Par Caitlin Johnstone – Le 16 juin 2023
Il est indéniable que la civilisation occidentale est saturée de propagande à usage domestique visant à manipuler la façon dont le public pense, agit, travaille, achète et vote. Des employés des médias ont témoigné du fait qu’ils subissent une pression constante pour diffuser des récits favorables au statu quo politique de l’empire américain. Les gestionnaires de l’empire ont publiquement reconnu qu’ils avaient tout intérêt à manipuler la pensée publique. L’observation à l’œil nu de la manière dont les médias soutiennent systématiquement toutes les guerres américaines, se rallient à l’objectif de politique étrangère américain du jour et font preuve d’un parti pris écrasant contre les gouvernements ciblés par l’empire, montre clairement que c’est ce qui se passe si l’on fait preuve d’un minimum d’esprit critique.
Nier que ces manipulations à grande échelle ont un effet sur vous est aussi absurde que de nier que la publicité – une industrie de près de mille milliards de dollars – a un effet sur vous. Il s’agit simplement d’un fait gênant : même si nous aimons nous considérer comme des agents souverains libres de penser et à l’abri de toute influence extérieure, l’esprit humain est tout à fait piratable. Les manipulateurs le savent, et la science de la propagande moderne, qui progresse depuis plus d’un siècle, le comprend avec une lucidité aiguë.
Par
Si quelqu’un, loin dans le futur, décide de « chercher la cause immédiate qui a amené une si grande guerre« , il découvrira que « la véritable raison, vraie mais non reconnue […] était la croissance de la puissance d’un côté et la peur de l’autre côté« . Les belligérants dont on parle ici ne sont pas les Américains et les Russes, et l’auteur n’est pas un analyste en géopolitique contemporaine. Il s’agit de Thucydide, qui évoque la guerre du Péloponnèse de 431 à 404 av. En expliquant le déclenchement des hostilités entre Athènes et Sparte, il ne mentionne aucun motif moral, ni aucune notion de défense de valeurs ou de principes. Le conflit est décrit comme non idéologique, né d’un simple déséquilibre de pouvoir.
Le récent sommet du G7 doit être compris comme, premièrement, la mise en place d’un espace de combat dans la « guerre des récits » dont le principal « front » est aujourd’hui l’insistance de l’équipe Biden sur le fait qu’une seule « réalité » – l’idéologie des « règles » dirigée par les États-Unis (et elle seule) – peut prédominer. Et, deuxièmement, pour souligner avec insistance que l’Occident « ne perd pas » dans cette guerre contre l’autre « réalité » . Cette autre réalité est l’« altérité » multipolaire qui, de toute évidence, attire de plus en plus de soutiens dans le monde.
Le président américain Joe Biden (à droite) rencontre le secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg à la Maison Blanche le 13 juin 2023.