Par Thomas Fazi − Le 18 janvier 2025 − Source Unherd
En tant que commissaire européen au marché intérieur, Thierry Breton s’est souvent présenté comme un champion de la souveraineté européenne, en particulier dans ses efforts pour contester la domination des géants américains de la technologie, tels que X d’Elon Musk. Cependant, beaucoup d’entre nous soupçonnaient que sa rhétorique avait moins à voir avec la défense de l’autonomie de l’Europe qu’avec un désir de contrôler le narratif. C’est ce qui ressort de la mise en œuvre de la loi sur les services numériques (DSA), un outil qui accorde effectivement aux élites de l’UE le pouvoir de dicter ce que des centaines de millions d’Européens peuvent ou ne peuvent pas dire et lire en ligne, sous prétexte de lutter contre la désinformation.

Maike Gosch : Cher Thomas, pourriez-vous commencer par nous parler un peu de vous et de votre parcours ?
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L’anxiété et la colère concernant l’avenir de l’Union européenne augmentent depuis un certain temps. L’Union est en proie à une crise de plus en plus grave – ou plutôt à plusieurs crises de plus en plus graves : une crise du coût de la vie, une crise du logement, une crise migratoire, une crise de la croissance lente et, surtout, une crise politique. Elle est confrontée à un défi de taille : l’extrême droite, qui progresse dans les sondages dans de nombreux pays de l’UE, menace de mettre à mal la fragile cohésion de l’Union et les « valeurs libérales ».
Le 1er septembre, nous avons commémoré le début de la Seconde Guerre mondiale il y a 85 ans, avec l’attaque de la Pologne par l’Allemagne nazie. Cette guerre est devenue la guerre la plus cruelle et la plus sanglante de l’histoire moderne, qui a coûté la vie à environ 75 millions de personnes et causé d’incommensurables souffrances et des destructions inimaginables. Comme la Première Guerre mondiale, cette guerre a également commencé sur le sol européen et s’est progressivement étendue au monde entier. On pourrait espérer que nous, Européens – et en particulier Allemands –, appliquions dans ce contexte une politique de paix stricte, conforme à la Charte des Nations Unies, établie après les deux guerres mondiales, par sens des responsabilités qui en découlent. Malheureusement, ce n’est pas le cas !
Selon votre position politique, vous allez considérer la poussée de la droite populiste au Parlement européen comme une grave menace pour la démocratie, ou comme une victoire éclatante de celle-ci – et un grand pas en avant dans la « reprise en main » de l’oligarchie bruxelloise. Mais les deux positions sont erronées. En réalité, malgré l’hystérie d’hier, aggravée par la décision de Macron de dissoudre le Parlement et de convoquer des élections anticipés, l’impact de celle-ci ne sera pas aussi important que les gens le craignent ou l’espèrent.
Depuis son ignominieuse défaite lors des guerres napoléoniennes, la France se trouve dans la situation difficile des pays pris en sandwich entre deux grandes puissances. Après la Seconde Guerre mondiale, la France a remédié à cette situation en formant un axe avec l’Allemagne en Europe.