
Orlov
Par Dmitry Orlov – Le 14 juin 2016 – Source Club Orlov
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La loi de l’attraction est un aliment de base des conférenciers. La prémisse est que les pensées déterminent les résultats. Si vous pouvez visualiser un avenir meilleur, et concevoir les étapes que vous devez franchir pour l’atteindre, un avenir potentiel apparaît comme par magie dans l’existence.
En réalité, le changement exige plus que de la pensée positive. Il y a une boucle de rétroaction entre la pensée et l’action. Si nous pensons différemment, nous devons aussi agir différemment, et seulement en agissant différemment nous pouvons espérer obtenir quelque chose de nouveau. À leur tour, de nouvelles réalisations conduisent à de nouvelles expériences, ce qui peut nous amener à penser différemment encore plus, révisant notre plan, essayant de jouer encore plus différemment, et ainsi de suite.


Ce message-là ne sera bien entendu jamais avoué explicitement, demeurant à un niveau subliminal et inconscient. Mais l’un des paradigmes fondateurs du néo-libéralisme, est que la philosophie politique se résume à quelques principes assez simples. Ceux de la compétition sans règles entre individus, dont ne peut ressortir que le bien suprême. Le néo-libéralisme paie son attachement aux pensées magiques par un simplisme vis-à-vis du monde. Il n’est finalement pas nécessaire d’ingurgiter Kant, Smith (réduit à quelques citations de The wealth of nations sorties de leur contexte), Tocqueville ou Popper. L’alpha et l’oméga de la société humaine se résume à Game of Thrones, d’où d’ailleurs le succès de la série et la fascination qu’elle exerce.
La défense de la méritocratie n’a évidemment rien de choquant, étant au contraire l’une des conquêtes essentielles de l’ère moderne. Le néo-libéralisme l’invoque d’autant plus à loisir, qu’elle est une idée simple et de bon sens et qu’elle fut l’un des premiers buts du libéralisme politique. Il n’y a rien à objecter à la courte maxime «que le meilleur gagne !», car elle représente le juste équilibre entre les aspirations personnelles de chacun et l’accès collectif et démocratique à l’ascenseur social.


