Par Moon of Alabama – Le 31 mai 2025
Le président américain joue l’une de ses habituelles comédie :
Donald J. Trump @realDonaldTrump – 30 mai 2025, 12 h 09 UTC
J’ai conclu un ACCORD RAPIDE avec la Chine afin de la sauver de ce que je pensais être une situation très grave, et je ne voulais pas que cela se produise. Grâce à cet accord, tout s’est rapidement stabilisé et la Chine a repris ses activités habituelles. Tout le monde était content ! C’est la bonne nouvelle !!! La mauvaise nouvelle, c’est que la Chine, ce qui n’est peut-être pas surprenant pour certains, A TOTALEMENT VIOLÉ SON ACCORD AVEC LES ÉTATS-UNIS. Tant pis pour M. GENTIL !
Le point de vue de Trump est bien sûr absurde. Mais pour s’en rendre compte, il faut prendre un peu de recul.
Les États-Unis et la Chine sont en guerre froide, pas en guerre commerciale. C’est quelque chose de beaucoup plus important que les droits de douane et les déficits commerciaux. C’est beaucoup plus gros que Taiwan ou les semi-conducteurs. Et cela a commencé bien avant Trump ou Xi. Les États-Unis et la Chine sont enfermés dans un concours mondial de pouvoir qui se joue à tous les niveaux : économique, technologique, militaire, cyber, soft power, prestige mondial. Les deux parties recherchent n’importe quel outil, n’importe quelle arme, n’importe quel levier qu’elles pourraient utiliser contre l’autre, avant toute action militaire directe.
Trump se retrouve manifestement au cœur d’un conflit existentiel. Il dispose d’un mandat énorme. Mais il est entouré d’un front ennemi intérieur résolu, dont la forme est une « préoccupation industrielle » imprégnée de l’idéologie de l’État profond centrée principalement sur la préservation de la puissance mondiale des États-Unis (plutôt que sur le redressement de l’économie).
La rencontre d’hier [17 avril, NdT] entre Trump et la première ministre italienne, Giorgia Meloni, était très attendue. Il s’agissait de la première rencontre entre un dirigeant européen et le président américain depuis que ce dernier a annoncé la semaine dernière des droits de douane de 20 % sur tous les produits de l’UE, droits qui ont ensuite été suspendus et ramenés à 10 % pendant 90 jours. La visite de Meloni a été largement considérée comme une démarche stratégique visant à tirer parti de son alignement idéologique et de ses relations personnelles avec Trump, qu’elle avait déjà rencontré à Mar-a-Lago et à l’investiture duquel elle a assisté en tant que seule dirigeante de l’UE présente. Son objectif était clair : convaincre Trump de revoir sa position en matière de droits de douane à l’égard de l’UE, ou du moins de l’Italie.
Au cours des deux dernières semaines, Trump a lancé un boulet de démolition sur l’économie mondiale en annonçant des tarifs douaniers radicaux envers des dizaines de pays. Ce mouvement brusque a fait chuter les marchés boursiers aux États-Unis et à l’étranger, obligeant l’administration à reculer rapidement. Trump a révisé sa politique pour imposer un tarif douanier inférieur et généralisé de 10% (25% pour l’aluminium et l’acier), tout en faisant exception pour la Chine avec un tarif stupéfiant de 145% sur toutes les importations en provenance du pays, l’une des mesures commerciales les plus extrêmes de l’histoire moderne – même si certaines catégories ont ensuite été exemptées.
Je n’ai jamais rencontré Donald Trump, et je n’ai jamais traité avec lui d’aucune manière, et comme je n’ai pas la télévision, jusqu’en 2015, lorsqu’il a commencé à s’attirer une forte attention médiatique avec sa première candidature à la Maison-Blanche de manière inattendue, je n’avais qu’à peine remarqué ses singeries.

Cela n’en a peut-être pas l’air aujourd’hui, mais Donald Trump a encore gagné. Lui et les responsables militaires américains exigent depuis longtemps que la Grande-Bretagne et l’Europe assument une plus grande part du financement de l’OTAN. Aujourd’hui, le Premier ministre britannique Keir Starmer