La passionnante histoire du Parti Communiste Chinois. 5eme Partie


 LE SOCIALISME AUX CARACTÉRISTIQUES CHINOISES

Par Bruno Guigue – Le 30 juin 2021

Le Parti communiste chinois a été fondé en juillet 1921. Cent ans plus tard, la réussite spectaculaire de la Chine bouleverse les idées reçues. Après avoir libéré et unifié le pays, aboli le patriarcat, réalisé la réforme agraire, amorcé l’industrialisation, doté la Chine du parapluie nucléaire, vaincu l’analphabétisme, donné aux Chinois 28 ans d’espérance de vie supplémentaire, mais aussi commis des erreurs dont le peuple chinois a tiré les leçons, le maoïsme a passé la main. Ses successeurs ont tenu compte des inflexions de la vie internationale, mais sans jamais lâcher le gouvernail. Les Chinois ont multiplié leur PIB, vaincu la pauvreté, élevé le niveau technologique du pays de façon impressionnante.

Certes, des problèmes demeurent : inégalité des revenus, vieillissement de la population, surcapacités industrielles, endettement des entreprises. Il n’empêche que la Chine avance à grands pas. Elle construit une «société de moyenne aisance», développe son marché intérieur, accélère la transition écologique. Le maoïsme voulait développer les forces productives tout en transformant les rapports sociaux. Avec «la réforme et l’ouverture», le changement est radical, mais l’objectif demeure : construire une société socialiste.

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La tournée de Wang Yi, le ministre chinois des Affaires étrangères, dans le Grand Moyen-Orient


Par Vladimir Terehovb – Le 27 juillet 2021 – Source New Eastern Outlook

New Eastern Outlook a déjà noté à plusieurs reprises que le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, est probablement celui qui connaît, dans son domaine, l’activité la plus intense parmi ses homologues étrangers. Cela s’inscrit dans le processus général d’un accroissement spectaculaire du rôle international du pays qu’il représente. Avec les États-Unis, il constitue le principal duo géopolitique (en opposition) qui détermine en grande partie le déroulement de l’étape actuelle du Grand Jeu.

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La passionnante histoire du Parti Communiste Chinois. 4eme Partie


OMBRES ET LUMIÈRES DE LA RÉVOLUTION CULTURELLE

Par Bruno Guigue – Le 25 juin 2021

Quand on évoque la «Grande Révolution culturelle prolétarienne», de quoi parle-t-on ? Officiellement, elle s’est déroulée de 1966 à 1976. Mais encore faut-il dissiper une ambiguïté, la même expression désignant en réalité deux temporalités distinctes : la séquence courte (1966-68) et la séquence longue (1966-76). Or la narration dominante a trois caractéristiques : elle souligne l’immensité des violences et des destructions qui caractérisent la séquence courte (1966-68) ; elle en impute la responsabilité à la soif de pouvoir de Mao Zedong ; et elle fait l’impasse sur les transformations sociales qui ont accompagné la séquence longue (1966-1976). Mais la réalité est quelque peu différente, et des chercheurs chinois comme Mobo Gao et Hongsheng Jiang contribuent à une intelligibilité nouvelle de l’événement, à égale distance de la vulgate occidentale et de l’histoire officielle chinoise.

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L’État stratège, moteur de la réussite chinoise


A la suite du texte de Moon of Alabama intitulé « La Chine réprime ses grosses entreprises technologiques au profit de son peuple« , Bruno Guigue apporte le recul pour mieux comprendre.


Par Bruno Guigue − Le 30 juillet 2021

Le Parti communiste chinois a été fondé en juillet 1921. Cent ans plus tard, la réussite spectaculaire de la Chine bouleverse les idées reçues. Après avoir libéré et unifié le pays, aboli le patriarcat, réalisé la réforme agraire, amorcé l’industrialisation, doté la Chine du parapluie nucléaire, vaincu l’analphabétisme, donné aux Chinois 28 ans d’espérance de vie supplémentaire, mais aussi commis des erreurs dont le peuple chinois a tiré les leçons, le maoïsme a passé la main. Ses successeurs ont tenu compte des inflexions de la vie internationale, mais sans jamais lâcher le gouvernail. Depuis trente ans, les Chinois ont multiplié leur PIB, vaincu la pauvreté, élevé le niveau technologique du pays de façon impressionnante.

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La Chine réprime ses grosses entreprises technologiques au profit de son peuple


Par Moon of Alabama – Le 29 juillet 2021

À l’époque où Stephen S. Roach était l’économiste en chef de Morgan Stanley, Moon of Alabama citait souvent des extraits de ses chroniques. Il y a quinze ans, Roach s’est élevé contre la mondialisation et a souligné la nécessité de préserver la force de travail. Ses prises de position contrastaient fortement avec la doctrine conventionnelle de l’époque. Roach a pris sa retraite de Morgan Stanley vers 2011 et est maintenant maître de conférences à la Yale School of Management.

Alors que je n’avais pas lu Roach depuis un certain temps, je suis tombé aujourd’hui sur une de ses chroniques que je trouve étonnamment fausse et mal argumentée.

Roach parle de la récente répression de la Chine à l’égard des technologies financières, des monopoles de l’internet et des entreprises d’enseignement privé :

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Les discussions entre les États-Unis et la Chine laissent présager un conflit qui va durer


Par Moon of Alabama – Le 26 juillet 2021

Les États-Unis jouent un double jeu dans leur approche de la Chine. Ils utilisent tous les moyens pour tirer profit de la Chine là où ils le peuvent, tout en la limitant dans les domaines où ils ne peuvent plus la concurrencer. Les Chinois rejettent cette attitude. Les États-Unis, disent-ils, ne devraient pas considérer la Chine comme un ennemi. Ils devraient cesser de lui faire la leçon, l’accepter comme un égal et coopérer avec elle dans tous les domaines.

Mais les États-Unis ne sont pas disposés à le faire. Leur complexe média-militaro-industriel est déjà prêt pour une guerre froide avec la Chine. Il va en tirer des milliers de milliards de dollars. De son côté, la Chine est prête à répondre durement, si elle y est obligée.

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La passionnante histoire du Parti Communiste Chinois. 3eme Partie


LA PÉRIODE MAOÏSTE (1949-1976)

Par Bruno Guigue – Le 18 juin 2021

D’une pauvreté inouïe, la Chine, en 1949, est un pays ravagé par quarante ans de guerre et d’anarchie. Composée à 90% de paysans faméliques, la population a le niveau de vie le plus faible du monde : il est inférieur à celui de l’Inde ex-britannique et de l’Afrique sub-saharienne. Sur cette terre où l’existence ne tient qu’à un fil, l’espérance de vie est réduite à 36 ans. Abandonnée à son ignorance, la population compte 85% d’analphabètes. C’est au regard de cet état initial qu’il faut juger des progrès accomplis. En 2021, l’économie chinoise représente 18% du PIB mondial en parité de pouvoir d’achat, et elle a dépassé l’économie américaine en 2014. La Chine est la première puissance exportatrice mondiale. Sa puissance industrielle représente le double de celle des États-Unis et quatre fois celle du Japon. Premier partenaire commercial de 130 pays, elle a contribué à 30% de la croissance mondiale au cours des dix dernières années. La Chine est le premier producteur mondial d’acier, de ciment, d’aluminium, de riz, de blé et de pommes de terre.

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La Chine a des problèmes de pays moderne


Par Moon of Alabama – Le 20 juillet 2021

Les gens en Chine ont des problèmes de pays moderne :

Peter Jolicoeur 周力克 @pajolicoe - 17:35 PM - 20 juil. 2021

Le trajet en métro, de chez moi à la gare de Hongqiao, (28 km) prendra demain plus de temps (70 minutes) qu’un trajet en TGV, de Shanghai Hongqiao à la gare de Nanjing Sud (59 minutes) (295 km, à 300 km/h de moyenne).

Qui ne déteste pas les longs trajets en train ? Eh bien, ce problème de pays moderne pourrait être résolu très bientôt :

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La passionnante histoire du Parti Communiste Chinois. 2eme Partie


MAO ZEDONG ET LA SINISATION DU MARXISME

Par Bruno Guigue – Le 12 juin 2021

Repliés dans les campagnes pour fuir la répression, les communistes chinois vont écrire une nouvelle page de leur histoire. C’est auprès des paysans du Hunan et du Jiangxi, en effet, que Mao découvre une nouvelle radicalité, déployée loin des regards d’une élite moderniste qui l’ignore. Coïncidence frappante, il publie son « Rapport sur l’enquête menée dans le Hunan à propos du mouvement paysan » en mars 1927, soit un mois avant la tragédie de Shanghai, où les communistes sont massacrés par l’armée de Chiang Kaï-shek. Celui qui est déjà un militant influent, mais écarté de la direction du parti, l’invite à convertir son regard sur ce monde rural dont l’initiative révolutionnaire contraste avec son arriération présumée. Conversion qui prendra beaucoup de temps, et Mao sait qu’il heurte de front la conception même de la révolution chez les marxistes chinois. Sa thèse centrale, c’est que «le soulèvement paysan constitue un événement colossal» et que les révolutionnaires ont le choix entre trois possibilités : «Dans peu de temps, on verra dans les provinces du centre, du nord et du sud de la Chine des centaines de millions de paysans se dresser, impétueux, invincibles, tel l’ouragan, et aucune force ne pourra les retenir. Ils briseront toutes leurs chaînes et s’élanceront sur la voie de la libération. Ils creuseront le tombeau de tous les impérialistes, seigneurs de la guerre, fonctionnaires corrompus, despotes locaux et mauvais hobereaux. Ils mettront à l’épreuve tous les partis révolutionnaires, qui auront à prendre parti. Nous mettre à la tête des paysans et les diriger ? Rester derrière eux en nous contentant de les critiquer avec des gestes autoritaires ? Ou nous dresser devant eux pour les combattre ?»

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Le nouveau Grand Jeu. Retour aux sources


Par Pepe Escobar – Le 13 juillet 2021 – The Saker’s Blog

L’alliance Russie-Chine-Iran prend le taureau afghan par les cornes

Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, est en tournée en Asie centrale, pour toute la semaine. Il visite le Turkménistan, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan. Les deux derniers pays sont des membres à part entière de l’Organisation de coopération de Shanghai, fondée il y a 20 ans.

Les poids lourds de l’OCS sont bien sûr la Chine et la Russie. Ils ont été rejoints par quatre « stans » d’Asie centrale (tous sauf le Turkménistan), l’Inde et le Pakistan. L’Afghanistan et l’Iran ont le statut d’observateur, tout comme le Belarus et la Mongolie.

Et cela nous amène à ce qui se passe ce mercredi à Douchanbé, la capitale tadjike. L’OCS tiendra une réunion 3 en 1 : réunions du Conseil des ministres des affaires étrangères, du groupe de contact OCS-Afghanistan et une conférence intitulée « Asie centrale et Asie du Sud : Connectivité régionale, défis et opportunités ».

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