Si la résolution HJ.84, intitulée Autorisation d'utilisation de la force militaire contre l’extrémisme islamiste, en est le signe, Obama aurait raison de penser comme cela. Parrainée par le Républicain Scott Perry et coparrainé par les Républicains Matt Salmon et Cynthia Lummis, le projet de loi créerait une longue liste des «organisations qui soutiennent l'extrémisme islamiste» qui deviendraient des cibles autorisées, alors que beaucoup de ces organisations n’ont rien fait contre l'Amérique. C’est une loi complètement dingue. – Doug Bandow

Par Doug Bandow – Le 24 juin 2016 – Source Strategic Culture
Tout le monde sait que le Congrès n’est qu’une assemblée de lâches.
La Constitution a déposé le pouvoir de déclarer la guerre entre les mains de la branche législative. Cela ne signifie pas simplement prendre note du fait que le président a bombardé ou envahi une autre nation. C’est au Congrès de décider s’il y aura guerre ou pas. Le délégué à la Convention Constitutionnelle, James Wilson, avait expliqué : «Il ne sera pas dans le pouvoir d’un seul homme, ou d’un seul groupe d’hommes, de nous impliquer dans une telle détresse; pour cela, le pouvoir important de déclarer la guerre revient au corps législatif, au sens large.»





Ce message-là ne sera bien entendu jamais avoué explicitement, demeurant à un niveau subliminal et inconscient. Mais l’un des paradigmes fondateurs du néo-libéralisme, est que la philosophie politique se résume à quelques principes assez simples. Ceux de la compétition sans règles entre individus, dont ne peut ressortir que le bien suprême. Le néo-libéralisme paie son attachement aux pensées magiques par un simplisme vis-à-vis du monde. Il n’est finalement pas nécessaire d’ingurgiter Kant, Smith (réduit à quelques citations de The wealth of nations sorties de leur contexte), Tocqueville ou Popper. L’alpha et l’oméga de la société humaine se résume à Game of Thrones, d’où d’ailleurs le succès de la série et la fascination qu’elle exerce.
La défense de la méritocratie n’a évidemment rien de choquant, étant au contraire l’une des conquêtes essentielles de l’ère moderne. Le néo-libéralisme l’invoque d’autant plus à loisir, qu’elle est une idée simple et de bon sens et qu’elle fut l’un des premiers buts du libéralisme politique. Il n’y a rien à objecter à la courte maxime «que le meilleur gagne !», car elle représente le juste équilibre entre les aspirations personnelles de chacun et l’accès collectif et démocratique à l’ascenseur social.
