
Orlov
Par Dmitry Orlov – Le 23 janvier 2018 – Source Club Orlov
Il y a actuellement beaucoup d’insatisfaction face à la performance d’un président américain assiégé. Pour commencer, il avait les mauvais partisans : trop peu de féministes radicales ; trop de mâles hétérosexuels blancs dont la masculinité toxique est un problème majeur selon les féministes radicales. Ensuite, bien sûr, il n’a été élu que grâce à l’ingérence néfaste du plus grand syndicat du crime organisé au monde, la Russie, dirigé par nul autre que le redoutable pirate Poutine. Les Russes sont si parfaitement intelligents que pas un seul fragment de preuve concluante de leur ingérence n’a pu être mis au jour malgré une année d’efforts inlassables d’un enquêteur spécial extraordinairement compétent. Alors, et cela ne fait qu’empirer, il se trouve qu’une autre sorte d’ingérence néfaste était en cours : le ministère de la Justice et le FBI, sous la direction de Barack Obama, ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour exonérer Hillary Clinton de ses nombreux crimes tout en mettant le paquet pour déterrer toutes les crasses possibles sur Trump. Mais c’est aussi totalement de la faute de Trump : comment a-t-il pu ne pas commettre de bourdes menant à sa destitution, pour permettre à ses adversaires de les trouver ?
Je me suis lancé dans cette série d’essais pour me concentrer sur un moment particulièrement difficile et tendu de l’histoire américaine. Les États-Unis et le Canada et, dans une moindre mesure, l’Europe occidentale, font une dépression nerveuse et sont aux prises avec l’hystérie du 
Il est actuellement à la mode de dénigrer l’importance de la biologie. Peut-être qu’il fut un temps où les humains vivaient avec d’autres animaux, soumis aux mêmes caprices de la nature, mais maintenant nous avons la technologie : le contrôle des naissances, la fécondation in vitro, les accouchements par césarienne, les soins intensifs pour les naissances des prématurés et ainsi de suite. Toute tentative de faire valoir que nous ne sommes, en fin de compte, qu’un groupe d’animaux, et que la civilisation est une condition temporaire, a peu de chances d’être bien reçue. Un aspect particulièrement tendu et fortement contesté du déterminisme biologique a à voir avec les différences sexuelles. En tant qu’idéologie officielle, nous devons maintenant croire que les hommes et les femmes ont exactement les mêmes capacités, et quiconque dit quelque chose de différent est jugé coupable de « perpétuation des stéréotypes sexuels » un acte qui, comme un employé blanc de Google l’a récemment découvert, est maintenant considéré comme une cause de résiliation du contrat de travail
À l’aube de cette transition entre deux années, il est traditionnel de tirer des conclusions à partir d’un échantillon d’événements notables artificiellement choisis dans l’année précédente et de faire des prédictions sur ce qui pourrait se passer pendant la suivante, en attribuant une signification artificielle à cette date limite artificielle. « L’hérésie calendaire » : c’est comme cela qu’un prêtre l’a appelée un jour.
Quand la personne moyenne pense à la technologie, la première chose qui lui vient à l’esprit n’est pas le chien ou le chat de la famille. On ne peut pas non plus considérer une volée de poulets, un paquet de graines ou un sac de pommes de terre comme des exemples de technologie. Mais le penseur de la technologie, Dmitry Orlov, dans son livre « Réduire la technosphère » soutient que c’est exactement ce qu’ils sont. Dans le contexte d’une ferme rurale, un chien est un système de sécurité à domicile très avancé, les chats et les poulets sont un service de lutte antiparasitaire (ces derniers ciblant respectivement les rongeurs et les insectes) et les pommes de terre et les paquets de semences jouent un rôle indispensable en fournissant les besoins médicinaux dont dépendent les citadins et les usines pharmaceutiques. Ce sont tous des exemples de technologies « naturelles » de celles qui représentent, selon les mots d’Orlov, « les adaptations humaines des choses que la nature a produites chez d’autres espèces en tant que traits d’évolution ».

En regardant les commentaires de la semaine dernière, depuis que Donald Trump a fait sa déclaration en reconnaissant Jérusalem comme la capitale d’Israël, on a l’impression que tout le monde est désorienté. La plupart des analystes ont essayé de trouver un sens profond à ce geste, mais leurs résultats ont été pauvres, et je suggère qu’ils abandonnent leur lecture dans le marc de café et les entrailles de chèvre et se concentrent plutôt sur ce qui est évident. Et ce qui est évident pour moi, c’est que la décision de Trump est cohérente avec un ensemble de traits qui ne sont pas spécifiquement les siens mais qui sont plus généralement américains et de plus en plus exprimés, alors que les États-Unis entrent dans la phase terminale de leur dégénérescence.
Si vous éliminez les usages courants du mot « communauté », tous ceux qui ne sont manifestement pas liés à la communauté, comme « communauté internationale » (un euphémisme boiteux) ou « relations communautaires » (synonyme de « relations publiques ») ou « centre communautaire » (synonyme de « maison de quartier »), à peu près tout ce qui reste, c’est « communauté de retraités ». Il y en a plus de deux mille aux États-Unis, avec près d’un million de résidents.