Par Laurent Michelon − Le 20 novembre 2022

Le président chinois Xi Jinping pose pour une photo de groupe avec d’autres dirigeants et invités avant la 22e réunion du Conseil des chefs d’État de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) à Samarcande, en Ouzbékistan, le 16 septembre 2022. (Xinhua/Li Tao)
Le marathon de sommets internationaux des deux premières semaines de novembre, le sommet Chine-ASEAN de Phnom Penh, le G20 à Bali, et l’APEC à Bangkok confirme que le centre du monde a résolument pivoté vers l’Asie. Un mois auparavant, la diplomatie chinoise occupait la même position centrale lors des sommets de l’Organisation de coopération de Shanghai à Samarcande et du Partenariat économique régional global à Qingdao, deux groupements inter-étatiques eurasiatiques initiés par Beijing qui regroupent 2/5 de la population mondiale, et notamment les trois économies les plus dynamiques du moment: la Chine, l’Inde et la Russie.
C’est un symbole très puissant que le président chinois Xi Jinping ait fait le choix de réserver à l’Arabie Saoudite sa première visite à l’étranger après le Congrès du Parti. À en croire le Wall Street Journal, cette visite devrait se produire début décembre, et des préparations intenses sont en cours en vue de l’événement.
De l’extérieur, on voit une Asie occidentale qui se prépare et qui modifie sa position pour faire face à l’Est. Il ne s’agit toutefois pas d’un simple déplacement géographique vers un autre point cardinal. Il s’agit en partie d’une « réaction repoussoir » face à l’avalanche de sanctions, de réglementations et de saisies d’avoirs qui s’échappent de l’« usine » à sanctions de l’UE et s’appliquent à des personnes n’ayant aucun lien, ou un lien très faible, avec les États sanctionnés. 

Les relations américaines avec la Chine, en ce qui concerne Taïwan, ont été dictées par des années de déclarations et d’engagements ambigus. Aujourd’hui, cette rhétorique s’effondre et un conflit armé semble plus proche que jamais – mais Washington est-il prêt à se battre pour Taïwan. Est-il seulement capable de gagner ?
John : Je suis inquiet pour la Chine.
Une guerre commerciale est-elle susceptible d’éclater entre la Chine et l’Europe ? C’est un sujet dangereux que l’opinion publique en Europe, y compris l’Allemagne, a hypertrophié. Ces dernières années, la Chine et l’Europe ont été le principal partenaire commercial l’une de l’autre, et ont traversé de nombreuses tempêtes ensemble. Avec une chaîne industrielle hautement complémentaire et une grande interdépendance économique, il va de soi que la guerre commerciale n’aurait pas dû devenir un sujet sérieux dans les discussions sur la politique chinoise de l’Europe. Cependant, certains médias dépeignent un « monde à l’envers » pour les Européens : La forte dépendance économique entre la Chine et l’Europe ne serait pas un bénéfice mais un « risque » pour le continent, tandis que d’autres médias affirment que l’Europe doit se préparer à un conflit avec la Chine.