L’Ukraine se prépare à démobiliser

Par Petr Ivanchenko – Le 3 mars 2015 – Source: Fort Russ

La démobilisation sanglante de l’Ukraine

Le ministre ukrainien de la Défense, Stepan Poltorak, a annoncé la démobilisation de toutes les troupes punitives enrôlées depuis un an ou plus. Cette mesure concerne les réservistes rappelés au front comme les conscrits.

«Nous allons achever la formation des nouvelles recrues en mars et avril, pour qu’elles puissent remplacer ceux qui sont au front en ce moment», a déclaré Poltorak

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Polar en Russie : qui a assassiné Boris Nemtsov

Le 1er mars 2015 – Source Moon of Alabama

Ainsi, quelqu’un a tué Boris Nemtsov tandis que cet homme de 56 ans marchait aux côtés de sa top model ukrainienne de 22 ans [Anna Duritskaya] sur un pont de Moscou. On peut voir des images de vidéosurveillance de la scène du crime.

En tant que vice-premier ministre de Boris Eltsine, Nemtsov fut au moins partiellement responsable de la dégénérescence de l’économie russe en système mafieux. Tout le monde – à l’exception de certains oligarques et des néolibéraux occidentaux – était heureux lorsque lui et le gang d’Eltsine durent quitter le pouvoir.

Après son éviction du pouvoir et jusqu’à hier, Nemtsov était un opposant politique très marginal représentant environ 1% des suffrages. Les communistes, le véritable parti d’opposition en Russie, représentent environ 20% des voix. Personne au sein du gouvernement n’avait la moindre raison de se soucier de Nemtsov ou de le craindre.

L’ancien président soviétique Gorbatchev pointe du doigt ceux qui vont tirer avantage de la mort de Nemtsov : 

Sollicité sur le fait que les forces anti-russes à l’étranger pourraient exploiter ce crime pour servir leur propre agenda, il a fait valoir que cela allait se produire sans le moindre doute.

«Bien sûr, certaines forces vont essayer de tirer profit de ce crime pour réaliser leur propre agenda – ils se demandent tous comment se débarrasser de Poutine, n’est-ce pas ? Mais après tout, je ne pense pas que l’Occident ira aussi loin que cela, qu’il va utiliser ce crime pour atteindre ses propres fins. Cependant, c’était là sans aucun doute l’objectif des criminels qui ont assassiné Boris. a-t-il déclaré. Les crimes de cette nature sont perpétrés par des exécuteurs qui sont difficiles à trouver. Tous les efforts doivent être faits pour trouver les criminels, a déclaré l’ex-président.»

Gorbatchev regarde toujours l’Occident  à travers des lunettes roses. L’Occident ne recourrait jamais au crime pour atteindre ses objectifs ? C’est d’une naïveté risible.

Et que dire de tous ces hommes politiques d’opposition légitimes et populaires qui se font actuellement suicider en Ukraine ?

Alors, qui l’a donc tué ?

Quelqu’un qui est lié au top model? Quelqu’un qui fut touché durant les privatisations mafieuses qui furent réalisées sous le régime de Nemtsov ? Quelque oligarque ukrainien désireux de creuser plus avant le schisme entre l’Occident et la Russie ? Un gouvernement occidental quelconque complotant en vue de la déstabilisation de la Russie ?

Je n’en sais pas plus que vous.

Traduction : http://www.sayed7asan.blogspot.fr

 Voir également

Vladimir Poutine en 2012 : nos ennemis cherchent à fabriquer des martyrs pour déstabiliser la Russie (VOSTFR)

Rappel à l’Occident : La Russie est pacifiste mais elle a toujours vaincu ses agresseurs (VOSTFR)

Vladimir Poutine triomphe : Kiev vaincu par le Donbass malgré l’implication de l’OTAN (VOSTFR)

Les provocations contre la Russie, par Israel Shamir

Vladimir Poutine : l’ours de la Taïga russe se dresse face aux Etats-Unis – VOSTFR

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La débâcle de la dette de l’Ukraine

Le 27 février 2015 – Source Bloomberg

Ce sera difficile de reconstruire. PHOTO: GENYA SAVILOV/AFP/GETTY IMAGES

Alors même que son conflit avec les sécessionnistes soutenus par la Russie ne fait qu’empirer, le gouvernement ukrainien est confronté à une menace croissante sur le front économique: le fardeau de la dette souveraine est en train de devenir rapidement insupportable.

L’insurrection dans l’est a miné les finances du gouvernement ukrainien de deux façons, en plus des coûts directs liés à la guerre. Tout d’abord, en paralysant les régions industrielles qui représentaient 20% de la production du pays, elle a précipité ce dernier dans une profonde récession. Ensuite, le déclenchement de la fuite des capitaux provoquant logiquement la chute de la valeur de la devise ukrainienne, la hryvnia, a fini d’épuiser les finances d’un gouvernement dont la plus grande partie des dettes est libellée en dollars, gonflant les dettes [du fait de la chute de la hryvnia] à une valeur beaucoup plus importante en monnaie locale.

Voici un graphique montrant la charge des dettes du gouvernement ukrainien en obligations et en encours de prêts, représentée en pourcentage par rapport au produit intérieur brut, avec les dernières données ajustées au taux de change de la hryvnia le 26 février 2015 :

debt

Comme le montre le graphique, la dette du gouvernement ukrainien dépasse 100% du produit intérieur brut. C’est une hausse de près de 40% depuis le début de 2014, lorsque la Russie a procédé à l’annexion [référendaire, NdT] de la Crimée. C’est bien au-dessus de la barre des 70% que le Fond Monétaire International considère habituellement comme la limite du risque d’insolvabilité pour un pays émergent. Même si le gouvernement a finalement réussi à stabiliser son économie et ses coûts d’emprunt, il aura probablement des difficultés à réaliser indéfiniment un excédent budgétaire (hors service de la dette) d’environ 4% du PIB – un exploit sans précédent pour n’importe quel pays – juste pour empêcher le fardeau de cette dette d’empirer. [effet boule de neige, NdT]

Pour aggraver les choses, une très grande partie de la dette de l’Ukraine vient à échéance au cours des prochaines années. Le total des intérêts et des remboursements du capital jusqu’en 2017 devrait ajouter jusqu’à 27 milliards de dollars de dettes, éclipsant les 5 milliards de dollars en réserves de devises étrangères et même les 17,5 milliards de dollars que le FMI envisage de prêter au gouvernement. Voici la répartition du capital dû par année:

debt due

L’Ukraine envisage de demander un allègement à ses créanciers. La Russie, à qui l’Ukraine doit 3 milliards de dollars en décembre, pourrait refuser, laissant les pertes, pour l’essentiel, à la charge des détenteurs privés d’obligations, parmi lesquels le plus important est le gestionnaire d’actifs états-unien Franklin Templeton. Le Ministre des Finances du pays a récemment déclaré que le gouvernement devrait trouver plus de 15 milliards de dollars de concessions, un montant qui, selon les analystes de Goldman Sachs, pourrait réduire la valeur des obligations ukrainiennes de presque 50%. À en juger par la rapidité avec laquelle les finances du gouvernement sont en voie de détérioration, ce n’est peut-être que le début.

Traduit par Toma, relu par jj pour le Saker Francophone

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Un conseiller de Porochenko arrêté avant la marche à Moscou

Le 1er mars 2015 – Source Fort Russ

L’organisateur du massacre d’Odessa vient à Moscou pour rendre hommage à Nemtsov, il se fait arrêter

La veille de la marche de commémoration de l’assassinat du politicien Boris Nemtsov, la police a arrêté un député de la Verkhovna Rada, Aleksey Goncharenko, selon RIA Novosti.

Il pourrait être impliqué dans une affaire criminelle liée aux événements d’Odessa du 2 mai 2014 qui fait l’objet d’une enquête de la part du Comité d’enquête de Russie.

Le MVD moscovite a confirmé l’arrestation de Goncharenko. Il sera remis aux personnes chargées de l’enquête. Selon Interfax, la cause exacte de son arrestation n’a pas été rendue publique.

Le 2 mai 2014, les nationalistes du Secteur droit et leurs partisans ont attaqué le camp anti-Maidan situé sur le Kulikovo Polé, puis ils ont mis le feu à la Maison des syndicats où les manifestants s’étaient réfugiés. Quarante-huit personnes ont péri, plus de deux cent ont été blessées; ceux qui ont réussi à échapper au feu ont été cruellement battus par les nationalistes. L’enquête ukrainienne n’a pas identifié les coupables, même si elle a reconnu que le massacre avait été planifié. Cependant, aucun nationaliste n’a été arrêté.

Goncharenko à Moscou avant son arrestation

Commentaire de J. Hawk (traducteur du russe à l’anglais):

Ce n’est pas la première fois qu’un député de la Rada est détenu dans le cadre d’une enquête criminelle – Savchenko est également un député de la Rada, et il ne semble pas qu’il ait la moindre chance d’être remis en liberté. Il est encore beaucoup plus important de résoudre l’affaire d‘Odessa. Nous verrons bientôt si Goncharenko aura le privilège de bénéficier d’un séjour prolongé en Russie.

Traduit de l’anglais par Dominique, relu par jj pour le Saker Francophone

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Les US veulent armer les Forces ukrainiennes: A qui cela profiterait-il réellement?

Glenn Greenwald

 – L

Clapper - USAIl est facile d’oublier qu’il y a seulement deux ans, le président Obama était déterminé à bombarder la Syrie et à éradiquer le régime d’Assad, et que les institutions de l’establishment américains travaillaient à jeter les bases de cette campagne. NPR (National Public Radio) a alors commencé à publier consciencieusement les rapports de responsables américains anonymes selon lesquels la Syrie avait stocké de grandes quantités d’armes chimiques; le NYT signalait qu’Obama augmentait l’aide aux rebelles et redoublait d’efforts pour rallier une coalition de pays qui voulaient comme lui renverser Assad; le Secrétaire d’État John Kerry affirmait que la destitution d’Assad était «une question de sécurité nationale… et une question de crédibilité pour les États-Unis d’Amérique.»

Ceux qui s’opposaient à la campagne de bombardement anti-Assad pour le changement de régime ont fait valoir que si une partie de la rébellion était composée de Syriens ordinaires, les rebelles que les Etats-Unis voulaient armer et faire monter en puissance (c’est-à-dire, les seuls combattants anti-Assad efficaces) étaient en réalité de violents extrémistes et même des terroristes alignés sur al-Qaida et pire. Ceux qui disaient cela étaient invariablement accusés d’être des apologistes d’Assad parce qu’il se trouvait qu’Assad utilisait le même argument: à savoir que les combattants qui lui donnaient le plus de mal étaient les djihadistes et les terroristes.

Mais, à Washington, cet argument est rapidement passé d’argument tabou à argument plein de sagesse quand il est devenu nécessaire de justifier l’engagement américain en Syrie. Les États-Unis sont maintenant en train de bombarder la Syrie, bien sûr, mais ils ne se battent plus contre Assad, le dictateur syrien est (une fois de plus) l’allié et le partenaire de l’Amérique. L’argument utilisé pour justifier la campagne de bombardements étasunienne est le même que celui qu’Assad invoquait depuis longtemps: à savoir que ceux qui se battent contre lui sont pires que lui parce qu’ils sont alignés sur al-Qaida et ISIS (même si les États-Unis ont financé et armé ces factions pendant des années et que leurs alliés les plus proches dans la région continuent de le faire).

Une dynamique similaire est à l’œuvre en Russie et en Ukraine. Hier, James Clapper, haut responsable de la sécurité nationale d’Obama et directeur du renseignement national, a déclaré à un comité du Sénat «qu’il soutenait l’armement des forces ukrainiennes contre les séparatistes russes soutenus par la Russie», selon le Washington Post. Les États-Unis ont déjà fourni une aide non létale aux forces ukrainiennes, et Obama a dit qu’il envisageait maintenant de les armer. A qui, exactement, cela donnerait-il plus de puissance?

Le président russe Vladimir Poutine dit depuis le coup d’État ukrainien de l’année dernière que le régime qui lui a succédé à Kiev est dirigé par des ultra-nationalistes, fascistes, et même des factions néo-nazies. La chaîne de télévision russe RT parle également souvent du «rôle actif que des groupes d’extrême-droite jouent dans le camp pro-gouvernemental en Ukraine depuis le coup de force de l’année dernière.»

Et de ce fait, quelqu’un qui souligne qu’armer le régime de Kiev renforcerait les fascistes et les néo-nazis est immédiatement accusé de défendre Poutine: exactement comme ceux qui disaient que les meilleurs combattants anti-Assad étaient affiliés à al-Qaida avaient été accusés de défendre Assad (jusqu’à ce que ce soit devenu la position officielle du gouvernement des États-Unis). Les médias américains décrivent invariablement le conflit ukrainien comme le noble combat des démocrates pro-occidentaux épris de liberté de Kiev contre les violents oppresseurs séparatistes de l’Est soutenus par la Russie.

Mais comme ce fut le cas en Syrie, alors qu’une partie des gens impliqués dans le coup d’État ukrainien étaient des Ukrainiens ordinaires luttant contre un régime corrompu et oppressif, les allégations concernant les voyous fascistes qui se battent pour le gouvernement de Kiev sont absolument exactes. Dans un article de Foreign Policy qu’il a écrit dans l’est de l’Ukraine en août dernier, Alec Luhn observe:

Les forces pro-russes ont dit qu’elles se battaient contre des nationalistes ukrainiens et des fascistes et dans le cas d’Azov et d’autres bataillons, ces affirmations sont globalement exactes… Le Bataillon Azov, dont l’emblème comprend également le Soleil noir, symbole occulte utilisé par les SS nazis, a été fondé par Andriy Biletsky, le chef des groupes néo-nazis Assemblée nationale-socialiste et Patriotes d’Ukraine.

En septembre, après avoir passé du temps avec les forces pro-Kiev d’Azov, Shaun Walker les a qualifiées dans un article du Guardian de «force la plus puissante et la plus sûre de l’Ukraine sur le champ de bataille contre les séparatistes». Bien que rejetant comme exagérées les craintes russes que ces groupes aient l’intention de procéder au nettoyage ethnique de toute l’Ukraine, Walker a reconnu le «penchant vers l’extrême droite et même le néo-nazisme de plusieurs de ses membres, et a noté que Amnesty International a appelé le gouvernement ukrainien à enquêter sur les violations des droits et les éventuelles exécutions sommaires commises par Aidar, un autre bataillon.» Ce qui inquiétait le plus Walker était que ces milices fascistes avaient l’intention, une fois les séparatistes vaincus, de prendre le contrôle de Kiev et d’imposer leur vision ultra-nationaliste à l’ensemble du pays.

Après le coup d’État à Kiev, les médias étasuniens grand public ont préféré ignorer la nature gênante des forces pro-gouvernementales, et seuls de rares commentateurs en ont fait état. En janvier de l’année dernière, pendant le coup d’État, Seumas Milne, du Guardian, a indiqué que le récit moralisant de l’Ouest sur l’Ukraine – les combattants-de-la-démocratie-versus-les-oppresseurs-de-Poutine – «n’avait qu’un rapport lointain avec la réalité et que, au contraire, les nationalistes d’extrême droite et les fascistes étaient au cœur des manifestations et des attaques contre des bâtiments gouvernementaux». La chaîne 4 anglaise a montré le rôle central joué par les ultra-nationalistes d’extrême droite dans le coup d’État, et noté que le sénateur John McCain s’était rendu dans la capitale ukrainienne (photo ci-dessus) et avait partagé la scène avec les pires éléments fascistes. Justin Raimondo de Antiwar.com signale depuis longtemps «l’ascension d’un mouvement de masse profondément fasciste dans les couloirs du pouvoir à Kiev, notant que, loin de ne représenter qu’une poignée d’éléments asociaux, les militants des deux principaux partis fascistes en Ukraine – Svoboda et Secteur droit – fournissaient le gros des forces dont les insurgés avaient besoin pour prendre les bâtiments du gouvernement à Kiev et dans l’Ukraine de l’Ouest».

Ces faits sont devenu si flagrants que même les organisations les plus conventionnelles de l’Ouest sont maintenant obligées de les noter. La semaine dernière, Vox a publié un article d’Amanda Taub sur «environ 30 des armées privées qui se battent dans le camp ukrainien, dont les combattants sont accusés de violations graves des droits humains, comme les enlèvements, la torture et les exécutions extrajudiciaires». Tout en affirmant que ces milices opèrent en grande partie séparément du gouvernement central de Kiev, Taub note néanmoins qu’elles ont pris une place centrale dans la lutte contre les séparatistes, et reconnaît clairement que les officiels de Kiev les utilisent:

Les milices ont également accru leur pouvoir du fait que le gouvernement ukrainien, dirigé par le nouveau président Petro Porochenko, leur a donné des amis hauts placés. Par exemple, Arsen Avakov, le ministre de l’Intérieur de Porochenko, était auparavant le chef du bloc politique de l’ancienne Première ministre Ioulia Timochenko en Ukraine orientale. Il a conclu une alliance de longue date avec les membres du Bataillon Azov, une organisation d’extrême-droite dont les membres sont connus pour promouvoir l’anti-sémitisme et les opinions néo-nazies. Avakov a utilisé sa position pour soutenir le groupe, allant jusqu’à nommer Vadim Troyan, un adjoint d’Azov, chef de la police de toute la région de Kiev. Et le leader d’Azov, Andriy Biletsky, est maintenant aussi membre du parlement.

Et The Intercept a publié hier un reportage de Marcin Mamon sur l’aide que les djihadistes apportent au gouvernement de Kiev dans le conflit.

La propagande médiatique américaine a non seulement cherché à glorifier le régime de Kiev en ignorant tous ces éléments, mais a aussi activement diabolisé les séparatistes en les faisant passer pour des pions contrôlés par Poutine. En fait, comme Max Seddon de BuzzFeed l’explique dans un excellent article écrit depuis un bastion séparatiste d’Ukraine orientale, ceux qui luttent contre Kiev ont de nombreux griefs importants contre le gouvernement ukrainien, mais ceux-ci n’ont rien à voir avec l’agenda de Poutine dans la région, notamment sa violence contre les civils et son mépris ancré pour les résidents de l’Est:

Dans les zones mêmes que l’Ukraine voudrait reprendre, les bombardements presque incessants de l’artillerie et le terrible blocus économique ont amené les positions à un point de non-retour. Presque chaque jour, des bombardements ôtent la vie à des civils: la mère, le mari, l’enfant de quelqu’un. Et chaque jour, la perspective d’une réconciliation entre les millions de citoyens ukrainiens ici et le gouvernement ukrainien semble plus lointaine.

Nous sommes dont bien en présence d’un nouveau cas où le gouvernement américain – comme toujours suivi de près par ses médias – fabrique une narrative morale manichéenne pour justifier l’intervention des États-Unis et son militarisme. Tout comme les États-Unis ont passé des années à financer et armer ces mêmes éléments extrémistes qu’ils prétendent maintenant vouloir combattre – en Libye, en Syrie et bien avant encore en Afghanistan – armer les forces ukrainiennes ferait monter en puissance une horde monstrueuse de fascistes et de sympathisants nazis purs et durs. Le coup d’État lui-même, que le gouvernement américain a soutenu, a presque certainement eu ce même effet.

La démarche étasunienne consistant à accroître le pouvoir de ces voyous constitue-t-elle un pattern ou un bug ? Il n’est pas rare de voir les États-Unis armer et soutenir des fascistes et autres tyrans du même genre en toute connaissance de cause s’ils pensent que cela servira leurs intérêts (voir l’article de David Ignatius de ce matin qui dit que le dictateur égyptien, le général Abdel Fata Sisi ne vaut pas mieux que Moubarak en ce qui concerne les violations des droits humains, mais que les États-Unis doivent continuer à le soutenir fermement pour qu’il préserve la stabilité). Mais au moins, quand les Etats-Unis couchent avec des régimes comme les Saoudiens ou les Égyptiens, la plupart des gens savent quel genre d’alliés ils embrassent. Dans le cas de l’Ukraine, ces faits ont été presque entièrement exclus du discours dominant. Maintenant qu’un des hauts-responsables de la sécurité nationale d’Obama appelle expressément à armer ces forces, il est essentiel que la vraie nature des alliés de l’Amérique dans ce conflit soit bien comprise.

Glenn Greenwald 

Traduit par Dominique Muselet pour le Saker Francophone

 

 

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Nemtsov est un Boeing malaisien écrasé contre les murs du Kremlin

Par Mikhail Delyagin – Le 28 février 2015 – Source Fort Russ

Hello, chers amis,

Il est 3 heures du matin, donc je ne serai peut-être pas très cohérent.

Il y a trois heures et dix-sept minutes, une bonne personne et un très mauvais politicien, pas un politicien intelligent, Boris Nemtsov, a été assassiné.

J’ai été son son conseiller pendant un an et demi [lorsque Nemtsov était vice-Premier ministre de Russie dans le gouvernement Eltsine, qui a conduit le pays à la faillite et à une grave crise dans les années 1990 après les réformes libérales, Note de Kristina Rus] et, un jour avant le défaut de paiement, j’ai été viré, pas par sa faute, il a même essayé de me soutenir.

Ce qui est arrivé aujourd’hui est un sacrifice classique. Nemtsov ne comprenait pas à quoi il servait et où il était conduit. A mon avis, il n’a en tout cas pas compris ce qu’il lui arrivait.

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Les magasins de Kiev commencent à limiter la vente des aliments

Le 27 février 2015 – Source Fort Russ

Premières mesures de rationnement alimentaire à Kiev

De nombreux supermarchés de Kiev ont introduit des restrictions sur la quantité de produits alimentaires qui peuvent être achetés par un seul individu.

Le prix des produits dits de première nécessité [pour les groupes sociaux les plus démunis] a augmenté au cours des dernières semaines et les commerçants introduisent des restrictions sur les achats.

Ces restrictions ont déjà été mises en place par plusieurs supermarchés.

Une seule personne ne peut acheter en une seule fois que :

— 2 bouteilles d’huile de tournesol
— 2 paquets de sarrasin
— 3 à 5 Kg de farine (selon le magasin)
— 3 à 5 Kg de sucre (selon le magasin)

Beaucoup de chaînes de magasins ont affiché des annonces sur la nature des restrictions.

Il n’y a pas de limites sur le pain, les pommes de terre, le lait ou les produits carnés. Mais la variété des produits de ces catégories a considérablement diminué récemment.

L’Ukraine connaît également une croissance rapide des prix des denrées alimentaires et de l’essence. La Surveillance des prix a noté une augmentation des prix des légumes de 13 à 18 %, du pain et des pâtes de 3 à 5 %, du sucre de 2%, et du carburant de 18 %.

Commentaire de J. Hawk (Traducteur du russe à l’anglais):

Ce genre de chose mérite un examen approfondi.

Rien n’a plus de chance de faire sortir des millions de personnes dans les rues pour protester contre le gouvernement que le prix élevé des aliments et, plus encore, la pénurie alimentaire. Nous verrons bientôt si c’est un problème temporaire provoqué par la chute de la hryvnia et les achats de panique qui s’en sont suivis, ou si c’est le signe avant-coureur de problèmes plus graves.

Du point de vue politique, c’est la raison (pas une raison, mais LA raison), d’après moi, pour laquelle Kiev ne reprendra pas les combats de sitôt. Les crédits du FMI sont maintenant une question de vie ou de mort pour Kiev, et le FMI n’aime pas verser de l’argent à des pays qui minent leur propre solvabilité en menant des guerres civiles.

Ce qui ne veut pas dire qu’il y aura la paix.

Traduit par Dominique, relu par jj pour le Saker Francophone

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En Italie:
L’ambassadeur d’Ukraine veut qu’une ville débaptise la place dédiée aux «Victimes d’Odessa»

Le 27 février 2015 – Source  Saker Italien

La décision de Ceriano Laghetto (une petite ville à 30 km de Milan) de dédier une de ses places aux « victimes d’Odessa » s’est transformée en événement d’envergure nationale.

Comme on peut le lire dans le compte-rendu des délibérations communales, ce nom réunit la mémoire de deux événements: le massacre de juifs par les nazis allemands pendant la Deuxième Guerre mondiale et la tragédie d’Odessa en mai de l’année dernière.

La réaction de l’ambassadeur d’Ukraine a été immédiate: «Nous avons l’intention de nous référer aux autorités italiennes et à la préfecture de la province», a déclaré l’ambassadeur ukrainien Yevgeny Perelygin dans une interview à Monza Today.

«Les autorités locales ont tenté de comparer les crimes nazis contre les juifs d’Odessa en 1941 aux tragiques événements de mai 2014. Une telle comparaison est totalement injuste: dans le premier cas, il s’agissait d’extermination sur une base ethnique, alors que la tragédie de l’an dernier a été causée par des affrontements entre groupes de manifestants, aggravés par l’activité de provocateurs, sur lesquels la police poursuit son enquête.[Qui n’a toujours pas commencé, Note du Saker Fr]»

Selon l’ambassadeur, la décision des autorités de Ceriano Laghetto peut aussi être interprétée comme diffamatoire à l’égard de l’État ukrainien. «Les enquêtes préliminaires révèlent l’implication de citoyens russes dans la tragédie, dit Perelygin, et nous attendons des éclaircissements sur ce qui s’est passé; mais vous devez attendre la décision de la justice.[Attendons!, Note du Saker Fr]»

Perelygin s’est aussi lamenté: «Un des suspects, le chef adjoint de la police d’Odessa, Dmitry Fucheji, qui pourrait être impliqué dans la préparation de cette tragédie, se cache en territoire russe. La Russie a refusé de l’extrader et de le transférer à la SBU, ce qui jette le doute sur l’honnêteté des déclarations des autorités russes.»

Selon l’ambassadeur, la décision des autorités de Ceriano Laghetto a été manipulée par des forces politiques favorables à la politique russe. Comme l’a noté le représentant officiel de l’Ukraine, le site web de la commune utilise de manière répétée l’expression gouvernement autoproclamé de Kiev, ce qui contredit la position officielle de l’Italie et les intérêts de la communauté mondiale.

«Non seulement le gouvernement italien maintient des relations officielles avec le gouvernement ukrainien, mais il fait des efforts pour le soutenir dans les moments difficiles de l’agression militaire et propagandiste menée par la Fédération de Russie. Par conséquent, je n’arrive pas à comprendre comment, dans une ville italienne, on peut commettre un acte allant à l’encontre de la ligne politique officielle du gouvernement.» Voilà ce qu’a ajouté le diplomate, selon ce qu’a rapporté le journal local.

Perelygin croit que le maire et l’administration municipale ne connaissent pas les véritables causes de la tragédie d’Odessa, ce qui expliquerait la décision de nommer la place Victimes d’Odessa. Toujours selon l’ambassadeur, après une clarification avec les autorités de la ville, la communauté locale devra revoir sa décision et changer le nom de la place.

Les lecteurs du journal qui a publié cette interview ont laissé des commentaires sur un mode légèrement plus émotionnel.

«Massimo: Je n’arrive pas à le croire. Face aux images si évidentes, ces pseudo-politiciens ukrainiens continuent à insinuer que l’ennemi russe est derrière un massacre aussi ignoble. Quelle honte !!! Connaissant le niveau de désinformation des politiciens italiens, l’ambassadeur pourrait aussi réussir dans ses intentions scabreuses. Rappelez-vous bien, pourtant, que sera à Odessa de ne pas oublier, et là, ils ont les idées claires sur ce qu’a été le Maïdan !!!»

«Christian: Que l’indécent ambassadeur ukronazi, le pèlerin Yevhen Perelygin, fasse l’ambassadeur et ne casse pas les couilles à l’Italie. Nous, nous pensons aux routes italiennes. Donc honneur au maire et aux conseillers de la commune de Ceriano Laghetto.»

«Roberto: Que l’ambassadeur d’Ukraine s’en retourne simplement à Kiev, dans sa petite maison, avec ses semblables ! (Avec tout le respect pour les Ukrainiens impliqués dans cette vague de nazisme et qui voudraient seulement vivre en paix.)»

«Lina: Eh bien, maintenant les Ukrainiens aussi doivent dire aux Italiens ce que nous pouvons et ce que nous ne pouvons pas faire dans notre pays. Si l’Italie ne vous plaît pas – faites vos valises, fermez l’ambassade et retournez en Ukraine chez vos nazis

«Christian: J’estime que c’est une honte qu’un ambassadeur soit gêné par le fait qu’une place a été dédiée à des « citoyens d’Odessa brûlés vifs ». Les citoyens d’Odessa sont aussi des citoyens ukrainiens, oui ou non ? Ils sont aussi représentés par M. l’ambassadeur, ou non ? Ou bien, selon l’ambassadeur, ils devaient brûler vifs à Odessa et c’est vraiment dommage que quelqu’un dans le monde l’ait rappelé?»

Article paru sur Nation-News.ru le 4 février 2015

Traduit par  M.B. pour le Saker Italien

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Iatseniouk éploré sur FOX News, Poutine en Doctor Evil?

Le 25 février 2105 – source – Russia Insider

Le Premier ministre de l’Ukraine tente de manipuler l’opinion publique américaine avec des envolées lyriques à bon marché

http://youtu.be/6nD1E9A36EE

dr_evil_putin

Poutine est certainement un nouveau Dr Evil

Dans une interview accordée à Fox News, Iatseniouk a fait un appel aux USA, leur demandant d’une part d’aider l’Ukraine en lui vendant des armes, et en l’invitant d’autre part à combattre la Russie avec lui.

La chaîne Fox News parvient une fois de plus à se mettre dans l’embarras elle-même en présentant cet appel manipulateur et pathétique afin d’orienter l’opinion publique états-unienne vers toujours plus de confrontation avec la Russie.

Dans l’interview, Iatseniouk semble désespéré et très stressé. Peut-être parce qu’il se sent trahi par les États-Unis et l’Europe?

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SITREP du 24 février 2015

Par le Saker Original – Le 24 février 2015 – Source vineyardsaker

La situation sur la ligne de contact est généralement calme. Les forces novorusses retirent leurs armes lourdes selon le calendrier prévu, tandis que, selon presque tous les rapports, les forces de la junte ne le font pas, ou pas beaucoup. L’excuse pour ces retards, est que les conditions nécessaires ne sont pas remplies. La vérité est que Porochenko a très peu de contrôle sur les diverses forces armées, là est le problème. Apparemment, les forces armées régulières lui obéissent plus ou moins, et puisque ce sont les plus lourdement armées, il y a un certain espoir qu’elles finissent par se retirer. Les différents escadrons de la mort (des bataillons de volontaires, la garde nationale, etc.) vont probablement résister autant que possible, mais comme ils n’ont pas une grande puissance de feu, ce n’est probablement pas un obstacle majeur à l’heure actuelle.

Il y a aussi une possibilité très réelle que Porochenko puisse lui-même empêcher ce retrait. Le problème n’est pas dans le retrait des armes lourdes par elles-mêmes (la junte sait que les novorusses n’attaqueront pas) mais, après avoir réalisé ce point de l’accord de Minsk 2.0, la junte devra se soumettre au point suivant de la liste et c’est tout simplement quelque chose que les nazis de Kiev ne peuvent pas faire. Mon intuition est que tout ce discours sur l’envoi de soldats de la paix n’a qu’un seul but: arrêter la mise en œuvre de l’accord d’une manière qui ne puisse pas être imputée à Kiev. De toute évidence, l’accord a asséné un coup terrible à la position de la junte en la forçant à faire quelque chose qu’elle ne peut pas faire: négocier et travailler avec la résistance novorusse. Je n’ai aucun doute que Porochenko veut se dégager de l’accord, mais son problème est de le faire sans en endosser la responsabilité. D’où l’atermoiement concernant un retrait, par ailleurs assez simple, et toutes ces discussions sur les soldats de la paix.

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