L’ordre libéral fondé sur des règles a toujours été, en partie, une illusion, même s’il a séduit une grande partie du monde pendant un certain temps.
Par Alastair Crooke – Le 1e Novembre 2021 – Source Strategic Culture
Le célèbre « Long telegram » de George Kennan, envoyé de Moscou en 1946, était avant tout une analyse percutante des contradictions structurelles inhérentes au modèle soviétique, aboutissant à la conclusion analytique que l’URSS finirait par s’effondrer sous le poids de ses propres défauts. Ce texte a été écrit il y a un peu plus de soixante-dix ans.
D’autres ont tenté leur chance : quatre semaines seulement après l’inauguration de Biden, « The Longer Telegram » – un essai écrit par un ancien haut fonctionnaire anonyme, qui plaide en faveur d’une nouvelle stratégie américaine vis-à-vis de la Chine – a été publié et a reçu de nombreux éloges. L’original de Kennan, cependant, était une évaluation profonde de la façon dont l’Union soviétique fonctionnait (ou ne fonctionnait pas), et de laquelle avait découlé la prédiction de Kennan que le système soviétique finirait par imploser. Il suffisait d’être patient. Continuer la lecture
Confrontés à ce nouveau concept, né des théories monétaires de Milton Friedman, les banquiers centraux se sont tout d’abord montrés circonspects. Puis, devant le refus des gouvernements de ne pas accroître des déficits budgétaires déjà élevés pour enrailler la récession née de la crise des subprimes, ils s’y sont ralliés, puis y ont pris goût en raison du pouvoir qu’ils en tiraient au point de créer une situation économique et financière dont personne ne sait comment s’en sortir. Plusieurs personnes ont proposé des solutions dont Saule Omarova, future directrice du prestigieux Office of the Comptroller of the Currency, Mark Carney, ancien gouverneur de la Banque d’Angleterre, Michael Hudson, spécialiste des questions monétaires internationales, et Stéphanie Kelton, ancienne économiste en chef du Comité budgétaire du sénat. Avant d’étudier leurs propositions, examinons la politique monétaire des banques centrales ces dernières décennies et leurs conséquences sur l’économie pour cerner le problème.
S’il y a une chose qui est évidente pour tous, c’est que l’UE et l’OTAN tiennent un langage vis-à-vis de la Biélorussie et un autre vis-à-vis de la Russie. Par exemple, l’UE vient de décider d’imposer un cinquième train de sanctions à la Biélorussie, mais sa déclaration officielle ne mentionne pas du tout Aeroflot, la Russie ou Poutine. Bien sûr, les politiciens occidentaux font toutes sortes de bruits et de déclarations grandiloquentes sur Poutine et la Russie, mais ce ne sont que des paroles en l’air. Ils peuvent aboyer contre la Russie tant qu’ils veulent parce qu’ils savent que la Russie se moque éperdument du bruit, d’autant que les Russes comprennent parfaitement que l’Occident ne peut rien faire, même théoriquement, contre la Russie, car elle est tout simplement trop puissante.





