Mythes et choix d’auto-défense pour les civils


2015-09-15_13h17_31-150x112Par le Saker – Le 1er janvier 2018 – Source The Saker

 

 

Note introductive du Saker US :

Il y a très, très longtemps que je voulais aborder ce thème, parce qu’il m’intéresse beaucoup. C’est cependant totalement hors-sujet pour ce blog. Mais comme il y a une accalmie (c’est le moins qu’on puisse dire) entre le Nouvel An et la Nativité orthodoxe, j’ai décidé de le caser ici entre ces deux dates et pendant que nos thèmes habituels sont un peu moins pressants. De plus, une de mes amies songeait récemment à se procurer une arme à feu pour se défendre et un pseudo-expert lui a écrit une quantité d’absurdités sur les semi-automatiques et les revolvers. Je lui ai envoyé un courriel pour détruire certaines de ces conneries, puis un autre plus long, et alors j’ai pensé : « OK abordons ce sujet une fois pour toutes ». 

Le résultat est l’article ci-dessous. Ma motivation ici n’est pas de me lancer dans un débat idéologique stérile sur les droits à détenir des armes à feu – il y a assez de pseudo débats 100 % idéologiques et 100% détachés de la réalité au point qu'ils m’ennuient à mourir (les armes, comme l’avortement et les drogues, sont des sujets qui ont tendance à susciter les pires débats, hautement émotionnels et la plupart du temps très peu informés, non seulement aux États-Unis mais dans le monde entier). Tout d’abord, ce que j’ai écrit ci-dessous s’adresse aux membres de notre communauté qui courent des risques parce qu’ils ne sont pas riches, qu’ils vivent dans des quartiers pas très beaux, ceux qui sont malades et faibles, les personnes âgées, les femmes seules et tous ceux qui sont généralement choisis par les voyous criminels pour être maltraités et agressés (les riches et les privilégiés ont rarement besoin d’armes à feu parce qu’ils peuvent payer pour leur sécurité de nombreuses façons ; ceux qui ont le plus besoin d’armes sont les faibles, les pauvres et les sans défense). 

J’ai été élevé par une mère seule, j’ai vu de près combien c’est difficile pour une femme seule de survivre dans notre société prétendûment civilisée. Donc même si ce blog n’est certainement pas un blog de défense du 2nd Amendment, je ne peux rester indifférent au fait que nous vivons dans un monde très dangereux et que l’année qui commence comporte vraiment des risques majeurs pour notre planète. 

En d’autres termes, il y a de bonnes chances pour que le système économique international s’effondre à la suite d’une attaque américaine sur la Corée du Nord ou l’Iran. Si cela devait se produire, il y a de fortes chances que de nombreux pays occidentaux, y compris les États-Unis, entrent dans l’un des Cinq stades de l’effondrement définis par mon ami Dmitri Orlov. Si cela se produit, la loi et l’ordre public pourraient s’effondrer très rapidement et, franchement, c’est déjà le cas dans de nombreux endroits du monde. Voici les dernières statistiques de cette année pour Chicago : morts par balle : 619 ; blessés par balle : 2911 ; total des tirs d’armes à feu : 3530 ; nombre total d’homicides : 670 [C’est une ville qui a typiquement une politique très restrictive en matière d’armes à feu, donc seuls les criminels sont armés !]. Voici où je veux en venir : être en mesure d’utiliser une arme à feu pour se défendre nécessite déjà une compétence cruciale pour survivre dans de nombreux endroits du monde et dans le proche avenir ces endroits ne feront que croître en taille et en nombre. Vous êtes, bien sûr, plus que bienvenus pour vous défendre seulement avec des mots, mais comprenez que d’autres pourraient voir la chose différemment. Il se trouve qu’au fil des années, j’ai appris un petit quelque chose sur les armes à feu et que j’ai consacré beaucoup de temps à enquêter à ce sujet. J’ai décidé de publier cet article un peu hors-sujet dans l’espoir qu’au moins certains lecteurs en profiteront. Je vous serais reconnaissant si nous pouviez garder la section des commentaires centrée sur la question débattue ici et non pas sur la haine habituelle contre un objet inanimé (une arme à feu) ou contre ceux qui croient en l’auto-défense personnelle, y compris votre serviteur. Merci.


The Saker

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Lavrov : les États-Unis ignorent la multipolarité


Par Andreï Afanassiev – Le 16 janvier 2018 – Source katehon

La grande conférence de presse du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov est non seulement une excellente occasion de discuter des tendances les plus importantes dans les relations internationales, mais aussi une occasion de suivre les principales orientations de la politique étrangère de la Russie.

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Michel Drac – Voir Macron


Huit scénarios pour un quinquennat


Par Hervé – Source le Saker Francophone

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Je viens aujourd’hui vous présenter le dernier livre de la maison d’édition, le Retour aux Sources. Ce sont les éditeurs de deux auteurs bien connus sur notre blog, Dmitry Orlov et James Howard Kunstler. Ce livre est une vraie surprise car il est arrivé par la poste sans prévenir.

Un livre sur la France et sur Macron, cela semble hors de notre champ d’investigation. mais Michel Drac est à l’origine de cette remarquable maison d’édition dont on peut souligner le très gros travail, comme la traduction du livre « La Guerre des Monnaies » de Hongbing Song ou le Tainter, « L’effondrement des sociétés complexes » que je vous recommande tous les deux si vous voulez aborder les thèmes de la monnaie ou la dynamique des civilisations.

Il est aussi écrivain et publie régulièrement chez le même éditeur, et enfin il est un récent YouTubeur, avec une chaîne ou il aligne les notes de lectures, notamment une longue série sur l’islamisme en général et État islamique en particulier, mais il commente aussi aussi Michéa, Meyssan, Pasolini…

L’activité de traduction de sources par définition non francophones n’empêche pas de regarder ce qui se passe en France et de profiter à notre tour du travail de différentes sources de tous bords et de toutes tendances. Ces circonvolutions pour dire que si Michel Drac est un anti-système assumé, il vote aux extrêmes, et si son cœur a balancé entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen au premier tour des dernières présidentielle, il a annoncé en avril dernier son choix… Roulement de tambour… pour Marine Le Pen. Grrr !! Le FN !! Un choix assumé et expliqué, sans un enthousiasme débordant.

Même pas mal. Notre position, au Saker Francophone, c’est celle de Simone Weil, la philosophe. Chacun étant libre de ses choix, je vais me concentrer sur son livre avec à l’esprit le travail de fond qu’il a entrepris et donc on peut le remercier car c’est un exercice rare et précieux. Sa vidéo de vœux est d’ailleurs à regarder pour ceux qui cherchent à améliorer leur productivité autour de la lecture d’auteurs souvent complexes.

VOIR MACRON, 8 scénarios pour un quinquennatMaintenant que j’ai fait les présentations, que penser de ce petit livre de 200 pages ? Si je vous ai parlé de sa chaîne YouTube, c’est que dans son livre, on va retrouver beaucoup des traits et des analyses développés au fil des lectures. Ce livre est quelque part une synthèse de ces lectures et on sent leur influence au fil des pages.

Mes doutes  sur la nature franco-française du livre sont rapidement balayés par les premiers chapitres. Écologie ; Démographie ; Technologie ; Économie ; Géopolitique ; Politique et Culture. En sept grands thèmes, l’auteur balaye la globalisation dans toute sa splendeur. Si vous cherchez comment organiser vos idées et vos sources, toute la première partie vous montre comment on peut organiser une multitudes d’informations parfois parcellaires pour dresser un tableau de situation. On y retrouve les grands thèmes abordés sur notre blog mais avec la touche personnelle de Michel Drac. La France y apparaît peu, traduisant un état de fait : le suivisme atlantiste depuis Sarkozy a réduit notre pays à sa taille géographique, une moyenne puissance régionale en déclin… dans les bons jours.

Certains sujets comme l’économie sont sur-pondérés et correspondent à la grille de lecture principale de l’auteur, l’étude des rapports de force dans tous les domaines entre des blocs, ou des pays, la Guerre hors limite.

Ce qui surprend aussi, c’est le style. Très calibré, une sur-synthétisation qui donne au livre un rythme sec et haletant. C’est une avalanche de chiffres, de faits, de corrélations, d’enchaînements logiques. Il en profite aussi pour poser des jalons dont il va se servir dans la deuxième partie. Resserrement monétaire ? Explosion de l’Euro ?

On peut regretter le manque de sources. Pas de note de bas de pages. Dommage, il aurait été vraiment intéressant pour la clarté de certains passages de suivre les sources que l’auteur utilise pour appuyer sa réflexion. Mais si vous suivez sa chaîne et aussi l’actualité géopolitique au sens large sur notre blog, vous devriez pourvoir décoder le Drac dans le texte.

Avant d’attaque le cœur du sujet et les scénarios pour l’avenir, on a encore droit à deux points d’actualité, l’un mondial, l’autre français avec quelques faits marquants récents qu’il relie avec à propos avec ses thématiques. Exemple de signaux faibles, la démission de Stanley Fischer, N°2 de la FED, partisan du resserrement monétaire. On a donc un auteur très au fait de la complexité du grand jeu et des détails qui en révèlent les soubassements.

Côté Macron, sans vilipender notre bon président, il ne se fait pas beaucoup d’illusion :

« Le cœur du projet politique de Macron est le remplacement des démocraties nationales européenne par un régime oligarchique. C’est une entreprise d’asservissement des peuples. »

Pour poser ses huit scénarios, il reprend trois thèmes structurants :

  • Un resserrement monétaire ;
  • L’explosion de l’Euro ;
  • La Gueeeeeeeerre.

Je ne vais pas vous détailler chaque scénario. Je vous laisse le plaisir de les lire. Ça va du plutôt tranquille, la mort en pente douce, au plus hardcore, la vaporisation totale. En articulant ses trois thèmes et en jouant sur les curseurs, il imagine une chronologie des événements sur cinq ans, à chaque fois différente, où le contexte international bouscule souvent l’agenda européen, où la France passe de victime expiatoire à acteur parfois involontaire. On voit aussi parfois apparaître des zones géographiques comme le Venezuela ou l’Afrique du Nord, parfois comme vectrices de la crise, parfois aussi comme régulatrices.

Les maîtres mots sont cynisme, opportunisme, chaos pas toujours constructeur. Parfois, on tique un peu et c’est là où le manque de sources se fait sentir. Difficile de savoir si l’auteur a un train de retard ou deux trains d’avance tant chaque élément du puzzle peut jouer en faveur ou en défaveur de tel ou tel acteur. À vous de juger et de faire votre critique mais la richesse des idées proposées vaut à elle seule une lecture attentive.

Sans déflorer le livre, on va survoler ensemble le scénario quatre : pas de guerre, mais un resserrement monétaire et l’explosion de l’Euro, d’où son nom, le printemps italien.

Dans un cadre financier incertain, le Mouvement 5 étoiles gagne les élections et… applique son programme, pour de vrai ! L’Italie met les pieds dans le plat et avec un habile référendum sort de l’Euro, de l’OTAN en pleine crise de pouvoir aux USA qui, paralysés laissent faire. La City prend le relais en opposition de la BCE et la combinazione italienne fait le reste. L’Italie n’implose pas et provoque un contre-choc qui se finit par le fameux reset du FMI.

Macron se retrouve pris entre les intérêts euro-atlantistes emmenés par l’Allemagne et les intérêts financiers de la City. Il préfère ne pas choisir et provoque des élections anticipées… Je vous laisse imaginer la suite, mais entre les tensions sécessionnistes en Europe et la mauvaise volonté des Français, ça se termine là ou les oligarques européens ne voulaient pas aller.

Par moments, Michel Drac laisse la porte ouverte à l’optimisme et au principe de réalité qui peut aussi imposer son agenda. Il ne faut donc pas céder à la communication, les oligarques n’ont pas non plus toutes les clés.

 

Ce qui est aussi plaisant c’est de s’obliger à une lecture attentive. Il y a quelques petites perles glissées ici et là pour rester bien réveillé. Michel Drac est assez taquin. Je vous recommande spécialement le Général d’aviation Ripper, SACEUR de l’OTAN en pleine crise à Riga.

Macron n’est finalement que le jouet des événements auxquels il tente de survivre.

À vous ensuite de proposer vos scénarios, de poser vos conjectures. Il est bien difficile de garder une vision cohérente de l’actualité financière, géopolitique, des marchés de l’énergie. Michel Drac propose un bon exercice pour exercer votre culture géopolitique et aiguiser vos réflexes. Si on peut difficilement influer directement sur les événements eux-mêmes, lire le jeux des acteurs et les empêcher de garder facilement trop de coups d’avance permet de peser sur les narrations du système.

Le decodex et la loi sur les Fake News montre que collectivement les acteurs de la nouvelle opinion publique pèsent aussi sur l’avenir, obligeant le système à réagir sous pression et à faire des fautes.


Nous vous proposons maintenant notre traditionnelle interview à laquelle l’auteur a bien voulu se plier.

– Michel Drac, bonjour. Pourquoi avoir choisi Macron pour habiller cette couverture alors que la complexité du monde ne laisse à la France et à son président qu’une place mineure dans le Grand Jeu ? C’est un Fake Book ?

– L’objectif du livre, c’est d’amener le lecteur à situer les enjeux réels de la présidence Macron. Bien sûr, ces enjeux tiennent beaucoup plus à la faculté de l’impétrant à accompagner une évolution historique qu’il subira qu’à son aptitude à impulser des orientations fixées en toute autonomie. Mais c’est bel et bien de Macron qu’il est question, c’est-à-dire de l’homme, certes, mais aussi et surtout du consensus oligarchique français, dont il est le masque.

– Philippe Grasset, pour le site dedefensa, parle de déchaînement de la matière. N’est-ce pas finalement illusoire de vouloir comprendre le monde, alors que sous la surface roule une lame de fond autour de la densité énergétique de nos sociétés qui impose son rythme à l’insu de notre plein gré, si je puis dire ?

– Je crois qu’il n’est jamais illusoire de vouloir comprendre le monde, parce qu’en l’occurrence, l’effort est sa propre récompense. Le simple fait de ne pas perdre la volonté de comprendre est déjà une preuve tangible de liberté, et cette preuve fonde à elle seule la justification du sujet. Après, naturellement, ce n’est pas cela qui permettra d’aller contre la nature des choses. Mais en attendant, chercher à comprendre, c’est imposer sa volonté en un certain point de l’espace : dans sa tête.

– Vous articulez beaucoup de scénarios autour des USA, de la FED. N’est ce pas trop d’honneur pour nos « amis » américains ? Quand on voit la vitesse de la montée en puissance du duo russo-chinois, et les risques d’isolement des USA, n’y a t il pas des raisons de penser que les anciens schémas sont à revoir en profondeur ?

– Vous êtes un peu dur avec moi. J’identifie l’inversion de la dépendance comme une des grandes tendances contemporaines. Mais bon, cette tendance n’a pas fini de produire ses effets. Du point de vue français, les choix américains restent structurants pour encore une ou deux décennies, probablement. Bien sûr, si j’étais Vietnamien, je parlerais plus de la Chine et moins des États-Unis. Mais voilà, mon pays se situe sur la rive orientale de l’Atlantique, pas sur la rive occidentale du Pacifique.

– Ce livre est-il fait simplement pour les citoyens, les auditeurs de votre chaîne YouTube, ou est-ce un message pour nos élites dans les cercles du pouvoir ? Dans certains scénarios, ça se passe mal pour eux.

– Je ne pense pas que nos gouvernants se soucient de mon pronostic. Le livre est fait pour les gens qui le liront, c’est-à-dire probablement la classe moyenne éduquée. Un des enjeux est de montrer à ces lecteurs, aujourd’hui découragés, qu’il ne faut pas croire que la partie s’est terminée le 7 mai 2017. Oh que non !

– Vous écrivez au début que ce n’est pas le peuple qui est en état de mort cérébrale, c’est le système politique. Vous êtes finalement un optimiste ?

– Je ne suis ni optimiste, ni pessimiste. Je constate simplement que si on regarde les chiffres des élections 2017, il n’y a aucune vague macroniste.

Il y a d’abord, en avril, une France qui éclate en quatre blocs, autour de deux clivages croisés, l’un sociétal sur la question de l’immigration, l’autre socio-économique sur la question de l’euro et, au-delà, de la mondialisation libre-échangiste. Il y a certes, ensuite, en mai, une France qui décide de ne pas risquer l’aventure Le Pen. Mais déjà l’abstention est élevée, il n’y a pas de ralliement profond à Macron. En juin, le pays implose électoralement.

Ce qui est intéressant, c’est le vide autour de Macron. La nature du corps électoral a horreur du vide. Donc il va se passer quelque chose. Quoi ? Quand ? Comment ? L’avenir est ouvert…

– En même temps, tant qu’à être optimiste, il manque le scénario de la globalisation heureuse ? Elon Musc part à la conquête de l’espace, dompte le soleil, pille exploite les astéroïdes, construit une méga-station orbitale pour milliardaires qui sort malencontreusement de son orbite malgré ses multiples IA développées par Google et part dériver doucement le long de la voie lactée. Ça aurait alourdi le livre ?

– La hiérarchisation des champs d’une prospective dépend de son horizon. Si j’avais voulu élaborer des scénarios à l’horizon 2040, j’aurais considéré la technologie comme le facteur le plus structurant. L’arborescence des scénarios en aurait été transformée.

Mais à l’horizon 2022, la géopolitique et l’économie sont certainement plus structurantes. À supposer que des percées technologiques soient réussies d’ici cette date, de toute manière elles n’auraient probablement pas le temps de faire sentir leurs effets.

– Si on redevient sérieux, quelles sont les grilles de lectures dont il faut s’armer pour suivre l’actualité ? Vous en proposez sept au début du livre, mais ne faudrait-il pas aussi parler philosophie, idées politiques, énergie, transcendance ? Comment demander à tout un chacun de maîtriser tous ces sujets qu’il faut parfois une vie de travail intellectuel pour acquérir alors que les gens sont aussi censés travailler, s’occuper de leur famille, vivre leur vie ?

– Dans mon esprit, la philosophie est incluse dans la rubrique « culture » les idées politiques relèvent du chapitre « politique », l’énergie est à cheval entre l’économie et la technologie.

Pour la transcendance, elle ne constitue pas une discipline. Je pense qu’il faut écouter les mystiques, parce qu’ils disent quelque chose du monde dans lequel ils forment leurs visions. Mais l’histoire que je vise à modéliser ne renvoie à aucune surnature. Je suis chrétien, mais pas catholique. Je peux admettre la pertinence du symbole quand on me dit qu’un peu de vin symbolise le sang du Christ. Je peux à la rigueur accepter l’idée que même si personne n’était là pour voir le symbole, il serait là – et donc ne pas exclure l’hypothèse d’un monde idéel, dont le souffle caresse la matière. Mais je n’ai aucune raison de croire que le vin devient du sang pendant la messe. D’où chez moi une vision du monde fondamentalement différente de celle qui irrigue par exemple la pensée d’un catholique comme Pierre Hillard.

Concernant le problème du temps dont les gens disposent pour s’informer : je pense tout simplement qu’il y a un travail socialement utile à faire autour d’une véritable ré-information. Il est bien évident que les gens vivent leur vie, et n’ont donc pas le temps de suivre l’actualité en détail. Il faut donc que des professionnels proposent des synthèses honnêtes et sérieuses. Au départ, c’était supposé être le travail des journalistes. On sait aujourd’hui qu’ils désinforment autant qu’ils informent. Nous avons donc besoin d’un nouveau modèle économique de la presse, pour la libérer de sa subordination aux puissances d’argent. Je suis assez optimiste sur ce point. Je pense que nous n’exploitons qu’une infime partie du potentiel de ré-information de la Toile. Il y a d’immenses espaces intellectuels et médiatiques à découvrir et à mettre en valeur. Ce sera certainement une des « frontières » du XXI° siècle.

– Vous êtes toujours acteur de la maison d’édition le Retour aux Sources ? Ou redevenu un simple auteur ? Quels sont vos projets respectifs en cette année 2018 ?

– Mais je n’ai jamais été qu’un auteur ordinaire à Retour aux Sources ! J’ai co-fondé la maison il y a une dizaine d’années, avec un petit groupe d’empêcheurs de penser en rond. J’y ai des parts sociales, mais ça ne m’a jamais conféré une quelconque autorité. Je n’y exerce aucune responsabilité de gestion. Une société commerciale a des statuts, donc des règles de fonctionnement : c’est la gérance qui gère. Un auteur n’a aucune raison d’être au courant des projets de la maison qui l’édite, même s’il en est par ailleurs actionnaire minoritaire.

En ce qui concerne mes projets personnels, je pense continuer à multiplier les notes de lecture, puisque visiblement, c’est ce que je fais le mieux. Et je commence à travailler sur un nouveau livre. En ce moment, je réfléchis à la question de la religion et de son devenir dans le monde étrange que l’hyper-technologie nous fabrique. Mais ceci est une autre histoire…

 

Relu par Cat pour le Saker Francophone

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Les données dématérialisées


Les « datas » doivent-elles être mondialement régies par la sacro-sainte « propriété économique » du droit anglo-saxon ?


Par Valérie Bugault – Le 19 janvier 2018

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Les postulats idéologiques de la « propriété économique »

Le concept de « propriété économique » a été longtemps très largement méconnu par le droit français et plus largement par le droit continental classique. La « propriété économique » est un concept de droit anglo-saxon, lequel droit s’est très largement développé autour de l’idée selon laquelle la vie en société est tout entière comprise dans des rapports de nature commerciale. Par essence, le droit anglo-saxon inverse la relation naturelle entre « politique » et « économique » en soumettant le premier au second. A l’inverse, le droit continental classique a toujours considéré la question politique comme supérieure à la question économique. De façon objective et si l’on veut bien retourner à la notion même de ce qu’est la politique, on ne peut en effet que constater que la politique doit, avant toute autre chose, organiser la vie de la Cité, laquelle vie ne tourne pas exclusivement autour du commerce. Le commerce fait partie de la vie de la Cité, mais cette dernière ne se réduit évidemment pas au simple commerce.
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Évolution d’une société au cours d’un cycle économique


Par François Roddier – Le 15 janvier 2017 – Source francois-roddier.fr

Dans mon billet précédent, j’ai développé l’analogie entre les cycles économiques tels que les décrivent Turchin et Nefedov (billet 90) et le cycle diurne d’un cerveau humain. Dans mon billet 101, j’ai montré que l’évolution politique d’une société s’apparente également au fonctionnement d’un cerveau humain. Il est intéressant de juxtaposer les deux approches. C’est ce qui est fait sur la figure ci-dessus. Reprise du billet précédent, j’y ai ajouté les quatre types de société d’Emmanuel Todd et les quatre états du cerveau mentionnés au billet 101.

Du point de vue thermodynamique, les quatre côtés du carré sont l’analogue du mouvement convectif de l’eau dans une casserole sur le feu. En bas, durant la phase de dépression, l’eau se réchauffe. À gauche, devenue moins dense, l’eau monte vers la surface. C’est la phase d’expansion (ascension économique). En haut, elle s’étale et se refroidit. C’est la phase de stagflation. À droite, l’eau refroidie redescend. C’est la phase de crises durant laquelle les sociétés s’effondrent. Ces quatre phases correspondent aussi aux quatre temps d’une machine à vapeur décrits dans mon billet 104. La phase de dépression correspond à une compression adiabatique, la phase d’expansion à une détente isotherme, la phase de stagflation à une détente adiabatique, la phase de crises à une compression isotherme.

Dans le cas du cerveau, les flèches indiquent les directions vers lesquelles le seuil et l’intensité des connections croissent. L’analogue pour une société pourrait être les seuils d’embauche, la phase de crises correspondant à une période de chômage élevé. L’analogue des intensités serait alors la stabilité de l’emploi. La phase de stagflation serait ainsi une phase d’emploi précaire. Ce schéma conduit à la description suivante du cycle complet d’évolution d’une société.

La phase de stagflation correspond à des sociétés inégalitaires. Nous avons vu que l’interconnectivité y est élevée, rendant la société d’autant plus fragile que l’intensité des liens y est faible (voir les travaux d’Ulanowicz décrits dans mon billet 86). Les inégalités croissantes créent des tensions sociales amenant les gouvernements à tenir des politiques autoritaires. Les individus ne restent solidaires que pour maintenir la société en marche et l’empêcher de se désagréger : c’est une solidarité « mécanique » au sens de Durkheim. Elle favorise l’action collective sous contrôle d’une autorité commune.

La remise en question de l’autorité crée des révoltes, voire des révolutions. On entre dans la phase de crises. Toujours autoritaires, les politiques tendent à devenir plus égalitaires. Les seuils élevés des connections rendent toutefois les coopérations difficiles. L’économie a du mal se développer librement. Une économie dirigée souvent la remplace, maintenant ainsi la société en état de survie.

Lorsque l’économie est au plus bas, on entre dans la phase de dépression. Des sociétés de nature égalitaire se développent à partir de traditions locales. De nouvelles connections s’établissent et permettent à l’économie de redémarrer. Le succès de la reprise renforce l’intensité des connections qui culmine. La solidarité entre les individus y est élevée, mais il s’agit maintenant d’une solidarité organique au sens de Durkheim : elle laisse libre cours aux diversités d’opinion ; elle favorise le dialogue et la réflexion.

Peu à peu, la société devient plus libérale, favorisant l’innovation. On entre dans la phase d’expansion. Une telle société crée des modifications rapides de l’environnement auxquelles les individus ont de plus en plus de difficultés à s’adapter, ce qui nous amène à une nouvelle phase de stagflation.

On peut considérer une société humaine comme un être vivant dont les individus sont les cellules. La phase de crises correspond à la fin d’une société vieillissante et à la naissance d’une société nouvelle. Les phases suivantes sont celles du développement, suivi de la maturité puis de la vieillesse. L’économiste Joseph Schumpeter compare le cycle complet à une tornade. Il voit la phase de crises comme un processus de destruction créatrice.

La description que nous venons de donner des phases successives d’évolution d’une société est tout à fait cohérente et conforme aux descriptions historiques de Turchin et Nefedov. On pourrait donc penser qu’elle puisse servir de base théorique pour donner un sens à l’Histoire, comprendre son évolution passée, et même prévoir, au moins partiellement, son évolution future.

La réalité est, hélas, plus complexe. Les cycles réguliers donnés en exemple par Turchin et Nefedov s’arrêtent à la fin du XVIIe siècle. À partir du XVIIIe, l’évolution historique s’accélère et devient plus chaotique. Que s’est-il passé ? L’examen de l’évolution démographique en Europe nous apporte la réponse : on assiste à une montée spectaculaire de la densité de population, phénomène qui a conduit l’anglais Malthus à tirer le signal d’alarme.

Du point de vue thermodynamique, cela signifie une montée brutale de la dissipation d’énergie, à l’échelle de l’ensemble des pays développés. L’équivalent en dynamique des fluides n’est plus celui de tornades isolées, mais d’une cascade de tourbillons telle que l’a décrite le physicien russe Kolmogorov. Les tourbillons naissent maintenant à l’échelle de l’Europe. Durant leur phase de crise, ils tendent à créer des tourbillons plus petits à des échelles nationales. Eux-mêmes en créent d’autres à des échelles encore plus locales, pouvant aller jusqu’à provoquer des scissions. Sur son blog, Philippe Grasset parle de tourbillons « crisiques ».

Décrite par Turchin et Nefedov, la révolution anglaise de 1642 n’a pas été sans conséquence à l’étranger : elle a entraîné des remous aux Pays Bas et même en France. À partir du siècle suivant, les interactions entre les divers pays européens vont les rendre indissociables. On le voit avec la Révolution française. Provoquée par une monarchie autoritaire et inégalitaire, celle-ci tente d’instaurer une société plus égalitaire. Les biens de l’Église et ceux des nobles ayant fui à l’étranger sont confisqués. Cela requiert un gouvernement tout autant autoritaire, mais déclenche une coalition de pays étrangers contre la France. Comme on le sait, cela se termine par la défaite de Napoléon devant les Anglais à Waterloo, suivie d’une restauration de la monarchie.

Dans mon billet 73, j’ai décrit l’évolution de l’Europe au XIXe siècle, montrant le rôle joué par les colonies. Un cycle de 120 ans semble s’être établi sur toute l’Europe. Il se termine par un effondrement majeur : la Première Guerre mondiale. À partir de 1918, un nouveau cycle de 120 ans s’instaure, élargi aux États-Unis d’Amérique, tandis que la révolution Russe entame un cycle de même période mais dont la tendance s’oppose au premier. Bientôt le Japon et plus tard la Chine se joignent à la tourmente. C’est le phénomène de la mondialisation.

L’Europe continue cependant à jouer un rôle moteur. La phase de dépression s’étend de 1918 à 1948. Marquée par la crise financière de 1929, elle se termine avec la Seconde Guerre mondiale. La phase d’expansion s’étend de 1948 à 1978. Elle se termine avec l’arrivée au pouvoir de Margaret Thatcher en Angleterre (1979), suivie de celle de Ronald Reagan aux États-Unis (1981). Commence alors une phase de stagflation allant de 1979 à 2008. La phase de crises commence avec la crise financière de 2008. Elle se poursuit aujourd’hui, où elle est caractérisée par de fortes tensions au Moyen Orient.

Il est tentant d’extrapoler cette évolution aux prochaines années. La figure jointe à ce billet laisse présager un déclin de l’influence des sociétés inégalitaires comme les États-Unis en faveur de sociétés plus égalitaires comme celle de la Russie. La transition aurait lieu en 2023. On peut s’attendre également à un phénomène de « démondialisation » redonnant du poids aux souverainetés nationales, comme le suggère l’économiste Jacques Sapir. 1 2 C’est le passage de la sélection K à la sélection r en biologie. 3. Ce mouvement pourrait inclure un retour aux monnaies nationales, comme le franc, non pas à la place de l’Euro mais en plus de ce dernier. Cela entraînerait un déclin de l’interconnectivité, améliorant la robustesse de l’économie. 4.

Thermodynamique de l'évolution. Un essai de thermo-bio-sociologie

François Roddier

Après avoir enseigné pendant 18 ans la physique à l’Université de Nice, je suis parti avec ma famille travailler aux États-Unis. J’ai passé 4 ans à Tucson (Arizona) et 12 ans à Honolulu (Hawaii). Avec mon épouse, nous avons participé au développement de l’instrumentation optique des grands télescopes. À la fin de l’année 2000, nous avons pris notre retraite et sommes revenus en France. L’image en tête de ce blog montre une ceinture de poussières circumstellaires que nous avons découverte. Des planètes peuvent s’y former. Après m’être intéressé à l’origine des planètes, je m’intéresse maintenant à la planète Terre, à l’origine de la vie et aux théories darwiniennes de l’évolution.

Notes

  1. Jacques Sapir, « Le nouveau XXIe siècle » Seuil, 2008.
  2. Jacques Sapir, « La démondialisation »  Points, 2011.
  3. François Roddier, « Thermodynamique de l’évolution » 2012, p. 118
  4. Bernard Lietaer et al., « Money and Sustainability : The Missing Link. A Report from the Club de Rome » Triarchy Press, 2012
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Hassan Nasrallah : « Israël sera vaincu plus facilement que Daech »

Par Sayed – Le 15 janvier 2018 – Source almayadeen

Interview du Secrétaire général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, par la chaine libanaise Al-Mayadeen, le 3 janvier 2018

Vidéo traduite et sous-titrée par Sayed

https://youtu.be/DJGBgGw6d7Q

Pour le cas où YouTube censurerait cette vidéo, vous la trouverez ici.

Transcription :

[…] Journaliste : – Éminent Sayed, afin qu’on ne dise pas directement après cette interview (comme c’est souvent le cas) que tu exagères dans tes propos (et qu’on se demande) comment (le Hezbollah) pourrait être victorieux dans cette guerre (à venir contre Israël) alors qu’il y a (en face) des États puissants, l’OTAN, la possibilité d’une guerre mondiale, et tu affirmes cependant que vous allez entrer (en Palestine occupée) au-delà de la Galilée durant la prochaine guerre si elle se produit. Peut-on imaginer raisonnablement que des combattants du Hezbollah vont envahir la Galilée et au-delà ?

Hassan Nasrallah : – Si une grande guerre se produit… Maintenant, la question de la Galilée est distincte, c’est une question dont on a parlé par le passé, et nous avons toujours clairement dit que la position de base (annoncée) aux combattants de la Résistance est : « Soyez prêts pour le jour où les dirigeants
de la Résistance pourront vous demander d’entrer en Galilée ou de libérer la Galilée ». Pour ce qui est d’aller au-delà de la Galilée, c’est lié à l’idée générale dont on est en train de parler. Si une grande guerre se produit dans la région, tout peut arriver.

Journaliste : – Pourquoi as-tu la certitude d’être victorieux, Éminent Sayed ? Pourquoi cette certitude ?  Vient-elle de Dieu, (du monde) invisible  Ou bien y a-t-il de véritables données de terrain ?

Hassan Nasrallah : – En ce qui concerne Dieu et l’Invisible, la question de la confiance en Dieu le Très-Haut et l’Exalté et en Sa Promesse, cela a évidemment une place fondamentale. Mais Dieu le Très-Haut, même lorsqu’il a assuré (les croyants) de Son aide et de Son soutien, a posé des conditions (matérielles) : « Préparez contre (vos ennemis) tout ce que  vous pouvez comme forces. » (Coran, 8:60). Et Il a dit : « Si vous assistez (la cause de)  Dieu, Il vous soutiendra. » (Coran, 47:7). La deuxième partie (nos propres efforts sur le terrain) est fondamentale.

Notre lecture de l’ennemi israélien à travers toutes les expériences et toutes les guerres est différente. Cet ennemi n’a pas de force en lui-même. Et il est possible de lui infliger une défaite. C’est le premier point. Ce débat était ancien mais nous y avons mis fin. Personne ne peut remettre en cause les réalisations de la Résistance au Liban et en Palestine. L’une des plus grandes réalisations de la Résistance sur les plans militaire, moral, culturel, psychologique et politique, c’est d’avoir brisé le mythe de l’armée israélienne invincible. (Nous avons démontré que) cette armée peut être vaincue.

Et je vais encore plus loin. Ceux qui sont capables d’infliger une défaite à Daech et aux forces takfiries en Syrie et en Irak sont bien plus capables d’infliger une défaite à l’armée israélienne.

Journaliste : – Daech est plus difficile (à vaincre) que l’armée israélienne ?

Hassan Nasrallah : – Bien sûr, cela ne fait aucun doute. L’armée israélienne n’a qu’un point fort, c’est son aviation. Mais la (seule) force aérienne ne permet pas de gagner la bataille. Si puissante soit-elle, la force aérienne ne permet pas de gagner la bataille.

Journaliste : – Et cette force aérienne va s’affaiblir dans le futur (du fait d’une éventuelle capacité anti-aérienne du Hezbollah).

Hassan Nasrallah : – Il faut qu’elle s’affaiblisse ! Le combat avec les forces takfiries est infiniment plus difficile que le combat (contre Israël). Tu vois, il y a une différence énorme entre le soldat et l’officier israélien et les combattants de ces forces (takfiries). Je ne suis pas en train d’exagérer la force (des takfiris), non. Mais je me dois d’être honnête.

Lorsque tu prends part à une bataille dans laquelle des centaines de kamikazes te font face. Je ne les considère pas comme des martyrs. Des centaines de kamikazes sur un véhicule contenant une ou deux tonnes d’explosifs, et qui s’attaquent à ta brigade, à ton bataillon ou à tes positions. Ils sont prêts à la mort, sans aucune limite. Indépendamment des raisons qui les y ont amenés (endoctrinement, drogue…). Des forces – dont le Hezbollah – ont combattu sur ce front très dangereux, durant sept ans en Syrie, trois ans et quelques en Irak, et sont parvenues à infliger une défaite à Daech, et je t’affirme qu’il aurait été possible de les vaincre plus rapidement sans le soutien et la protection de Daech par les Américains. Cela doit être signalé.

Cette armée israélienne, Professeur Sami, ses soldats, rien que pour avancer, comme nous les avons vus en 2006, ainsi que dans la dernière bataille à Gaza (en 2014) à Shuja’iya, nous avons vu comment combattaient les troupes d’élite israéliennes : pour avancer, les soldats et officiers doivent être précédés de blindés, suivis d’ambulances de guerre, n’est-ce pas, des ambulances, et au-dessus d’eux, il doit y avoir des hélicoptères et la force aérienne. Sans tout ça, ils ne font pas un pas en avant.

Un tel soldat est vaincu (d’avance), c’est un lâche qui n’a aucune volonté de combattre, malgré tous les matériels et capacités fournis. Nous avons vu cela au Liban, à Gaza, et c’est cette réalité qui est présente à l’intérieur de la Palestine occupée. Aujourd’hui, nous sommes face à une armée israélienne qui sort de plusieurs défaites, et qui depuis 2006 ne fait que s’équiper, s’entraîner, faire des manœuvres, encore et encore…

Journaliste : – Mais vous aussi.

Hassan Nasrallah : – On ne dit pas le contraire. Mais eux, ils n’ont pas réglé leur problème. Car leur problème ne réside pas dans les tanks, les avions et les armes. Leur problème, c’est les hommes. L’équation fondamentale introduite par la Résistance, et dans laquelle l’Axe de la Résistance a la main haute aujourd’hui, dans cette bataille, c’est l’équation de l’homme. Je fais partie des gens qui, assis à une table, affirment que 1 + 1 + 1 = 3, parce que le résultat est bien 3, je me base sur des données de terrain (incontestables).

Aujourd’hui, par exemple, l’un des points forts les plus importants, il faut que les gens le sachent, l’un de nos principaux points forts dans la grande bataille (qui se prépare) contre les sionistes, c’est qu’actuellement, il y a des centaines de milliers de combattants qui sont fin prêts à mener cette bataille sans aucune limite.

Journaliste : – En abattant des avions ?

Hassan Nasrallah : – Tu n’arrêtes pas de m’interroger sur (notre capacité à) abattre des avions.

Journaliste : – Mais c’est l’équation…

Hassan Nasrallah : – (Il y a des centaines de milliers) d’aspirants au martyr (prêts à combattre Israël). Tu vois, par le passé – quand on s’est réunis avec les différents mouvements de Résistance, on a évoqué le passé – un jeune yéménite venait rejoindre telle faction palestinienne, ou un jeune tunisien, algérien, ou égyptien.

Aujourd’hui, on ne parle plus de (quelques) jeunes venant d’ici ou de là. Nous parlons de forces véritables, de formations militaires et djihadistes, qui ont combattu sur différents terrains, qui ont pris part aux batailles les plus difficiles, qui n’ont pas peur, qui sont extrêmement aguerris, qui ont confiance en Dieu et en eux-mêmes. Aujourd’hui, ils sont présents dans l’Axe de la Résistance.

Journaliste : – Très bien. Tout ce que tu dis est très prometteur. Mais on pourra te rétorquer, Éminent Sayed, que tu affirmes pompeusement que vous allez vaincre Israël, l’envahir et traverser les frontières, mais Israël vous bombarde en Syrie, et vous ne faites absolument rien  en retour, vous n’avez pas riposté. Quelle en est la raison ?

Hassan Nasrallah : – C’est dans l’intérêt de la préparation à la grande guerre.

Journaliste : – C’est-à-dire ?

Hassan Nasrallah : Premièrement, au point où en sont les choses, on veille tous à ne pas être entrainés vers une escalade dans tel ou tel endroit, sauf s’il n’y a pas le choix. En Syrie, Israël frappe certaines choses. Parfois ils réussissent, parfois ils échouent, ils ne réussissent pas à chaque fois. C’est une question de détail sur laquelle je ne m’arrêterai pas.

Mais ils n’ont pas réussi ni ne réussiront à empêcher – Israël le sait, je ne révèle pas là un secret – que les capacités, les moyens et la préparation de la Résistance au Liban augmentent. C’est une chose qu’on prend en patience, jusqu’à nouvel ordre, je ne dis pas qu’on le tolèrera indéfiniment. (On patiente) jusqu’à nouvel ordre, dans l’intérêt du grand objectif stratégique (vaincre Daech et préparer la grande guerre contre Israël). Et c’est cela que j’ai appelé  les règles d’engagement.

Journaliste : – Très bien. Tu m’as averti que tu n’entreras pas dans les détails, mais permets-moi une question. Tout le bombardement israélien sur des positions, entrepôts ou usines d’armes ou de missiles du Hezbollah n’a pas empêché que les armes parviennent au Hezbollah ? C’est ce que tu veux dire ?

Hassan Nasrallah : – Ils ne l’ont pas empêché et ne l’empêcheront pas. Et ils le savent très bien. Je ne te révèle pas là un secret, même si c’est peut-être la première fois que je le dis devant les médias. Mais les Israéliens eux-mêmes le savent.

Journaliste : – Il y a également un dernier front (que je souhaite évoquer) avec ta permission avant qu’on aborde la question syrienne, Éminent Sayed, et c’est le front du sud de la Syrie. Beaucoup de choses ont été dites à ce sujet, et ont beaucoup inquiété les Israéliens, à savoir que le Hezbollah et l’Iran, naturellement avec l’aide et le soutien de l’armée syrienne qui a aussi combattu durant sept ans, se préparent à une Résistance près de la frontière, depuis le Golan jusqu’à toute la longueur de la frontière sud. Est-ce que c’est vrai ? Y a-t-il une nouvelle Résistance contre Israël à la frontière syro-palestinienne ?

Hassan Nasrallah : – Tu vois, c’est encore une chose dont il vaut mieux ne pas (trop) parler. En fin de compte…

Journaliste : – C’est une interview muette (sans aucune révélation), Éminent Sayed.

Hassan Nasrallah : – C’est parce que tu insistes sur les questions difficiles (secrètes). L’ennemi a tout à fait raison de s’inquiéter, je lui dis qu’il a raison de s’inquiéter. Car en fin de compte, ce qui s’est passé dans le sud syrien, c’est une expérience majeure qui est maintenant une possibilité pour les jeunes Syriens et l’armée syrienne. L’armée en tant qu’armée nationale, et les jeunes Syriens. Car tu sais qu’en Syrie, il n’y a pas que l’armée qui combat. Ceux que les médias syriens désignent comme les forces alliées, ce sont des formations populaires syriennes composées de jeunes gens des villages, des villes et des régions, chacun dans sa région, les jeunes d’Alep à Alep, ceux de Deraa à Deraa, ceux de Hama à Hama, ceux de Homs à Homs, etc., ceux de Soueïda à Soueïda, etc., ils ont combattu dans leurs provinces. Ces jeunes ont acquis une expérience grande et précieuse, surtout sur le front sud. Car la nature du combat sur le front sud avait tantôt une forme classique, tantôt  une forme de guérilla, des deux côtés.

Concrètement, cela a créé une structure humaine, au niveau du mode de pensée, de l’expérience, de la préparation, qui peut être réunie en 24 heures. Il n’est pas nécessaire qu’une formation effective (permanente) existe.

Notre présence même dans le sud syrien, pour des raisons liées à la nature de la bataille en cours en Syrie, partout où nous nous trouvons, il est naturel qu’Israël soit inquiet, car il y a une opposition viscérale entre nous et les Israéliens. C’est pour cela que les Israéliens sont inquiets, au sujet de tout ce qui peut se passer au sud de la Syrie, et ils œuvrent, ils font pression, ils essaient de profiter des pressions américaines, ils essaient de parler avec la Russie, ils essaient de menacer, d’effrayer, ils poussent des cris, pour qu’il n’y ait aucune Résistance et aucun Résistant dans le sud syrien. Mais jusqu’à présent, ils n’y sont pas parvenus.

Journaliste : – Cela s’est produit, il y a donc une présence de la Résistance, d’après ce que je comprends de tes propos, il y a des cellules résistantes prêtes à toute guerre prochaine contre Israël.

Hassan Nasrallah : – La Résistance est présente dans le sud syrien, et quoi qu’il en soit, c’est une chose normale sur le plan défensif, et la Syrie a le droit que cette Résistance soit présente à son service, s’il y a des attaques contre elle, et elle a également le droit, n’importe quand, de prendre la décision de recourir à la Résistance populaire pour libérer le Golan (de l’occupation israélienne).

Et si tu te souviens bien, dans les dernières années qui ont précédé les événements en Syrie, le Président Bachar al-Assad y a fait référence de manière claire et explicite, déclarant qu’il finirait peut-être par opter pour ce choix. Et c’est un choix logique et naturel, que redoute fortement Israël. Israël a très peur de ça.

Journaliste : – La Résistance populaire dont parlait le Président Bachar al-Assad était syrienne.

Hassan Nasrallah : – Oui.

Journaliste : – Mais actuellement, d’après ce que je comprends  de Ton Éminence, il y a une Résistance populaire syrienne et non syrienne sur le front sud.

Hassan Nasrallah : Oui. […]

 

Annexe

Les blogs jbl1960blog et resistance71 vous propose en complément une histoire du Hezbollah.

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Qui a pris mon Xanax ?


James Howard KunstlerPar James Howard Kunstler – Le 12 janvier 2017 – Source kunsler.com via dedefensa.com

La panique morale de la « Résistance » est de retour en mode Defcon 1 du jour au lendemain, juste au moment ou l’orgasme de justice des Golden Globe Awards commençait à s’estomper. La question occasionnelle de M. Trump à un couple de sénateurs concernant la politique d’immigration – « Pourquoi voulons-nous que toutes ces personnes viennent de ces pays de merde ? » – a activé le bouton « racisme » au Centre opérationnel de la Résistance et CNN a organisé une autre de ces campagnes d’anxiété orchestrée dont il a perfectionné le modèle au cours l’année précédente.

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La Chine enverra-t-elle des troupes en Syrie…


… pour protéger l’initiative des Routes de la soie contre le terrorisme mené par les États-Unis ?


Protecting the Belt and Road Initiative From US-Led Terrorism: Will China Send Troops to Syria?


Federico PieracciniPar Federico Pieraccini – Le 9 janvier 2018 – Source Strategic Culture

Un thème intéressant concernant la Syrie est l’implication de la République populaire de Chine dans le conflit. Alors que l’assistance diplomatique et économique de la Chine a été constante, sa contribution militaire à la Syrie est moins connue. Il est important pour la Chine et la Russie de contenir et de vaincre le phénomène terroriste au Moyen-Orient, ainsi que de déjouer les stratèges de l’État profond américain qui ne cessent d’employer le djihadisme comme arme pour déstabiliser les projets d’intégration en Eurasie.

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Oprah président(e), vraiment ?

« Être président, ce n'est pas animer un talk-show ou diriger un business médiatique. Le succès d'Oprah dans son domaine n'est pas plus révélateur de son potentiel à être un bon président que le succès de Trump dans l'immobilier. Vous ne pouvez pas critiquer Trump de n'avoir, ni expérience valable, ni simple compréhension de la politique publique, et dire ensuite que la solution, pour les démocrates, est juste d'agiter les mains en recherchant leur propre célébrité à promouvoir. »

- Paul Waldman, « Essayez de comprendre, les gars ! Oprah ne devrait pas se présenter à la présidence » Washington Post

2016-09-24_11h42_10Par Mike Whitney – Le 12 janvier 2018 – Source CounterPunch

Voudra, voudra pas ?

Personne n’est certain. Sa meilleure amie, Gayle King, dit qu’Oprah Winfrey n’a pas l’intention de se présenter à la présidence, mais son partenaire de longue date, Stedman Graham, n’est pas d’accord. il dit carrément : « Elle le ferait absolument. C’est au peuple de décider. »

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Hassan Nasrallah : « Trump va vers l’Armageddon »


Par Sayed – Le 17 janvier 2018 – Source almayadeen

Interview du Secrétaire général du Hezbollah par la chaine Al-Mayadeen, le 3 janvier 2018

Vidéo traduite et sous-titrée par Sayed

https://youtube.com/watch?v=yrLZJ-Vwj0c

Pour le cas où YouTube censurerait cette vidéo, vous la trouverez ici .

Transcription

[…] Journaliste :À la fin de la première partie de notre entretien, nous avons conclu sur deux points. Dans le premier point, tu as dit que les événements en Iran étaient sans conséquence et terminés, et le deuxième point dont on parle, le plus dangereux, est que Trump et Israël poussent la région vers une grande guerre, et pour le cas où cette guerre serait déclenchée, l’Axe de la Résistance s’y prépare et doit s’y préparer. Et je te demandais, est-ce que Ton Éminence est vraiment inquiète et craint que cette guerre advienne ? Car je comprends de tes propos que la guerre est (une possibilité) réelle, qu’ils vont peut-être la déclencher, et que vous allez être victorieux dans cette guerre.

Hassan Nasrallah : – Écoute, en ce qui concerne la possibilité d’une guerre, elle est réelle. Quant à son degré de probabilité, on ne peut pas l’écarter un seul instant. Car avec une telle mentalité, une telle administration… Et quoi qu’on dise, il ne s’agit pas seulement de Trump, mais du vice-Président, de l’ensemble de l’administration présente, de leur vision sous-jacente… Tu vois comme certains ont approché la cause d’Al-Quds. Il l’a approché d’un point de vue religieux ! Ces choses sont liées à…

Si tu lis les déclarations des Américains et même des Israéliens, tu vois qu’ils veulent un Armageddon, un (véritable) Armageddon qu’ils préparent et vers lequel ils se dirigent avec force. Nous connaissons leur mentalité.

Journaliste : – Ils sont soutenus par les sionistes chrétiens.

Hassan Nasrallah : Quoi qu’il en soit, il faut que nos yeux soient rivés sur cette possibilité, car lorsqu’ils détruisent le processus de négociations, ce qu’ils appellent le processus de paix, quels sont donc les choix qui restent ? Où veulent-ils amener la région (sinon à la guerre) ? C’est pour cela que je dis que c’est une possibilité réelle. Je ne dis pas plus que cela. Car pour affirmer plus que ça, il faut des preuves, et on va inquiéter les gens.

Journaliste : – C’est vrai.

Hassan Nasrallah : – Mais il ne serait pas juste que l’un d’entre nous enjoigne les gens à être rassurés, avec Trump et Netanyahou, avec tous ces fous, et affirme que la région va on ne peut mieux, qu’il n’y a rien à craindre, que la paix est garantie. Où voit-on cela ? Il n’y a absolument aucun indice dans ce sens. C’est pourquoi il faut parler de possibilité permanente (de guerre).

Ici, la possibilité seule suffit, du point de vue rationnel et quant à notre responsabilité, à nous pousser à prendre des mesures. À savoir qu’on se doit de se préparer, de s’organiser, de renforcer notre front, notre Axe, nos hommes, notre situation et nos capacités, pour (la guerre) qui peut advenir (d’un jour à l’autre). Si elle n’advient pas, on n’aura rien perdu. On se sera renforcé. Et si elle se produit, on sera prêts à y faire face.

Journaliste : – Éminent Sayed, vous vous préparez donc avec l’Iran, l’Irak, la Syrie, le Liban et la Palestine ? Tel est votre Axe (de la Résistance) à présent ?

Hassan Nasrallah : – Fondamentalement, oui. Naturellement, on considère aussi comme inclus dans l’Axe, car il ne s’agit pas nécessairement d’un Axe seulement militaire, toutes les personnalités, mouvements, partis et forces des mondes arabe et musulman qui soutiennent cette voie. Nous les considérons comme faisant partie de l’Axe (de la Résistance). Mais les principales forces militaires sur le front sont celles qu’on vient d’indiquer.

Mais permets-moi d’ajouter l’élément yéménite. L’élément yéménite qui est actuellement agressé et attaqué. Lorsque j’ai annoncé que dans la guerre à venir, il n’y aura pas des dizaines mais des centaines de milliers (de combattants qui viendront à nos côtés), si tu te souviens, après quelques jours seulement, Sayed Abdel-Malik al-Houthi, dans un discours en direct, a annoncé qu’il était prêt, et que des forces djihadistes yéménites étaient prêtes à participer à cette guerre (contre Israël).

Je vais même te dire plus que ça. A travers le contact permanent qui existe entre nous d’une manière ou d’une autre, j’ai reçu une lettre directement après mon discours, et avant que Sayed Abdel-Malik al-Houthi annonce cette position à la TV, m’informant qu’ils étaient prêts, en cas de guerre, à envoyer des forces par dizaines de milliers si on en avait besoin, des dizaines de milliers de combattants, même si la guerre saoudo-américaine contre eux se poursuit.

Le Yémen aujourd’hui, ce qu’on désigne comme l’armée yéménite et les forces populaires qui y combattent, font selon nous pleinement partie de l’Axe de la Résistance et du Front de la Résistance. Et du reste, c’est l’une des raisons de la guerre menée contre le Yémen.

Journaliste : – C’est vrai.

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