Par Moon of Alabama – Le 14 février 2025
La suprématie d’après-guerre froide des Etats-Unis est insoutenable parce qu’elle est contrée par l’alliance de la Russie et de la Chine. Le marais de la politique étrangère étasunienne n’a pas d’opinion commune sur la façon de gérer cela.
Une faction soutient que la suprématie n’est pas viable. Elle appelle à accepter un monde multipolaire dans lequel les trois grands – la Russie, la Chine et les États-Unis – acceptent d’éviter de se combattre tout en divisant le globe en zones d’intérêts dédiées. Des conflits mineurs se dérouleraient aux frontières mais il y aurait globalement la paix.
Une deuxième faction veut maintenir la suprématie américaine en battant la Russie avant de s’attaquer à la Chine. Hillary Clinton et Joe Biden, avec leurs attaques contre la Russie, poussaient dans cette direction.
Une troisième faction pense que diviser la Russie et la Chine et ainsi neutraliser (ou même s’allier avec) la Russie avant de déclencher un conflit avec la Chine est la meilleure façon de procéder.


Il est possible, sinon probable, que la défaite de l’Ukraine dans la guerre et ses effets résiduels (effondrement de l’armée, du front et même de l’État) puissent faciliter leur accession au pouvoir si, d’une manière ou d’une autre, une Ukraine antirusse et indépendante émergeait après la guerre. Les ultra-nationalistes ou néo-fascistes ukrainiens sont fortement antilibéraux, anti-républicains et anti-occidentaux. Il y a quelques années, Dmitro Yarosh, fondateur puis dirigeant ou « coordinateur » du groupe néo-fasciste ukrainien Secteur Droit (SD) et plus tard conseiller du Commandant des Forces armées ukrainiennes, le Général Valerii Zaluzhnyi, qui est maintenant l’ambassadeur de Kiev au Royaume-Uni, ont promis qu’il y aurait une « deuxième phase de la révolution nationaliste » dont la révolte de Maidan de février 2014 n’était que la première. La deuxième phase consisterait à balayer les restes libéraux et oligarchiques de l’ordre démocratique pré-Maïdan restant encore dans le régime de Maïdan. De nombreux autres ultra-nationalistes et néo-fascistes ukrainiens ont des opinions similaires, et ils attendent le moment d’initier la deuxième phase.