Principe d’incertitude maximale


Par Dmitry Orlov – Le 28 septembre 2017 – Source Club Orlov

Vasya Lozhkin

Nous vivons des moments d’incertitude. Aux États-Unis, de grandes étendues du Texas et de la Floride sont inhabitées en raison des dommages causés par les ouragans. Tout Porto Rico est sans électricité. Dans les Caraïbes, des îles entières, la Barbade, la Dominique et St-Martin, ont été détruites. Ailleurs dans le monde, sur l’île de Bali, 75 000 personnes ont été évacuées autour du volcan Mount Agung, qui est censé entrer en éruption. À Washington, le nouveau directeur de la FEMA exhorte tout le monde à développer une « culture de la préparation ». Mais le problème est que nous ne savons jamais vraiment quoi préparer. Si nous le savions, nous nous y préparerions sûrement, comme nous le faisons pour les éventualités les plus prévisibles. Oui, avoir un sac de survie avec quelques vêtements de rechange, quelques outils essentiels, ses papiers et de l’argent liquide est toujours une bonne idée. Mais que pouvons-nous faire au-delà de cela ? À quoi sert un stock de nourriture si votre maison est inhabitable ? À quoi sert une réserve de carburant si les routes sont infranchissables ? Et quelle est l’utilité de l’argent si le courant est coupé et si les caisses enregistreuses ne fonctionnent pas ?

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L’aversion publique comme déification


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Par Dmitry Orlov – Le 26 septembre 2017 – Source Club Orlov

1984 – Minute de la Haine

Avant de discuter des nombreuses façons dont les limitations de la linguistique, ses déficits et ses défauts mettent en danger notre capacité à penser et à communiquer nos pensées mais aussi obscurcit ce qui est tangible, expérimentalement réel, derrière un voile d’artifices et de bêtises, je veux me concentrer sur un phénomène qui est devenu particulièrement répandu ces derniers temps et qui a amené plusieurs d’entre nous à devenir par inadvertance des membres des Cultes de la haine politique.
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Levez vous, les prisonniers de la sémantique ! 3/3


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Par Dmitry Orlov – Le 21 septembre 2017 – Source Club Orlov

Le langage est l’outil avec lequel nous pensons et communiquons. Cela le rend très important. Il y a des idées flottant dans l’air qui font que notre choix d’outils linguistiques n’est pas pertinent. Ainsi les gens sont des gens, quelle que soit la langue qu’ils parlent, ils ont tous le droit de s’exprimer librement, et ils ont le droit d’exprimer leurs opinions, en fonction de ce qu’ils pensent, en votant. Mais il existe des différences entre les langues, tout comme il existe des différences entre une flûte et un kazoo à une extrémité du spectre et un piano de concert à l’autre. Par conséquent, le répertoire classique est rempli de concertos pour piano, mais il y a une pénurie pour les deux autres. Le langage a toutefois beaucoup plus d’utilité que de faire de la belle musique : c’est le moyen utilisé pour la réflexion, la délibération et la prise de décision.
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La défaite militaire comme déclencheur d’un effondrement financier


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Par Dmitry Orlov – Le 19 Septembre 2017 – Source Club Orlov

En 2007, j’ai publié Reinventing Collapse, dans lequel j’ai comparé l’effondrement de l’URSS à celui prochain des États-Unis. J’y écrivais ce qui suit :

« Imaginons que l’effondrement d’une superpuissance militaro-industrielle moderne, c’est comme faire de la soupe : couper les ingrédients, chauffer et remuer le tout. Les ingrédients que j’aime mettre dans ma soupe d’effondrement d’une superpuissance sont : un forte réduction chronique de la production de pétrole brut (cet élixir addictif magique des économies industrielles), un déficit commercial sévère en augmentation avec l’étranger, un budget militaire en augmentation dans une fuite en avant et une dette contractée à l’étranger gonflant inexorablement. La chaleur et l’agitation peuvent être fournies de manière très efficace par une défaite militaire humiliante et par l’augmentation chez la population de la peur d’une catastrophe imminente. » (Page 2)
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Levez vous, les prisonniers de la sémantique ! 2/2


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Par Dmitry Orlov – Le 29 août 2017 – Source Club Orlov

« Un mauvais travailleur accuse ses outils » est une expression assez commune, que les gens comprennent souvent de travers en pensant que les outils n’ont pas d’importance et que seules les compétences en ont. C’est évidemment faux : les outils sont importants et un bon ouvrier commence par se procurer de bons outils et les garde affutés et en bon état. Les bons ouvriers suivent les normes professionnelles, tant par les outils qu’ils utilisent que par les objets qu’ils produisent. En ce qui concerne la réflexion, notre principal outil est le langage. Il est très difficile d’exprimer des pensées compliquées en utilisant des langues simples ou de bien réfléchir en utilisant une langue imparfaite.
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Levez-vous, les prisonniers de la sémantique ! 1/2


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Par Dmitry Orlov – Le 29 août 2017 – Source Club Orlov

Est-il possible qu’une personne soit asservie par un mot ? Difficilement, à moins que la personne ne soit complètement idiote. Mais quand il s’agit de grands groupes de personnes – plus c’est grand, mieux c’est – le phénomène est endémique. Quelques syllabes en latin, si elles sont placées sur un piédestal assez élevé, entourées d’un échafaudage d’autres mots formant une idéologie et transformées en mantra par les techniques habituelles d’endoctrinement, peuvent maintenir une vaste population asservie pendant des périodes historiquement significatives. Certains de ces mots finissent dans le suffixe « isme » – communisme / socialisme / capitalisme, féminisme – mais pas tous, parce qu’il y a aussi « patriarcat », « dette », « genre » et « race ». Vous sentez vous asservi par eux ? Dans l’affirmative, lequel de ces mots trouvez-vous particulièrement asservissant ?

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Tout va selon le plan


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Par Dmitry Orlov – Le 22 août 2017 – Source Club Orlov

Si vous regardez la condition contemporaine des États-Unis, il est facile de tomber dans le puits émotionnel des sentiments tristes, de déplorer l’état désolant des choses, de se plaindre amèrement et de maudire son destin. Tout se déglingue ! Est-il possible, dans ces conditions, de continuer à croire en la vision angélique qui prétend que tout est comme cela doit être, dans le meilleur des mondes ? Je l’espère sincèrement ! Il y a, bien sûr, les rationalisations faciles comme « cela pourrait toujours être pire » et « nous ne sommes pas encore morts ». Cependant, peu d’entre nous les trouvons entièrement satisfaisantes. Mais il y a aussi la possibilité beaucoup plus séduisante de comprendre comment nous en sommes arrivés là et où nous allons. Une fois que nous l’aurons compris, nous nous reprocherons brièvement d’avoir espéré autre chose, puis nous nous dirigerons vers des choses plus intéressantes. Cette compréhension n’est pas facilement accessible. Pour beaucoup d’entre nous, il devient de plus en plus difficile de combler le gouffre entre les observations et nos souhaits. Voyons voir !
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La solution nucléaire


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Par Dmitry Orlov – Le 15 août 2017 – Source Club Orlov

Lorsque, au milieu d’une partie de cartes, vous vous rendez compte que vous êtes sur le point de perdre votre ferme, votre chemise et votre premier-né, vous pouvez décider d’opter pour l’option nucléaire : renverser la table en attrapant votre revolver. Les résultats peuvent varier, mais ils sont nettement préférables à celui qui est prévisible si vous ne faites rien : l’extrême humiliation et la pauvreté. Vous pourriez être trop lent et mourir d’une mort douloureuse mais rapide, criblé de balles. Vous pourriez être le plus rapide et tuer ou désarmer vos adversaires. Ou vos adversaires risquent de courir vers les sorties, et vous permettre de ramasser le pognon sur la table. Le premier de ces résultats peut sembler le moins attractif ; mais en supposant que vous vous pensiez bien armé et rapide à dégainer et que vos adversaires sont des lâches, vous pourrez peut-être vous persuader que c’est votre meilleur option. En ce qui concerne les pires scénarios, une possibilité est que vos ennemis vont vous désarmer avant que vous ayez eu une chance de tirer, vous coller un pruneau dans le ventre, prendre votre argent, se rire de vous, vous enfermer dans une cave et vous laisser mourir lentement.
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Le danger d’être pris au sérieux


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Par Dmitry Orlov – Le 8 août 2017 – Source Club Orlov

Supposons que vous ayez Napoléon Bonaparte et Jésus-Christ chez vous pour le thé. Napoléon parle de conquête du monde alors que Jésus-Christ le regarde songeur. Une fois que Napoléon finit par se taire, Jésus-Christ l’entretient alors longuement sur le vrai royaume, LUI, qui n’est pas dans ce monde, mais dans le prochain, et comment il n’aura pas de fin. Avec lequel d’entre eux, le cas échéant, devriez-vous être d’accord ? Ce sont des hommes puissants avec de grands egos. Tout faux pas de votre part peut aboutir à ce que vos précieuses tasses de thé personnalisées aux couleurs d’Alice aux Pays des merveilles, délicatement peintes à la main par les dames qualifiées de Stoke-on-Trent, dans le Staffordshire, se brisent en morceaux. Contestez l’un d’entre eux, et cela se retournera contre vous. Renforcez les revendications de l’un contre l’autre, et la situation va dégénérer. Tout un dilemme !
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La guerre au gaz hilarant


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Par Dmitry Orlov – Le 1er aout 2017 – Source Club Orlov

Viktor Bogorad

Il existe de nombreuses façons de tuer ses ennemis : leur balancer la Bombe, les bombarder avec des armes classiques, les faire se battre entre eux dans une guerre civile, les affamer en utilisant un blocus et des sanctions, miner leurs économies par des manipulations du marché, etc. Ou, en l’absence de tout cela, vous pouvez essayer de les faire mourir de rire. Les tentatives précédentes des États-Unis pour détruire la Russie ont échoué. L’utilisation d’armes nucléaires contre la Russie entraînerait avec certitude l’anéantissement des États-Unis environ 30 minutes plus tard. Les armes classiques ne feraient pas une grande différence, à moins que les États-Unis ne planifient une invasion terrestre, et l’invasion de la Russie a toujours été et continue d’être une stupidité suicidaire. Les tentatives américaines d’isolement de la Russie à l’échelle internationale ont échoué. Les sanctions imposées à la Russie ont causé peu de dégâts à l’économie russe, qui continue d’être en plein boom. Sans autre option, il semblerait que les Washingtoniens aient décidé de recourir au seul coup tordu qu’ils aient encore en magasin : recourir à des bouffonneries qui risquent de faire effondrer la Russie de rire.
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