
Par Juan Manuel de Prada – Le 21 novembre 2016 – xlsemanal.com
Souvent, lorsque l’on se pique de défendre ou d’accuser un régime politique donné, au lieu de se référer à ce qu’est ledit régime politique dans la situation présente, on se place (par cécité idéologique, par suivisme ambiant, voire par pure naïveté) sur un plan idéal de principes aussi ronflants que vains.
Quelque chose de semblable se produit lorsque l’on tente de juger le capitalisme, que ses défenseurs présentent en général comme un système économique dans lequel des agents libres opèrent sur un marché libre. Si le capitalisme était effectivement ce genre de chose, il serait facile de nous caricaturer, nous autres ses détracteurs, comme les partisans de l’esclavage, les détracteurs de la propriété privée et les défenseurs de la confiscation des moyens de production. Une telle caricature, très en vogue chez ceux qui défendent un capitalisme d’opérette ou de science-fiction, devient beaucoup plus hasardeuse lorsque l’on tente de fournir une description du capitalisme fondée sur des réalités quotidiennes, et non sur d’élégantes abstractions.









L’Euro est littéralement en train de détruire les nations et les économies de l’UE. Depuis que le régime des devises fixes est entré en vigueur dans les transactions en 2002, en remplacement des monnaies nationales, le régime des taux de change fixes a dévasté l’industrie dans les États périphériques au sein des 19 membres de l’Euro, en donnant un avantage disproportionné à l’Allemagne. La conséquence peu remarquée a été une contraction de l’activité industrielle et l’impossibilité de résoudre les crises bancaires qui en résultèrent. L’Euro est un désastre monétariste, et la dissolution de l’UE, désormais pré-programmée, n’en sera qu’une conséquence.