Le projet de loi sur de nouvelles sanctions anti-russes adopté au Sénat des USA le 15 juin dernier, par 98 voix contre 2, est une bombe ; il vise directement le pipeline Nord Stream 2, sous la mer Baltique, qui est appelé à doubler la capacité de livraison de gaz russe par Gazprom à l’UE.
Par Pepe Escobar – Le 1er juillet 2017 – Source Sputnik News via entelekheia.fr

Le pipeline de 9,5 milliards d’euros est financé par cinq compagnies : Uniper et Wintershall, d’Allemagne ; OMV, d’Autriche ; Engie, de France ; et l’anglo-néerlandaise Shell. Toutes ces entreprises opèrent en Russie et ont établi, ou vont établir des contrats avec Gazprom.
Dans une déclaration conjointe, le ministre des Affaires étrangères Sigmar Gabriel et le chancelier autrichien Christian Kern ont déclaré : « Les fournitures en énergie de l’Europe sont l’affaire des Européens, pas des États-Unis d’Amérique ; les instruments de sanctions politiques ne devraient pas être liés à des intérêts économiques » ; et toute cette affaire annonce une « nouvelle et très mauvaise qualité de relation Europe-Amérique ».
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À présent, la plupart d’entre vous avez entendu les dernières mauvaises nouvelles de Syrie : le 18 juin, un F/A-18 Super Hornet (1999) américain a utilisé un AIM-120 AMRAAM (1991) pour abattre un avion SU-22 (1970) syrien. Deux jours après, le 20 juin, un F-15E. L’excuse présentée chaque fois était qu’il y avait une menace sur les troupes des États-Unis et celles qu’ils soutiennent. La réalité est, évidemment, qu’ils essaient tout simplement de stopper l’avance de l’armée syrienne. C’était donc une « démonstration de force » américaine typique. Excepté que, bien sûr, abattre un chasseur bombardier SU-22 de 47 ans et datant de l’ère soviétique n’est pas un exploit vraiment impressionnant. Abattre un drone sans pilote ne l’est pas non plus. Il y a un schéma ici, cependant, et ce schéma est que toutes les actions américaines jusqu’à présent ont été exclusivement pour le spectacle : l’échec total du bombardement de la base aérienne syrienne, le bombardement de la colonne de l’armée syrienne, abattre le chasseur-bombardier syrien et le drone iranien – toutes ces actions n’ont aucune valeur militaire. Elles ont toutefois une valeur de provocation puisque chaque fois les yeux se tournent vers la Russie pour voir si elle va répondre ou non. 


