Ukraine:
Selon une TV US – La terreur règne dans la ville de Marioupol contrôlée par Kiev

Par Damir Marinovich – Le 14 mars 2015 – Source Russia Insider

Cela semble un paradoxe, mais la Voix de l’Amérique, fondée par le gouvernement états-unien, fait un meilleur travail journalistique que les médias russophobes libres et indépendants, comme CNN, NBC et Fox News.

Une chaîne de TV US reconnaît que la terreur de Kiev règne à Marioupol

Une chaîne de TV US reconnaît que la terreur de Kiev règne à Marioupol

«Ma sœur est entrée en courant ici (l’appartement). Elle peut voir que le visage de notre père était plein d’ecchymoses dues à cet objet. Il avait été frappé au visage. Cela avait l’air qu’on lui avait cogné la tête contre la table. L’homme l’a emmené après l’avoir battu.»

C’est le témoignage glaçant d’Anna, qui réside à Marioupol, à propos de l’enlèvement de son père par «des hommes inconnus, sans identification». Ils ont battu son père et menacé de lui tirer dessus. Elle n’a aucune idée où il est maintenant. «Personne n’est protégé et si vous critiquez l’administration locale, vous êtes considéré comme un séparatiste», conclut Anna, désespérée et effrayée.

On estime que plus de 3 000 citoyens ukrainiens sont détenus ou ont mystérieusement disparu lors de leur arrestation par les services secrets ukrainiens, suspectés d’être des séparatistes ou des espions contre l’État ukrainien.

Dans un reportage vidéo étonnamment honnête, la Voix de l’Amérique fondée par le Département d’État US fait la lumière sur la terreur d’état imposée au habitants de Marioupol, en majorité pro-russes.

Résumé de cette vidéo établi par VOA:

«Depuis que le cessez-le-feu du mois dernier est entré en vigueur, les bombardements autour de la cité portuaire de Marioupol ont diminué, mais on pense que les séparatistes pro-russes restent prêts à attaquer.»

Il est très intéressant de noter que le bataillon néonazi Azov a ouvertement affirmé à plusieurs reprises qu’il ne respecterait pas le cessez-le-feu négocié dans Minsk-2 et qu’il continuerait à se battre contre les terroristes russes. C’est bien documenté dans de nombreuses séquences montrant le groupe paramilitaire Azov attaquant une position rebelle à Shirokino, à 20 kilomètres de Marioupol. Il semble donc que ceux qui continuent à combattre autour de Marioupol sont des forces de Kiev et pas tant ceux de Donestsk.

VOA poursuit:

«Pour les autorités de la ville, le plus grand défi et de gagner la confiance des habitants, et simultanément d’éradiquer les informateurs qui transmettent des renseignements sensibles aux rebelles

Selon les autorités pro-Kiev de la ville, Marioupol reste profondément divisée et on estime qu’il n’y a que 30% de la population pour soutenir le gouvernement. Et cela est dit par des sources gouvernementales auxquelles on ne peut pas faire confiance comme nous l’avons expérimenté par le passé.

Même la Voix de l’Amérique fondée par le gouvernement états-unien ne peut ignorer le fait que de nombreux habitants de Marioupol considèrent les forces ukrainiennes, et en particulier le bataillon Azov, comme des maraudeurs, des envahisseurs et des occupants.

Un sentiment identique est partagé par les habitants de Slaviansk.

D’autres médias ont récemment rapporté qu’il y a eu plus d’une centaine d’arrestations dans des tentatives de Kiev d’éliminer les personnes suspectes d’espionnage de Marioupol.

Selon les médias locaux, plus d’une centaine de personnes ont été arrêtées en quelques jours. Sur les réseaux sociaux, il y a des messages affirmant qu’«ils attrapent tout le monde qui leur paraît louche ou dit quelque chose de mal: on voit les rats sur les marchés et dans les bus, qui écoutent ce que disent les passagers.»

Les médias font l’hypothèse que ces arrestations sont liées aux échanges de prisonniers de guerre entre l’Ukraine et la Novorussie et au souhait du côté ukrainien de rendre, métaphoriquement parlant, ces bébés idiots – les gens attrapés accidentellement dans les rues de la ville, à la place des prisonniers politiques.

Il semble que tout résident qui ne soutient pas les autorités de Kiev est traité comme un suspect potentiel et un espion russe.

En outre, la plupart des habitants de Marioupol croient que l’attaque de roquettes de janvier, qui a tué plus de 30 personnes, est un coup monté par les forces ukrainiennes dans le but de l’imputer aux rebelles. Un habitant qui a peur de parler ouvertement a fait cette estimation: «75% des gens ici sont sûrs que c’était une provocation du gouvernement ukrainien.»

C’est particulièrement hypocrite que la Voix de l’Amérique, si dédiée à la promotion de la liberté et des droits humains, décrive en s’excusant le terrorisme d’État comme une élimination d’informateurs. Il est évident que l’arrestation de citoyens qui disparaissent sans laisser de traces est une pratique anticonstitutionnelle et une violation flagrante des droits humains.

Le non-droit total continue à dominer l’Ukraine. Malheureusement, même l’Occident qui-aime-les-droits-de-l’homme a détourné le regard des violations flagrantes des droits humains de Kiev et méprisé le principe fondamental de tout état civilisé moderne – l’état de droit.

Traduit par Diane, relu par jj pour le Saker Francophone

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Les leçons géopolitiques d’un tankiste russe

Par Yuriy Selivanov – Le 15 mars 2015 – source Fort Russ

Cela fait trois ans que Mosfilm a terminé l’une des créations les plus insolites de l’industrie contemporaine du cinéma russe, le film Tigre blanc* de Karen Shakhnazarov. L’année 2012 a été une bonne année, douce et prospère, où il était de bon ton de glorifier la vie, et donc un film sur un tankiste russe grièvement brûlé semblait hors de propos. D’ailleurs il a fait un flop commercial.

Personne ne savait alors ce qui allait arriver à ce monde en seulement deux ans, ni comment, dans le contexte d’un avenir incertain, on devait accueillir ce film vraiment prophétique. Prévenez-nous la prochaine fois!

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Lettre d’un lecteur sur le conflit en Ukraine

Le Saker Francophone a reçu ce courrier de la part d’un de ses lecteurs et il a décidé de le publier en raison de son intérêt.

Avec tous nos remerciements

En tant que communiste français je déplore les mauvaises informations médiatiques qui dénaturent ce qui se passe en Ukraine . L’amitié légendaire entre la Russie et la France est en train d’être démolie par le pouvoir socialiste inféodé aux États-Unis et à la CIA criminelle . Le pouvoir ukrainien, mis en place par Obama-Merkel-Hollande, ont réhabilité les groupes néo-nazis des descendants Bandéristes , réfugiés aux États-Unis et au Canada à l’issue de la seconde guerre mondiale, revenus au pays de leurs ancêtres pour déstabiliser le peuple ukrainien dans son alliance avec le grand-frère Russe . Cette politique orchestrée par le capitalisme anglo-saxon, pour maintenir son pouvoir sur l’économie mondiale dans la crise très grave qu’il a provoqué par son agressivité et le chaos économique qu’il a engendré depuis 2008 , est très dangereuse pour la paix mondiale .

L’Ukraine et ses habitants vont très vite se rendre compte qu’ils sont manipulés par l’oncle Sam pour des objectifs qui n’ont rien à voir avec l’intérêt de la population dans son ensemble . Malgré les mercenaires engagés dans le conflit militaire les séparatistes de l’est ont très bien résisté et même ont eu une maîtrise intelligente sur le plan militaire, ce qui démontre que la soldatesque américaine peut toujours être battu , comme en Corée-Vietnam-Afghanistan , avec des peuples courageux et intelligents . L’utilisation du Fascisme par le capitalisme pour se maintenir au pouvoir est toujours une preuve de faiblesse de son système économique , encore faut-il que les adversaires du capitalisme ne se donnent pas des verges pour se faire battre sur le plan économique comme l’ex-URSS et satellites . L’exemple Chinois prouve qu’on peut avec constance et intelligence construire une économie à but socialiste pour satisfaire les besoins populaires . Les ex-communistes oligarques comme Timochenko ou Porochenko , traîtres à leurs idées de jeunesse , seront punis par l’histoire pour leur perversion corruptive au service du capitalisme anglo-saxon . Les ukrainiens doivent se ressaisir pour redonner à leur patrie un avenir progressiste et heureux .

Le soutien du peuple russe à son frère ukrainien n’est pas un vain mot et je regrette que mon pays soit aux abonnés absents dans la solidarité qu’il devrait démontrer vis à vis des peuples ukrainien et russe . En tous cas on doit tout faire pour empêcher l’Otan de régir le monde , et Poutine et son peuple pour le moment sont un bon rempart contre les plans impérialistes de cette organisation militaire criminelle qui tue des innocents par cynisme et rapine .

Bernard SARTON – section d’Aubagne du PCF.

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Ukraine: purge préventive?
Septième « suicide » en un mois

Le 12 mars 2015 – Source Fort Russ

Alexander Peklushenko

L’ex-gouverneur de la région de Zaporojié et ancien membre du Parti des régions, Alexandre Peklouchenko, s’est suicidé. C’est ce que rapporte le
service de presse du ministère de l’Intérieur de la région de Zaporojié.

Selon le rapport, «Alexandre Peklouchenko s’est suicidé à son domicile dans le village de Solnetchnoïe. L’équipe d’enquête travaille sur les lieux du drame».

Le décès de l’ancien régional a été confirmé par le conseiller du
ministre ukrainien de l’Intérieur, Anton Guerachtchenko, sur la chaîne
112 Ukraine. Guerachtchenko a également déclaré que M. Peklouchenko
devait être inculpé dans le cadre de la répression des manifestations
Euromaïdan à Zaporojié.

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Le chef de Scotland Yard veut des caméras de vidéo surveillance dans TOUS les foyers

Par SM Gibson – Le 9 mars 2015 – Source The Antimedia

En lisant cet article gardez bien à l’esprit que toute personne sensée qui voudra faire un mauvais coup prendra la plus élémentaire des protections, une cagoule.
Le Saker Francophone

(ANTIMEDIA) LONDON, UK – Les citoyens du Royaume-Uni constituent probablement la population la plus surveillée de l’histoire de l’humanité. Oubliez la mainmise toujours plus grande de la NSA sur toutes les formes de communications possibles. Nous parlons de caméras… partout.

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Tariq Ali: Le temps est venu pour une révolution de palais

Par Chris Hedges – Le 11 mars 2015 – Source vineyardsaker

Tariq Ali

Tariq Ali

Tariq Ali appartient à la famille royale de la gauche. Ses plus de vingt ouvrages de politique et d’histoire, ses sept romans, ses scénarios et pièces de théâtre et ses articles dans le Black Dwarf, la New Left Review et d’autres publications ont fait de lui l’un des critiques les plus virulents du capitalisme de marché. Il lance ses foudres rhétoriques et ses critiques torrides sur les spéculateurs obséquieux et les oligarques des multinationales qui manipulent la finance mondiale et les idiots utiles dans la presse, le système politique et l’université qui les soutiennent. L’histoire de la fin du XXe et du début du XXIe siècles a prouvé qu’Ali, un intellectuel formé à Oxford et longtemps mouche du coche, une fois candidat trotskyste au Parlement britannique, est superbement prophétique.

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Le Moyen- Âge? Les oubliettes?
Que nenni, la démocratie US en action

Le 8 mars 2015 – Source Russia Today

Manifestation à Chicago pour la fermeture d’une prison secrète et la fin des disparitions de civils.

Un activiste devant le « black site » de Chicago. (Reuters / Jim Young)

Des manifestations ont eu lieu à Chicago pour demander que la police ferme un entrepôt autrefois abandonné et qui est apparemment utilisé pour interroger des suspects sans qu’ils aient accès aux recours légaux.

Ce lieu de détention, qui fut porté a la connaissance du public par un article du Guardian en février dernier, est un ancien entrepôt situé à l’ouest de Chicago et connu sous le nom de Homan Square, qui a «longtemps été la scène d’activités secrètes par les unités des Forces spéciales», a révélé le journal.

Même si beaucoup d’Américains sont au courant de la militarisation de leurs forces de police, avec le soutien du gouvernement fédéral qui permet à ces forces de recevoir de l’équipement militaire, dont des tanks et des armes à feu puissantes, la nouvelle que des méthodes d’interrogation spéciales sont aussi utilisées a scandalisé.

L’activiste Brian Jacob Church, qui prétend avoir été incarcéré dans cet endroit en 2012, s’est adressé à la foule rassemblée à Homan Square samedi dernier.

«Pendant trop longtemps, nous les Américains avons été soumis à la brutalité policière… Spécialement les noirs, les pauvres et les latinos, selon les propos de Church rapportés par The Guardian. Ce bâtiment doit être fermé.»

Une manifestation identique s’était déjà tenue le 1er mars.

Cet endroit controversé ne semble pas fonctionner comme un poste de police normal où les suspects sont inscrits dans un registre accessible au public.

A Homan Square, pas d’enregistrement visible, si bien que les personnes comme Chuch qui s’y trouvent emprisonnées, quel que soit le motif, disparaissent sans laisser aucune trace.

«Homan Square est vraiment un endroit pas comme les autres, a dit Church au Guardian le mois dernier. Cela rappelle les centres d’interrogatoire qu’ils utilisent au Moyen-Orient. La CIA les appelle des Black Sites. Celui-ci est un black site domestique. Lorsque tu y rentres, plus personne ne peut savoir ce qui t’arrive

«Ils disparaissent, tout simplement » affirme Anthony Hill, un avocat, jusqu’à ce qu’ils réapparaissent devant une cour ou soient juste relâchés dans la rue.»

Au moins une association civile a critiqué le maire de Chicago, Rahm Emanuel,  occupé actuellement par sa campagne électorale, pour ne pas prêter attention à de possibles violations des droits humains dans ce site.

«C’est un sujet sensible maintenant, car le maire actuel est en campagne pour sa réélection dans quelques semaines et qu’il ne désire pas faire la moindre déclaration à propos de la situation à Homan. Ni sur le côté secret des arrestations, ni sur les possibles tortures lors des interrogatoires», selon Donald Goldhamer le trésorier du comité de défense des droits civils, cité par Sputnik.

Goldhamer dit que le sujet des interrogatoires abusifs à Homan a été soulevé depuis des années par les avocats, mais la ville n’en a jamais tenu compte.

«Le fait que la police cache certaines personnes qu’elle arrête a été discuté avec la police de Chicago et le comité de surveillance, mais ces efforts n’ont amené aucun résultat», dit encore Goldhamer.

Le Département de police de Chicago nie toute participation à ces internements et interrogations supposés à Homan Square.

Traduit par Wayan, relu par jj et Diane pour le Saker Francophone

 

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L’Empire du Chaos s’installe en Europe
L’ État islamique en Ukraine

Justin Raimondo

Justin Raimondo

Par Justin Raimondo – Le 6 mars 2015 – Source Antiwar.com 

Kiev et les djihadistes: une sombre alliance

Alors que nous combattons l’État islamique, l’EI, alias ISIS, en Irak et en Syrie, et que les responsables américains soulignent le prétendu danger d’une attaque sur le territoire américain, Washington et le Califat se battent du même côté en Ukraine. Dans une remarquable série d’articles dans l’Intercept, Marcin Mamon s’est penché sur un aspect du conflit en Ukraine auquel personne d’autre n’a fait attention: le rôle joué par le Bataillon Doudaïev, «une force de combat des islamistes radicaux composée de Tchétchènes, mais incluant également des combattants de tout le Caucase ainsi que quelques Ukrainiens».

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Entre les US et la Russie
La dissonance cognitive de la position de l’Union européenne

Par Mikhail Khazin – Le 5 mars 2015 – Source thesaker.is

Les problèmes avec l’idéologie de base de l’Union européenne impliquent bien sûr, au premier chef, la position de l’Allemagne. Pour voir avec la plus grande clarté, nous devons nous rappeler que dans le mantra [leitmotiv incantatoire] des partisans du libéralisme occidental, qu’ils soient de l’Union européenne, des États-Unis ou du cru [russe], l’objectif principal de l’Occident par rapport à la Russie est d’expliquer que l’adoption de valeurs libérales fondamentales conduiront inévitablement à une économie florissante et au bonheur de tous. Si nous faisons la moindre tentative de fourrer le nez dans les résultats réels, ils expliquent que nous, nous faisons tout mal; et que, plus spécifiquement, nous avons créé la corruption sur une vaste échelle.

Je vais laisser de côté le fait que les consultants occidentaux qui nous ont bourré le crâne avec leurs valeurs libérales étaient eux-mêmes une source de corruption. Ce n’est un secret pour personne que beaucoup d’entre eux, personnes physiques ou morales, ont rempli leur tiroir-caisse pendant le processus de privatisation. Ce n’est pas un secret non plus que ces privatisations étaient un processus entièrement criminel qui a non seulement créé une immense cohorte de fonctionnaires corrompus, mais a aussi empêché complètement le développement normal des petites et moyennes entreprises. Lorsque le processus de privatisation a été terminé, les corrupteurs libéraux se sont transformés en sicaires des multinationales, détruisant les entreprises qui se sont développées en dehors de leur contrôle.

Vous n’avez qu’à regarder la formulation des lois sur la faillite, les décisions des tribunaux, et ainsi de suite. Cette situation est le résultat de la privatisation, et tant que ce résultat n’est pas condamné et remis en cause, il sera très naïf de s’attendre à voir le pays connaître une croissance constructive quelconque. Les gens qui ont volé des millions sinon des milliards ne permettront jamais un environnement normal des affaires, parce qu’ils ne peuvent pas fonctionner dans des conditions normales de concurrence; la majorité d’entre eux doivent leur existence au vol dans les caisses de l’État ou à l’appui du gouvernement.

Mais revenons au sujet principal. Les gens qui gouvernent aujourd’hui notre pays, toute notre élite qui a été formée à partir de la fin des années 1980 jusqu’au début des années 2000, épousent l’idéologie libérale. Ils sont sincèrement prêts à défendre le droit sacré à la propriété privée et à prendre leurs ordres de Washington. Ils ne veulent tout simplement pas prendre des risques ni partager le pouvoir dans notre pays.

Washington tolère souvent de telles situations. Les anciennes dictatures d’Amérique latine et la monarchie saoudienne ne peuvent pas être appelés des bastions de la démocratie et de la liberté. Et Israël, le chouchou des États-Unis est loin d’être un ange. Mais avec la Russie, quelque chose s’est mal passé. Ce qui est arrivé ici est complexe et peut être discuté longuement. Il est possible que les efforts d’un quart de siècle pour inculquer aux gens les valeurs libérales ont échoué, et Washington a décidé qu’au début de la crise mondiale la politique de libéralisation devait être intensifiée. Mais l’élite russe a résisté, craignant une véritable agitation populaire. Malgré cela, les États-Unis ont continué.

Bien sûr, cette situation ne convenait pas à l’Union européenne; ce n’était ni du goût de Bruxelles, ni de celui de Berlin, qui faisaient beaucoup d’affaires avec Moscou et ont été fermement convaincus que tôt ou tard ils en récolteraient les fruits. Et l’Ukraine était dans leurs plans. Mais l’idée générale que le centre du pouvoir pour l’Europe orientale ne devait pas être à Moscou, mais à Washington, n’a pas été envisagée. Et ici se trouvent les problèmes.

Moscou a posé, à plusieurs reprises, la même question: si votre objectif est d’inculquer certaines valeurs en nous, et si nous sommes prêts à les accepter, pourquoi voulez-vous éloigner l’Ukraine de la Russie? En effet, on a travaillé avec l’Europe de l’Est, aidés par Gorbatchev. Mais c’était une période de peur car on craignait que soudainement de vrais patriotes arrivent au pouvoir dans la Fédération de Russie ou ailleurs? Mais, maintenant, où est le problème? Même aux États-Unis, il y a des politiciens qui comprennent ceci: http://worldcrisis.ru/crisis/1828187 [en russe seulement].

Mais aujourd’hui, une telle question ne compte pas pour les États-Unis, qui ont une politique purement impériale et ne participent pas à ces discussions – [Jennifer] Psaki étant un bel exemple. Ils doivent mentir sur les faits? Alors ils mentent. Ils doivent répondre par le silence à une question délicate? Alors ils se taisent. Et rien ne peut être fait à ce sujet, parce que personne ne peut punir les États-Unis – pour l’instant. Mais à mon avis, une telle position va se retourner contre eux assez rapidement. Et la situation soulève des questions à Berlin et Bruxelles.

Ils se sont mis dans la tête d’amener l’Ukraine dans leur propre sphère d’influence (américaine, plus précisément). Je ne vais même pas discuter pourquoi; le fait est évident. Ils ne peuvent pas se permettre d’ignorer diverses questions et des faits désagréables, de sorte qu’ils doivent s’engager dans la discussion. La même question se pose en permanence, en différentes versions et interprétations: «Pourquoi ne voulez-vous pas que l’Ukraine se rapproche de l’UE avec la Russie, la Biélorussie et le Kazakhstan?» Dès que cette question revient, le représentant allemand/UE panique.

Bon, ils ne peuvent pas vraiment dire la vérité: en soutenant liberté et démocratie, nous reconnaissons que les États-Unis peuvent violer ces valeurs quand et où il veulent. Mais les États-Unis veulent arracher l’Ukraine à la Russie (parce que [Zbigniew] Brzezinski l’a dit, et que c’est une raison comme une autre), et nous devons l’aider, même si nous comprenons que cela menace les valeurs tant ressassées. Nous acceptons que la politique américaine soit fondée uniquement sur ses intérêts impériaux, et qu’elle crache sur la liberté et   la démocratie (je ne vais pas rappeler les conversations infâmes de [Victoria] Nuland, l’ingérence dans le décompte des voix lors de l’élection en Ukraine et ainsi de suite parce que cela a déjà tellement été dit). Nous reconnaissons que nous ne nous opposerons jamais à la position américaine et nous ne laisserons personne imaginer de pouvoir le faire. Tant que cela nous convient, bien sûr.

En conséquence, Berlin/ UE est dans une position extrêmement faible. Ils imposent la servitude à l’Ukraine avec un accord qui détruit complètement son économie, ils soutiennent le coup d’État, ils permettent à une faction pro-américaine en Ukraine de truquer grossièrement et cyniquement les élections. Et après tout cela, leur discours sur la liberté et la démocratie apparaît hautement suspect, non seulement à Moscou, mais aussi dans d’autres villes et pays. Que peuvent-ils faire dans une telle situation?

Continuer à parler de liberté et démocratie? Pour les personnes qui peuvent voir comment ils attirent l’Ukraine vers la liberté, l’organisation d’escadrons de la mort, les bombardements des quartiers résidentiels avec des armes de gros calibre et l’interdiction à  leurs concitoyens de donner leur opinion (si ça vous passionne, vous pouvez lire la façon définitive dont les bataillons du Secteur Droit se comportent dans le Donbass et dans les territoires qu’ils occupent). Je ne dirai rien du tout sur l’économie.

Dire la vérité? Mais alors il y aurait le danger que le pouvoir de l’opposition anti-élite, qui (sauf en Hongrie et en Grèce) commence juste à faire sentir sa présence dans l’UE, augmente considérablement. Si l’élite actuelle perd le contrôle sur les budgets et les devises, ils peuvent perdre à jamais le pouvoir. Et cette perspective est extrêmement désagréable pour eux.

Vous voulez une sorte de scénario extravagant? Par exemple, si les néo-nazis arrivent au pouvoir en Allemagne, ils vont s’entendre à merveille avec le Secteur Droit en Ukraine. Mais eux non plus ne s’accorderont pas avec l’élite pro-américaine actuelle, dont ils n’auront plus besoin.

En général, Merkel & Co ont de graves problèmes. Si l’économie était encore forte, il serait possible, comme toujours, de coller du papier peint sur les fissures et les absurdités de la version officielle avec des perfusions d’argent. Mais qu’est ce qui peut être fait dans la situation actuelle? Il n’y a pas de bonne réponse. Merkel continue ses efforts pour arrêter ce qui est clairement une guerre et pour persuader les États-Unis de se calmer, même si ce n’est que pour un temps. Mais c’est en vain parce que les États-Unis ont en fait déjà perdu la guerre, et leur arrogance impériale ne permettra pas que ça s’arrête, surtout avec une élection à portée de main. Parler de liberté et de démocratie est de plus en plus irritant, même au sein de l’UE. Merkel ne peut pas non plus  faire pression sur les États-Unis pour obtenir de l’argent. Je ne vais même pas parler de Bruxelles.

En général, il y a une seule chose que nous pouvons dire: si la base idéologique de l’Union européenne, une entité gouvernementale complexe, est construite sur une contradiction aussi sinistre, comme on le voit à l’évidence, alors ses jours sont comptés. Et rien ne peut être fait à ce sujet.

Traduit du russe par Robin  – Source russe worldcrisis.ru

Traduit de l’anglais par jj, relu par Diane pour le Saker Francophone.

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Les fascistes ukrainiens ont désormais droit à une fête nationale rien que pour eux

Le 5 mars 2015 – Source Fort Russ

La date de création de l’UPA devient un jour férié en Ukraine

La Verkhovna Rada [Parlement ukrainien, NdT] a décidé que le 14 octobre serait désormais un jour de congé: ce jour-là le pays célébrera le Jour du Défenseur de la Patrie.

 

 

244 députés de la Rada ont voté en faveur de la loi. Le président Porochenko avait déjà publié un décret en sa faveur.

Le 14 octobre est également considéré comme la date de la création de l’Armée Insurrectionnelle Ukrainienne (UPA): c’était la date que les membres du Conseil de libération ukrainien basé à l’ONU avait choisie pour célébrer l’anniversaire de l’UPA en 1947.

Note de J. Hawk (Traducteur du russe à l’anglais)

Jusqu’à présent, le Jour du Défenseur de la Patrie avait été célébré à la même date qu’en Union soviétique, c’est à dire le 23 février comme c’est toujours le cas en Russie. L’UPA avait une mauvaise réputation parce que cette force de guérilla avait collaboré avec l’Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale et s’était battue contre les résistants soviétiques et polonais. La Russie et la Pologne considèrent, toutes les deux, l’UPA comme une force hostile à leur pays.

Cette décision cadre avec presque toutes les décisions politiques prises par l’Ukraine post-Maidan. Elle satisfait une étroite frange de la population, mais elle va faire un tort considérable à la réputation et aux intérêts de l’Ukraine sur le long terme. On peut difficilement concevoir que non seulement la Russie mais aussi la Pologne acceptent d’entretenir des relations amicales avec une Ukraine qui considère les guérilleros de l’UPA comme des défenseurs modèles de l’indépendance de l’Ukraine.

Traduction de l’anglais par Dominique Muselet, relu par jj pour le Saker Francophone

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