Par Dmitry Trenin − Le 22 juin 2023 − Source RT

L’article du professeur Sergey Karaganov intitulé « Une décision dure mais nécessaire« , qui affirme qu’en utilisant ses armes nucléaires, la Russie pourrait sauver l’humanité d’une catastrophe mondiale, a suscité de nombreuses réactions, tant en Russie qu’à l’étranger. Cela s’explique en partie par le statut de l’auteur – il a été conseiller des présidents Boris Eltsine et Vladimir Poutine – mais aussi par la conviction que son opinion pourrait être partagée par certaines personnes occupant des postes de pouvoir.
Dmitry Trenin, un expert russe extrêmement respecté qui a servi dans l’armée soviétique, donne sa réponse.
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Si quelqu’un, loin dans le futur, décide de « chercher la cause immédiate qui a amené une si grande guerre« , il découvrira que « la véritable raison, vraie mais non reconnue […] était la croissance de la puissance d’un côté et la peur de l’autre côté« . Les belligérants dont on parle ici ne sont pas les Américains et les Russes, et l’auteur n’est pas un analyste en géopolitique contemporaine. Il s’agit de Thucydide, qui évoque la guerre du Péloponnèse de 431 à 404 av. En expliquant le déclenchement des hostilités entre Athènes et Sparte, il ne mentionne aucun motif moral, ni aucune notion de défense de valeurs ou de principes. Le conflit est décrit comme non idéologique, né d’un simple déséquilibre de pouvoir.
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L’Union européenne s’est surinvestie dans le projet de guerre ukrainien et dans sa romance avec Zelensky. Au début de l’année, le discours occidental (et européen) était que l’offensive post-hivernale de l’Ukraine allait « briser » la Russie et donner un « coup de grâce » à la guerre. Les titres des médias dominants racontaient régulièrement l’histoire d’une Russie à bout de souffle. Aujourd’hui, cependant, le message de l’establishment a fait un virage à 180°. La Russie n’est pas « à bout de souffle » …