Les élites américaines ont oublié les accords mystiques de la mémoire. Le peuple américain n’a pas oublié.
Par Samuel P. Huntington – Le 1er mars 2004 – Source The National Interest
Les débats sur l’identité nationale sont une caractéristique omniprésente de notre époque. Ils soulèvent en partie des questions rhétoriques, mais ils ont également de profondes implications pour la société américaine et la politique américaine, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Les différentes perceptions – en particulier entre les citoyens et les élites les plus cosmopolites – de ce qui constitue l’identité nationale génèrent des intérêts nationaux et des priorités politiques différents.

Le confinement à la suite de la pandémie de coronavirus a 


Alors que l’Amérique se dissout en deux substances distinctes – une nation, deux psychés – nous devrions peut-être accorder plus d’attention à la psychologie sous-jacente à cette segmentation, et pas seulement à ses effets «politiques». De toute évidence, cette scission est vitale pour comprendre les États-Unis. 

Il est assez intéressant d’observer à quel point les commentateurs ont mal interprété les émeutes raciales actuelles, ou les ont comparées avec les émeutes raciales précédentes de l’histoire des États-Unis. Je suppose qu’en disant que ces dernières émeutes sont «tout comme» ou «pas aussi mauvaises» que les émeutes raciales américaines passées, elles essaient de se rassurer en entretenant l’illusion que ce qui se passe maintenant est d’une ampleur limitée et / ou temporaire. Ce n’est pas le cas.
Bien sûr, George Floyd ne méritait pas de mourir avec le genou d’un flic sur le cou et le visage écrasé sur le bitume de la route, mais après le début, hier, d’une série de funérailles à la mémoire de l’ancien voleur à main armée, condamné et maintenant vénéré, on pourrait penser qu’il était la réincarnation – et la suite – de George Washington. Ah bon ? Euh, vérifiez ça… : Washington était propriétaire d’esclaves et, par définition, raciste. Alors Jules César – basé sur la façon dont le révérend Al Sharpton beuglait lors des premières funérailles de jeudi à Minneapolis. Tu peux répéter s’il te plaît ? Jules César possédait aussi des esclaves ? Et Abe Lincoln alors ? Nooon, juste un autre homme blanc ? Et un raciste refoulé … comme on dit.