Ignorance crasse et tragique des leçons de l’Histoire:
L’Otan dans l’ombre de l’opération nazie Barbarossa

Finian Cunningham

Finian Cunningham

Par Finian CUNNINGHAM – Le 13 mars 2015 – Source strategic-culture

L’opération de l’OTAN Atlantic Resolve poursuit sa marche en avant avec la dernière arrivée de militaires américains supplémentaires dans la région de la Baltique. Au motif de la défense de l’Europe de l’Est contre l’agression russe, plus de cent chars d’Abrams et des transports de troupes blindés Bradley ont débarqué en Lettonie. Le mois dernier, une présentation semblable de forces motorisées d’assistance militaire a été exhibée en Estonie – dans la ville de Narva – avec des drapeaux américains déployés par le second régiment de cavalerie US, à peine à 300 mètres de la frontière russe.

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Pourquoi les Russes sont-ils des têtes de Turcs?

– Le

« Le traitement spécial réservé aux Russes et aux Serbes est motivé par leur insoumission »

Despot

Slobodan Despot

Entretien avec Slobodan Despot 

 Slobodan Despot est écrivain et éditeur. Il a notamment publié Despotica en 2010 (Xenia) et Le miel en 2014 (Gallimard). Suisse d’origine serbe, il porte un intérêt tout particulier au monde slave. Nous avons discuté avec lui de la manière dont les médias, les politiques et les intellectuels occidentaux rendaient compte du conflit en Ukraine.

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Riposte US face aux succès de l’Iran et de l’Irak contre l’État Islamique: une alliance avec Al-Qaïda, ça fait désordre, non?

Le 11 mars 2015 – Source : Moon of Alabama

Nouvelle campagne en faveur d’une alliance avec le front al-Nosra

En octobre 2013, une campagne médiatique a tenté de vendre l’idée que le front al-Nosra, la branche armée d’al-Qaïda en Syrie, était formé de bons terroristes qui méritaient l’appui de l’Occident dans sa lutte contre les mauvais terroristes de l’État islamique. D’autres groupes djihadistes, comme Ahrar al-Sham, étaient également considérés par certains comme des alliés favorables à la cause.

Le Qatar, qui est le principal commanditaire du front al-Nosra, tente de nouveau de vendre l’idée que les terroristes d’al-Qaïda demeurent la meilleure solution qui soit contre l’État islamique, au moment même ou de plus en plus de rebelles modérés soutenus par les USA font défection au profit du front.

La nouvelle campagne s’est amorcée dans un article de l’agence Reuters, qui reposait exclusivement sur les propos d’un rebelle syrien peu fiable et de sources anonymes qataries selon lesquelles le front al-Nosra pourrait desserrer ses liens avec al-Qaïda en échange d’argent du Qatar et de l’aide occidentale, ce qu’un journal officiel du front a plus ou moins démenti. On a ensuite publié deux articles d’experts occidentaux qui tentent de vendre al-Qaïda en Syrie comme étant du bon côté et digne de notre soutien. Il ne s’agit pas, comme par le passé, de suggestions de propagande à peine voilée, mais carrément d’arguments favorables à une alliance avec al-Qaïda.

Sur le site de la BBC, un certain M. Roberts plaide en faveur de meilleures relations avec le front al-Nosra. À propos des contacts intensifs entre le Qatar et le front al-Nosra rapportés par l’agence Reuters (que le front réfute plus ou moins), il écrit :

En effet, il est peu probable que le Qatar agisse seul. Les gouvernements des USA et du Royaume-Uni entrent sûrement dans les plans du Qatar ou sont à tout le moins informés.

Puis en désespoir de cause devant l’EI et la résilience de Bachar al-Assad, une force combattante réformée efficace serait bien vue par l’Occident.
(…)

Dans un environnement opérationnel aussi variable que fragmenté, le Qatar ne parviendra pas à faire une coupure nette entre le front al-Nosra et al-Qaïda.

Mais dans un contexte où le mieux que l’on puisse faire, c’est d’arriver à la moins mauvaise solution, le plan du Qatar est aussi viable que d’autres.

Ainsi, la collaboration avec al-Qaïda en Syrie, dont M. Roberts lui-même dit qu’on ne peut vraiment le réformer, est aussi viable que, par exemple, faire la paix avec le gouvernement syrien?

M. Roberts est l’ex-directeur du bureau qatari du Royal United Services Institute (Rusi). Son livre, Qatar: Securing the Global Ambitions of a City State, sera publié en 2015. Il s’agit de toute évidence d’un lobbyiste payé par le Qatar pour promouvoir, d’une manière ou d’une autre, les politiques de la dictature wahhabite.

L’article d’un certain Barak Mendlesohn dans Foreign Affairs est encore pire et a même pour titre Accepter al-Qaïda, l’ennemi de « l’ennemi » des USA :

Depuis le 11 septembre 2001, Washington voit en al-Qaïda la plus grande menace contre les États-Unis, qui doit être éliminée à tout prix et en tout temps. Après avoir tué Oussama ben Laden en 2011, Washington a fait d’Ayman al-Zaouahiri, le nouveau chef d’Al-Qaïda, sa nouvelle cible numéro un. Mais l’instabilité au Moyen-Orient à la suite des révolutions arabes et la montée fulgurante de l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL) obligent Washington à revoir sa politique à l’égard d’Al-Qaïda, en particulier son ciblage de Zaouahiri. Déstabiliser al-Qaïda à ce moment-ci pourrait en fait nuire aux efforts des USA pour assurer la défaite de l’EIIL.

Il faudrait donc cesser de s’en prendre à al-Qaïda? Qu’en pensent les victimes du 11 septembre ?

Ce fou furieux est un ancien officier de l’armée israélienne devenu depuis analyste des affaires internationales et stratégiques. L’armée israélienne soutient directement le front al-Nosra dans le sud de la Syrie, notamment sur les hauteurs du Golan.

Les USA ont contribué à créer al-Qaïda et l’État islamique. Au Moyen-Orient, c’est la Turquie, une alliée membre de l’Otan, qui assure le soutien logistique des deux groupes. Les alliés des USA au golfe Persique aident au financement de ces terroristes. Voilà maintenant qu’ils nous appellent à accepter le front al-Nosra comme un allié officiel contre le gouvernement syrien.

Les gouvernements de l’Irak et de l’Iran ont bien raison de ne pas croire que les USA cherchent à détruire ou même à défaire les forces djihadistes. Leur succès actuel contre l’État islamique autour de Tikrit démontre que l’EI et le front al-Nosra peuvent être battus par des forces terrestres, notamment sans le soutien des USA. Ils ont un doute raisonnable que les USA ne seraient que trop heureux de maintenir en vie le front al-Nosra, de façon à pouvoir continuer de s’impliquer dans les affaires de leurs pays. Ils ont donc décidé de laisser de côté les USA dans leur lutte contre l’État islamique, de faire fi de leurs conseils et de ne pas leur faire part de leurs plans.

À la lumière de la campagne en faveur d’une alliance avec le front al-Nosra, il faut avouer que c’est une sage décision.

Traduit par Daniel, relu par jj pour le Saker francophone

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La sémantique ubuesque de l’Empire du néant

Le 12 mars 2015 – Source Moon of Alabama

Le gouvernement des États-Unis (PIB : 16 768 100 millions de dollars) déclare que la situation au Venezuela (PIB : 371 339 millions de dollars)

… constitue une menace exceptionnelle et extraordinaire pour la sécurité nationale et la politique étrangère des États-Unis

Et que cela oblige la Maison Blanche, selon ses dires, à

… déclarer une situation d’urgence nationale pour faire face à cette menace.

«Pourquoi, demandent les Vénézuéliens – y compris l’opposition parrainée par les États-Unis – pensez-vous que nous soyons une menace exceptionnelle et extraordinaire qui vous oblige à déclarer une situation d’urgence nationale

Réponse : «Nous ne croyons pas un instant que vous soyez une menace exceptionnelle extraordinaire qui nous oblige à déclarer une situation d’urgence nationale»

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Ukraine:
Reprise de la guerre au printemps?

Par Colonel Cassad – Le 13 mars 2015 – Source cassad-eng.livejournal

Une brève mais importante mise à jour: les Etats-Unis veulent saboter les accords de Minsk pour éliminer l’Europe du jeu.

Quelques mots sur la prochaine étape de la guerre et sur la décision du Conseil de sécurité nationale et de défense de l’Ukraine (CSND)* concernant le statut spécial des districts spécifiques du Donbass en vertu des accords du 19 septembre.

1. Il faut dire tout de suite que la décision du CSND ukrainien ne va pas satisfaire les Républiques populaires de Donbass (RPD) et de Lougansk et que personne ne renoncera à Debaltseve ni à l’aéroport. Cette décision a en fait pour but de saboter les accords de Minsk en torpillant le volet politique des accords signés le 12 février. C’est juste un nouveau maillon de la longue chaîne des actes de sabotage de la junte, comme le fait que celle-ci n’ait pas terminé l’échange de prisonniers de guerre, n’ait pas arrêté de tirer, n’ait pas retiré ses armes lourdes et son artillerie, ait refusé d’amnistier les dirigeants de la RPD, ait annoncé que seule l’autorité des gens élus pendant le mandat de Ianoukovitch était légale, et ait également essayé d’obtenir déploiement de soldats de la paix dans le Donbass pour contrôler la frontière. Tout cela suggère que la junte sabote systématiquement et délibérément les accords de Minsk avec un objectif très clair: au moment opportun, elle doit être prête à reprendre les hostilités et en faire porter le chapeau à la RPD, à la RPL et à la Fédération de Russie.

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La campagne de Crimée, une opération de communication exemplaire

Par Anna Markonova – Le 3 mars 2015 – Source theorisk.wordpress

Alice Lacoye Mateus est une avocate franco-portugaise et ancienne diplômée de l’École de guerre économique (Paris). Elle a récemment rédigé La campagne de Crimée, une opération de communication exemplaire pour le dossier thématique de Knowckers.org consacré à la guerre de l’information. Remercions le webzine Theatrum Belli pour cette découverte et prélevons quelques échantillons de cette superbe analyse…

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« Le succès de la campagne de Crimée est désarmant: 190 bases militaires ukrainiennes se sont rendues en trois semaines alors qu’elles n’étaient pas confrontées à un déploiement en masse russe. En d’autres termes, en moins d’un mois, 16.000 soldats ukrainiens ont perdu une bataille face à 10.000 hommes de troupes d’assaut dont le véhicule de transport le plus lourd était un BTR80 [blindé léger, NdT]. Pendant un certain laps de temps, notamment lors du conflit israélo-libanais de 2006, l’asymétrie a été associée à des conflits caractérisés par des acteurs de nature différente et aux capacités contrastées. Or, l’annexion de la Crimée témoigne de l’efficacité des stratégies asymétriques au sein de conflits interétatiques, soit entre des acteurs souverains disposant de capacités conventionnelles. L’asymétrie n’est alors pas relative à la nature des acteurs, faible ou puissante, mais au choix des techniques, stratégies, et centres des gravité conflictuels. Le déploiement des tactiques asymétriques vise à empêcher un adversaire de défendre ses intérêts au travers d’opérations psychologiques, d’information warfare et d’intimidation par la démonstration de forces conventionnelles, de pression économique et d’opérations des forces spéciales notamment déguisées en partisans locaux. »

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Un dernier regard sur l’économie réelle avant qu’elle n’implose – Partie 1

Par Brandon Smith – Le 4 mars 2015 – Source www.altmarket.com


Nous sommes seulement au deuxième mois de 2015, et cette année a déjà prouvé qu’elle serait la plus volatile économiquement parlant depuis 2008-2009. Nous avons vu les marchés pétroliers s’effondrer d’environ 50% en l’espace de quelques mois (au moment où la Réserve fédérale a annoncé la fin du QE3, méthode destinée à utiliser la monnaie fiduciaire pour cacher la baisse de la demande de biens), le Baltic Dry Index perdre 30% depuis le début de l’année, la surprise de la monnaie suisse, les Grecs qui menacent de sortir de l’UE (et maintenant les citoyens grecs menaçant de manifestations violentes le nouvel accord sur les quatre prochains mois), et les effets de la grève dans les ports de la côte Ouest des États-Unis qui dure depuis neuf mois et n’est pas encore réglée. Ce n’est pas seulement une expression fugace d’un premier trimestre négatif, c’est un signe de ce qui arrive.

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Tuez-les tous. Wall Street reconnaîtra les siens. Un général US pète les plombs à la télé

Le 12 mars 2015 – Source Russia Insider

Robert Scale, un général US à la retraite, expert militaire pour la chaîne de télévision néocon Fox News, donne son point de vue sur l’engagement américain en Ukraine, le décrivant comme un jeu, set et match. La seule façon pour les US de procéder efficacement dans la région est de commencer à tuer les Russes

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Maj. Gen. Robert Scales avait été invité au programme Lou Dobbs Tonight, mardi, pour commenter principalement la lutte des forces irakiennes contre l’État islamique près de la ville de Tikrit.

Le présentateur, cependant, voulait plus d’analyses sur l’implication des États-Unis dans le monde et a demandé au général en retraite de commenter l’annonce récente des États-Unis qu’ils enverraient 3–000 soldats en Europe de l’Est: «Dans quel but?»,  a-t-il  demandé.

Le présentateur, Lou Dobbs, a trouvé la réponse surprenante

«Je pense que ça ne servira à rien, Lou, a répondu Robert Scales. La situation est de type jeu, set et match en Ukraine. La seule façon pour les États-Unis d’avoir un rôle efficace dans cette région et d’espérer inverser la tendance est de commencer à tuer les Russes. Tuer tellement de Russes que les médias aux ordres de Poutine ne pourront même plus cacher le fait que les Russes sont de retour à la mère Patrie dans des sacs mortuaires. Mais étant donnée la quantité du soutien que nous avons apporté à l’Ukraine, et compte tenu de la capacité des Ukrainiens eux-mêmes à contre-attaquer, se saisir des 12 000 Russes qui campent dans leur pays n’est malheureusement pas susceptible de se produire.»

C’est tout ce dont la stratégie de guerre par procuration est capable.

 Traduit par jj, relu par Diane pour le Saker Francophone

 

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Ce qu’il faut savoir pour comprendre la crise en Ukraine

Par Thomas Riggins – Le 11 mars 2015 – Source Countercurrents

Les manœuvres politiques et militaires qui ont lieu actuellement en Ukraine ont le potentiel de devenir hors contrôle. Si nous ne comprenons pas ce qui a provoqué cette crise, il n’y a aucun espoir d’empêcher l’escalade. Afin de comprendre ce qu’il en est vraiment, nous devons nous abstenir de simplement montrer du doigt un camp ou l’autre en attribuant l’entière responsabilité de la crise à l’un des camps, même si la responsabilité est peut-être inégalement répartie.

Les médias de l’establishment occidental (reflétant la position des États-Unis et de l’UE) semblent partager l’idée que la crise est le résultat de la politique étrangère revancharde menée par la Fédération de Russie et son président Vladimir Poutine d’une part, et du désir du gouvernement de Kiev de construire une Ukraine démocratique sur le modèle de l’Europe occidentale et libre de toute influence et domination russes, de l’autre.

Pour beaucoup de monde, c’est très simple: il s’agit d’une guerre par procuration entre une Russie non démocratique et dictatoriale qui a probablement l’intention de recréer les anciennes frontières de l’URSS, et les démocraties occidentales emmenées par les États-Unis, appelés une fois encore à défendre le monde libre. L’expression une nouvelle guerre froide résume cette position.

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Les enlèvements de l’EI
sont-ils une propagande de l’Observatoire syrien des droits de l’homme?

Par Shawn Helton – Le 28 février 2015 – Source 21WIRE

GUERRE PSYCHOLOGIQUE 

Les enlèvements de l’État islamique sont des instruments de propagande de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme

Les derniers racontars sur les enlèvements d’EI tirent leur origine d’une source unique, l’Observatoire syrien des droits de l’homme, une organisation financée de façon importante par l’Union européenne…

Il y a eu ces derniers jours un flot de rapports sur les militants sunnites masqués, connus sous le nom d’EI. Une organisation activiste financée par l’Union européenne et basée au Royaume-Uni, l’Observatoire syrien des droits de l’homme a distribué ces rapports prétendant que 220 chrétiens assyriens issus de 11 villages, avaient été enlevés dans la campagne de Tal Tamir à al-Hasakah en Syrie, par les ninjas croquemitaines tout de noir vêtus.

L’histoire arrive après des articles révélant, apparemment, que des combattants des Peshmergas ont été retenus captifs dans des cages (voir la vidéo plus loin).

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