Par M.K. Bhadrakumar – Le 25 avril 2023 – Source Indian Punchline
La plupart des relations évoluent avec le temps, passant d’un état où on apprécie l’autre à un « état où on veut avoir l’autre« , un désir de le posséder et même de le contrôler. Mais le moment charnière actuel dans les relations russo-indiennes montre que leur relation d’égal à égal ne tombe pas dans ce piège.
Le ministre des affaires étrangères, S. Jaishankar, a attiré l’attention sur ce point en s’adressant à un forum d’affaires russo-indien la semaine dernière à Delhi, lorsqu’il a qualifié la relation de l’une des plus « stables » des relations internationales et a souligné que le partenariat attire autant l’attention aujourd’hui non pas parce qu’il a changé, mais parce qu’il n’a pas changé.
Le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a présidé lundi la session du Conseil de sécurité des Nations unies consacrée au « multilatéralisme fonctionnel« . Dans ses remarques liminaires, il a souligné la nature du conflit actuel, qui, selon lui, oppose en réalité la Charte des Nations unies à « l’ordre fondé sur des règles » de l’Occident collectif.
plus en plus régies par notre ministère de la Propagande, et la facture commence peut-être à arriver.
Le philosophe français des sciences sociales René Girard (1923-2015) a un jour décrit la tendance des deux parties prises dans une rivalité à se ressembler de plus en plus au fil du temps. Au départ, elles peuvent avoir des valeurs et des idéologies différentes, mais comme chacune s’efforce de surpasser l’autre, ou comme chaque attaque provoque une riposte en nature de la part de l’autre partie – étant donné que chaque acte est reflété par l’autre -, les deux parties s’enferment dans une spirale d’escalade dans laquelle elles deviennent de plus en plus semblables. De nombreux « jeux » de stratégie prennent cette forme. Une guerre entre puissances nucléaires, par exemple, pourrait s’intensifier par le biais de représailles et de violences anticipées afin de réduire les deux parties à l’identité ultime de la destruction mutuelle. Girard a appelé ce processus la rivalité mimétique, ou la compétition et le conflit qui naissent de l’imitation du désir d’autrui.
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Nous pouvons débattre autant que nous le voulons de la forme que prendra le nouvel ordre international, mais une chose est sûre : il ne ressemblera à rien de précédent. L’histoire a tendance à ne pas se répéter, ce qui signifie toujours que le recours aux analogies historiques reste un signe d’impréparation intellectuelle aux événements contemporains.
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