Ce projet risque de piétiner les intérêts de la Russie
Par Andrew Korybko – Le 24 février 2018 – Source Oriental Review

Le président Serge Sargsian a déclaré lors de la conférence de Munich sur la sécurité le week-end dernier que son État enclavé, l’Arménie, s’efforçait de devenir la composante « terrestre » d’un ambitieux plan visant à relier la Mer Noire et le Golfe Persique par un corridor arménien de transit. C’est dans l’intérêt stratégique de son pays mais cela affecterait sans aucun doute la situation géopolitique dans cette région sensible. Pour commencer, cette initiative détournerait une partie du trafic du corridor de transport nord-sud multimodal entre la Russie et l’Inde en éliminant Bakou et Moscou de l’équation s’agissant de faciliter le commerce entre l’UE et l’Inde, en les remplaçant principalement par Erevan et Tbilissi. Cela ferait émerger sur les cartes un couloir secondaire à celui de la Mer Noire qui pourrait ensuite conduire jusqu’aux membres du bloc des Balkans.




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Peu importe que ce soit la « démocratie » des États-Unis qui serve de modèle à l’exportation ou tel modèle de gouvernement nationaliste spécifique renforçant les États non occidentaux, le concept théorique derrière ce système a été utilisé par les agences de renseignement militaires du monde entier comme une compétition, rencontrant plus ou moins de succès, pour changer ou maintenir le statu quo de l’« État profond ».
Une lecture superficielle de l’Opération Rameau d’olivier indique qu’il s’agit d’une guerre turco-kurde, mais les détails de la lutte ressemblent beaucoup plus à la guerre civile provoquée par Daech à ses débuts, et c’est exactement l’intention initiale d’Ankara et des YPG.
Les Kurdes syriens exploitent le fort sentiment patriotique à Damas pour provoquer les Syriens autour d’un dilemme : entrer en confrontation avec Ankara ou risquer d’être victimes d’accusations calomnieuses selon lesquelles il les aurait « vendus » aux Turcs. Toute cette manipulation est menée dans la grande intention stratégique d’inciter Moscou à intervenir diplomatiquement pour sauvegarder les rêves de « décentralisation » voulue par les YPD dans la région et de faire avancer discrètement la vision américano-israélienne d’un corridor kurde vers la mer.