Par M.K. Bhadrakumar – Le 5 janvier 2023 – Source Indian Punchline
La visite du ministre des affaires extérieures, S. Jaishankar, en Russie du 24 au 29 décembre a donné lieu à un spectacle extraordinaire rappelant les jours fastes des relations indo-soviétiques. Les paroles de Jaishankar sur le sol russe ont été empreintes d’une extase sans nom. Il s’est même promené sur la Place Rouge en plein hiver russe. Mais le ministre est tout sauf un diplomate sentimental, qui sait gérer les émotions, non pas nécessairement comme un fardeau, mais en les transformant au contraire en de formidables effets d’optique.
Cette visite en Russie marquera la carrière diplomatique de Jaishankar et sera comparée au rôle remarquable qu’il a joué dans l’intensification des relations entre l’Inde et les États-Unis. Le paradoxe est que la mission de Jaishankar vise essentiellement à renforcer l’autonomie stratégique de l’Inde dans un environnement international complexe. Une métaphore appropriée serait celle d’un bateau de croisière pris dans la tempête (mais non coulé) et en détresse, cherchant un port qui lui est familier.
Les États-Unis perçoivent la paix, la sécurité et la stabilité comme un fait acquis qui se produit de lui-même. Selon Washington, aucun effort significatif n’est nécessaire pour les maintenir, et lorsque le besoin s’en fait sentir, les États-Unis initient eux-mêmes un conflit militaire. Il s’agit là d’une grande différence entre les États-Unis et la Russie : La Russie comprend que pour sauver le monde d’une catastrophe, les grandes puissances doivent parvenir à un consensus et maintenir l’ordre dans leurs régions, écrit
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