Le 23 octobre 2021 – Source Peter Turchin
Almuzara est sur le point de publier une traduction espagnole de mon livre Historical Dynamics. Lorsqu’ils m’ont demandé un avant-propos pour l’édition espagnole, j’ai réalisé que cela faisait déjà 20 ans que j’avais écrit Historical Dynamics. Cet avant-propos est donc une sorte de rétrospective.
Avant-propos de l’édition espagnole de Historical Dynamics
Historical Dynamics (HD) a été mon premier ouvrage majeur dans le nouveau domaine de la cliodynamique. En fait, c’est dans le dernier chapitre de HD que j’ai proposé d’appeler cette nouvelle discipline d’après Clio (la muse de l’Histoire) et la dynamique (la science du changement). J’ai écrit la majeure partie de HD il y a 20 ans et c’est le bon moment pour regarder ce qui s’est passé depuis. Ainsi, une demande de l’éditeur espagnol de HD pour une préface à sa prochaine traduction est tombée sur un sol fertile.



Pendant la période précédant l’invasion de l’Irak, en 2003, Washington proclamait au monde entier que l’Irak était en possession d’armes de destruction massive. Bien que l’administration Bush ne disposait d’aucune preuve réelle pour étayer cette affirmation, cela ne fut pas un obstacle à la poursuite du plan d’action souhaité. Les preuves nécessaires ont été inventées, et les preuves contradictoires ont été autoritairement reboutées. L’exemple suivant est instructif. José Bustani, le directeur fondateur de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), s’efforçait à l’époque de faire accepter l’Irak comme membre de l’OIAC, car cela aurait permis des inspections approfondies, et Bustani s’attendait pleinement à ce que ces inspections confirment ce que ses propres experts en armes chimiques lui avaient déjà dit, à savoir que toutes les armes chimiques de l’Irak avaient déjà été détruites, dans les années 1990 après la guerre du Golfe. La réponse de l’administration Bush à Bustani a été rapide : John Bolton, alors sous-secrétaire d’État, lui a donné vingt-quatre heures
« Je suis en colère. Je suis en colère que tant de gens refusent d’ouvrir les yeux sur ce qui se passe aujourd’hui en France, et dans le monde entier ». Elle ajoute : « Je suis vraiment passionnée par ce sujet : Je pense que vous ressentez cette passion ».
La réaction démesurée de l’Union européenne à la loi hongroise sur la « propagande anti-LGBTQ » montre bien que Bruxelles est en train de perdre le contrôle de la périphérie de l’Europe. C’est aussi un signe que les choses ont atteint un point de non-retour.
