Les relations de la Russie avec l’Occident sont en lambeaux. Dans une grande partie du reste du monde, cependant, c’est le contraire qui semble se produire
Par Paul Robinson – Le 5 avril 2023 – Source Canadian Dimension
Il y a quelques années, lors de la cérémonie d’été de l’université d’Ottawa, j’ai été surpris de voir un étudiant se présenter pour recevoir son diplôme et dont le prénom était Brejnev. On peut supposer que ses parents étaient des communistes africains qui l’ont baptisé du nom du dirigeant soviétique Leonid Brezhnev en signe de gratitude pour l’aide apportée par l’Union soviétique dans la lutte de libération nationale de leur pays contre le colonialisme occidental. C’est un exemple frappant de la façon dont les autres peuples ne voient pas le monde de la même façon que nous.
On dit que les Italiens ont une vision de la politique qu’ils appellent dietrismo. Dietro signifie derrière, et dietrismo signifie la conviction que ce que vous voyez est conçu pour cacher ce que vous devriez voir, par des puissances opérant derrière un rideau qui divise le monde en une scène et une coulisse, cette dernière étant le lieu de l’action réelle, et la première celui où elle est délibérément présentée de manière erronée. Vous lisez quelque chose, vous en entendez parler à la radio ou à la télévision et, en tant que dietristo bien formé, vous vous interrogez, non pas tant sur ce que l’on vous dit que sur la raison pour laquelle on vous le dit, et sur la raison pour laquelle on vous le dit maintenant.
Par M.K. Bhadrakumar – Le 8 mai 2023 –
La question posée à ce stade est la suivante : l’Occident collectif approche-t-il de la fin d’un cycle ? Ou sommes-nous toujours en milieu de cycle ? S’agit-il d’un mini-cycle de quatre générations ou d’un point d’inflexion historique ?
Le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a présidé lundi la session du Conseil de sécurité des Nations unies consacrée au « multilatéralisme fonctionnel« . Dans ses remarques liminaires, il a souligné la nature du conflit actuel, qui, selon lui, oppose en réalité la Charte des Nations unies à « l’ordre fondé sur des règles » de l’Occident collectif.
Le philosophe français des sciences sociales René Girard (1923-2015) a un jour décrit la tendance des deux parties prises dans une rivalité à se ressembler de plus en plus au fil du temps. Au départ, elles peuvent avoir des valeurs et des idéologies différentes, mais comme chacune s’efforce de surpasser l’autre, ou comme chaque attaque provoque une riposte en nature de la part de l’autre partie – étant donné que chaque acte est reflété par l’autre -, les deux parties s’enferment dans une spirale d’escalade dans laquelle elles deviennent de plus en plus semblables. De nombreux « jeux » de stratégie prennent cette forme. Une guerre entre puissances nucléaires, par exemple, pourrait s’intensifier par le biais de représailles et de violences anticipées afin de réduire les deux parties à l’identité ultime de la destruction mutuelle. Girard a appelé ce processus la rivalité mimétique, ou la compétition et le conflit qui naissent de l’imitation du désir d’autrui.
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