres déclarations.

Capture d’écran de la déclaration de l’ambassade :

Traduction : Marie Staels

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