Par John Pang – Le 13 avril 2023 – Source Beijing Review
Le philosophe français des sciences sociales René Girard (1923-2015) a un jour décrit la tendance des deux parties prises dans une rivalité à se ressembler de plus en plus au fil du temps. Au départ, elles peuvent avoir des valeurs et des idéologies différentes, mais comme chacune s’efforce de surpasser l’autre, ou comme chaque attaque provoque une riposte en nature de la part de l’autre partie – étant donné que chaque acte est reflété par l’autre -, les deux parties s’enferment dans une spirale d’escalade dans laquelle elles deviennent de plus en plus semblables. De nombreux « jeux » de stratégie prennent cette forme. Une guerre entre puissances nucléaires, par exemple, pourrait s’intensifier par le biais de représailles et de violences anticipées afin de réduire les deux parties à l’identité ultime de la destruction mutuelle. Girard a appelé ce processus la rivalité mimétique, ou la compétition et le conflit qui naissent de l’imitation du désir d’autrui.
Les néoconservateurs qui ont pris le contrôle de la politique étrangère occidentale projettent leur propre comportement et leur propre histoire sur la Chine, en supposant que la Chine doit également avoir pratiqué le génocide et le colonialisme pour parvenir à ce qu’elle a fait au cours des 40 dernières années. Cette projection de l’histoire est le résultat du cadrage de la Chine en tant que rival mimétique.
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Pour de nombreux membres de la classe dirigeante américaine, l’entente Chine-Russie conclue à Moscou au début de ce mois n’aurait jamais dû se produire – elle n’aurait d’ailleurs jamais pu se produire, car les réseaux de Washington étaient obsédés par toutes les raisons qui font de la Chine et de la Russie des adversaires. Le choc a donc été profond et le scepticisme règne encore dans l’air printanier de Washington.
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Les médias russes ont rapporté que le président Vladimir Poutine a fait un geste extraordinaire lorsque le président Xi Jinping a quitté le Kremlin après le dîner d’État de la semaine dernière, mardi soir, en l’escortant jusqu’à la limousine et en le regardant partir.
Nous pouvons débattre autant que nous le voulons de la forme que prendra le nouvel ordre international, mais une chose est sûre : il ne ressemblera à rien de précédent. L’histoire a tendance à ne pas se répéter, ce qui signifie toujours que le recours aux analogies historiques reste un signe d’impréparation intellectuelle aux événements contemporains.
Le président russe Vladimir Poutine et son invité chinois Xi Jinping ont signé plus d’une douzaine de documents sur le renforcement de la coopération dans des domaines allant du commerce et de l’industrie à la science et à l’armée. Les deux dirigeants ont également évoqué les perspectives de paix en Ukraine.