Par Moon of Alabama – Le 4 septembre 2021
Les États-Unis ne veulent pas la paix en Afghanistan. Il y a deux raisons à cela.
La première est la vengeance.
Qu’une prétendue superpuissance se fasse éjecter d’un pays par une guérilla locale est trop difficile à accepter. Le fait que la retraite se soit produite d’une manière plutôt humiliante, même si elle a été causée par l’incompétence des États-Unis et pas du fait des talibans, ne fait que renforcer ce sentiment.
L’esprit de vengeance était déjà visible dans les derniers jours de l’occupation américaine. Les forces américaines quittant Kaboul ont non seulement détruit les équipements militaires, mais aussi la partie civile de l’aéroport.
Il y a des moments où des lueurs de clarté brillent à travers le brouillard de la guerre narrative. Le discours d’investiture du président Raïssi ce mois-ci a été l’une de ces lueurs d’espoir. L’Iran se repositionne stratégiquement : les années passées à essayer de trouver un modus vivendi avec l’Occident n’ont fait que démontrer aux deux partenaires de cette « liaison » peu romantique qu’une relation n’est tout simplement pas possible. En effet, comme l’a laissé entendre Raïssi, cela a non seulement manqué de couler l’Iran, mais l’a aussi laissé avec une maison en désordre. Raïssi doit d’abord remettre de l’ordre dans sa maison, a-t-il dit, puis ouvrir la diplomatie à un cercle d’interactions plus large et plus diversifié. Les huit dernières années ont été étouffantes. Il faut ouvrir une fenêtre.
L’empire américain est en chute libre. Bien. L’Afghanistan est retourné au contrôle nativiste comme prévu. Les « gardiens de chèvres » restent invaincus. La rapidité de la prise de pouvoir par les talibans ne me surprend pas, car le travail préparatoire était en cours depuis des années.

