La détermination de l’Iran à sortir du confinement total mis en place par l’Occident


Par Alastair Crooke – Le 10 avril 2026 – Source  Conflicts Forum

La cessation temporaire des hostilités au Moyen-Orient est un jeu d’équilibriste. À l’origine, il devait y avoir une cessation des actions militaires sur “tous les fronts”, y compris au Liban ; c’était l’une des dix conditions préalables iraniennes. Trump a dûment affirmé que le cadre en 10 points de l’Iran constituait une “base viable” pour entamer des négociations directes avec l’Iran.

Pour l’Iran, ces points étaient considérés comme des conditions préalables, plutôt que comme des points de départ à partir desquels les négociations découleraient.

CBS a rapporté que Trump avait été informé que les conditions de l’Iran, qu’il avait acceptées jeudi, s’appliqueraient à la région du Moyen-Orient dans son ensemble ; et il a convenu que cela inclurait le Liban. Les médiateurs ont rapporté que le cessez-le-feu inclurait le Liban, et l’annonce du Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif l’incluait. Le ministre des Affaires étrangères Araghchi a également confirmé que le Liban était inclus.

La position de Trump s’est cependant inversée à la suite d’un appel téléphonique de Netanyahu. Selon le correspondant israélien Ronan Bergman, écrivant dans Yediot Ahoronot, Netanyahu a soudainement et tardivement fait exploser la situation : en Israël, les deux échelons – militaire et politique – ont reçu pour instruction de prouver qu’il n’y avait pas de cessez-le-feu pour le Hezbollah en organisant une énorme attaque contre des quartiers résidentiels surpeuplés au Liban – tuant et blessant plus de 1 000 personnes, en grande partie des civils.

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La guerre contre l’Iran. Le perdant essaie de fixer ses « conditions » – L’étrange idée de bloquer les bloqueurs


Par Moon of Alabama – Le 12 avril 2026

La première série de pourparlers entre les États-Unis et l’Iran n’a abouti à rien.

Les négociateurs américains ont mal évalué leur situation et ont tenté d’imposer leurs conditions (archivé):

Vance a peu parlé de ce qui s’est passé pendant plus de 21 heures de négociations, suggérant qu’il avait remis aux iraniens une proposition à prendre ou à laisser pour mettre fin à jamais à leur programme nucléaire, et ils l’ont rejetée.

« Nous avons clairement indiqué quelles sont nos lignes rouges », a déclaré M. Vance aux journalistes, « sur quels points nous sommes prêts à faire des concessions ». Il a ajouté « ils ont choisi de ne pas accepter nos conditions ».

Les États-Unis ont, jusqu’à présent, perdu cette guerre. Aucun objectif de guerre n’a été atteint. Ses tentatives de voler l’uranium enrichi de l’Iran se sont soldées par les plus grandes pertes de l’armée de l’air depuis l’époque de la guerre du Vietnam. Ils ne sont pas en mesure de fixer leurs conditions :

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La guerre contre l’Iran. Les négociateurs vont devenir les boucs émissaires de la défaite américaine


Par Moon of Alabama – Le 11 avril 2026

Les États-Unis ont menacé l’Iran de rouvrir le détroit d’Ormuz afin de pouvoir bénéficier d’un cessez-le-feu. Mais l’Iran n’est pas intéressé donc pas d’accord avec cela. Avant tout cessez-le-feu, a-t-il déclaré, nous exigeons que les États-Unis reconnaissent que l’Iran garde le contrôle du détroit.

L’administration Trump, soumise à une pression immense en raison des conséquences économiques de la fermeture du détroit, a acquiescé. Mais elle avait besoin d’une excuse pour calmer les partisans de la ligne dure de son propre camp. Elle a ainsi publié une histoire qui expliquait pourquoi le détroit reste fermé.

L’Iran incapable de trouver les mines dans le détroit d’Ormuz, selon les États-Unis (archivé) – NY Times

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Où vont les profits de la guerre ?


Par Gabriel Zucman − Le 7 avril 2026 − Source Blog de l’auteur

Pour les peuples et les dirigeants des années 1970, il était évident que les profits engendrés par l’explosion des prix de l’or noir à la suite des chocs pétroliers de 1973 et 1979 avaient vocation à être, en grande partie, socialisés.

Certains pays producteurs, comme l’Arabie Saoudite et le Venezuela, choisirent de nationaliser leur production (entre 1973 et 1980 pour le premier pays, en 1976 pour le second) ; d’autres de la taxer à des taux quasi-confiscatoires.

Les États-Unis créèrent ainsi en 1980 une taxe sur les superprofits pétroliers au taux de 70 %, qui s’appliquait après avoir payé l’impôt normal sur les sociétés au taux de 46 %. Soit une imposition totale de près de 85 %. Le Royaume-Uni fit de même en 1975.

Tout comme les bénéfices des marchands d’armes s’étaient vus confisqués pendant les guerres du 20e siècle – avec une imposition à 95 % des superprofits aux États-Unis en 1942 – il était hors de question que la rente pétrolière, fruit de conflits armés et de révolutions, puisse être appropriée par quelque puissance privée que ce soit.

C’est ainsi que les richesses pharaoniques générées par l’explosion du cours de l’or noir, ce prix tant convoité, échappèrent aux majors et à leurs propriétaires.

Fort mécontents, ces derniers se promirent qu’on ne les y reprendrait plus.

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La guerre contre l’Iran. Une sélection d’articles


Par Moon of Alabama – Le 10 avril 2026

Une sélection d’écrits intéressants sur la guerre contre l’Iran :

Une longue lecture sur la façon dont Netanyahou a poussé Trump, contre tout autre conseil, à lancer la guerre :

Comment Trump a amené les États-Unis dans une guerre contre l’Iran (archivé) – NY Times

Dans une série de réunions en salle de situation, le président Trump a laissé parler son instinct contre les profondes inquiétudes de son vice-président et une évaluation pessimiste des renseignements. Voici l’histoire de la façon dont il a pris la décision fatidique :

Netanyahu a fait sa présentation d’un ton monotone et confiant. Elle semble avoir été bien reçue par la personne la plus importante dans la pièce, le président américain.

Cela me semble bien, a déclaré M. Trump au premier ministre. Pour M. Netanyahu, cela signalait un probable feu vert pour une opération conjointe américano-israélienne.

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Le poids sur les épaules de Delcy Rodriguez


Par Craig Murray – Le 31 mars 2026 – Source Blog de l’auteur

Alors que je quittais l’Université des Communes de Tocuyito, après une visite joyeuse et édifiante, un jeune professeur, l’air sérieux, est venu vers moi et m’a pris à l’écart. Très tranquillement, il m’a demandé ce qui allait se passer. Un certain nombre d’étudiants étaient terrifiés à l’idée d’un éventuel changement de régime et eux, choisis pour devenir les jeunes dirigeants socialistes dans le mouvement de la commune, seraient emprisonnés, torturés et exécutés.

Ce fut un retour brutal à la réalité après avoir passé une excellente journée dans cette nouvelle université. Mais c’est pourtant ce qui s’est passé. J’avais rencontré des diplomates sobres et professionnels au ministère des Affaires étrangères qui savaient déjà vers quelle région montagneuses ils s’enfuiraient avec des fusils d’assaut en cas d’arrivée de la droite au pouvoir, et se résignaient à une vie de guérilla, y compris avec leur partenaire et leurs enfants. Je n’ai rencontré personne qui doute qu’un changement de régime à Caracas aurait immédiatement conduit à des massacres massifs de gauchistes et à une longue guerre civile.

Presque tout ce qu’on vous dit en Occident sur le Venezuela est faux, et le plus grand mensonge est que Machado, Guaidó et les groupements qui les entourent sont totalement démocrates ou libéraux. Ils ne le sont pas et ont des liens familiaux et politiques directs avec les régimes meurtriers parrainés par la CIA des années pré-Chávez. Ils ont également de nombreux comptes à régler – la famille de Machado, pour ne citer qu’un exemple, avait le monopole sur l’approvisionnement en électricité avant sa nationalisation.

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Le nombre d’intercepteurs de missiles israéliens est tombés à « deux chiffres » selon un responsable de l’administration Trump


Par Ryan Sombre et Murtaza Hussain – Le 9 avril 2026 – Source Drop site news

Une roquette interceptant un missile balistique iranien explose près d’autres nuages de fumée qui se sont formés à la suite d’interceptions le 06 avril 2026 à Tel Aviv, en Israël. Photo d’Alexi Rosenfeld/Getty Images

À la veille du cessez-le-feu ténu conclu entre les États-Unis, Israël et l’Iran, le nombre d’intercepteurs de missiles balistiques restants dans l’arsenal israélien est tombé à “deux chiffres”, selon une source de l’administration Trump au courant de la situation.

Ce risque de pénurie avait conduit les responsables militaires israéliens à être nettement plus sélectifs face aux attaques de missiles balistiques en provenance d’Iran ainsi que du Yémen, qui est récemment entré dans le conflit de manière limitée. “Ils doivent choisir ce qu’ils abattent”, a déclaré le responsable à Drop Site.

La Maison Blanche a renvoyé les questions sur la diminution des stocks vers l’armée israélienne. « Référez-vous à Tsahal », a déclaré un porte-parole de la Maison Blanche. L’Armée israélienne a déclaré à Drop Site « nous vérifions », mais travaillait toujours sur une réponse au moment de la publication de cet article, et nous ne pouvons pas savoir quand une telle réponse pourrait arriver. Quand ce sera le cas, nous mettrons à jour cet article.

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La guerre contre l’Iran. Sabotage du cessez-le-feu


Par Moon of Alabama – Le 9 avril 2026

Les auto-félicitations de l’administration Trump pour le cessez-le-feu avec l’Iran se sont immédiatement effondrées après qu’Israël a bombardé le Liban et tué plus de 250 personnes.

Il s’agit bien d’une violation de l’accord de cessez-le-feu que le Pakistan avait arrangé et annoncé et qui incluait le Liban et d’autres zones du conflit.

L’administration Trump réclamait un cessez-le-feu depuis plusieurs jours. Elle était impliquée (archivé) dans la formulation du message que le Premier ministre pakistanais avait émis. Trump lui-même avait approuvé la feuille de conditions en 10 points que les Iraniens avaient proposée en la qualifiant de “base viable sur laquelle négocier”.

Au courant de l’imminence du cessez-le-feu, les membres de l’administration Trump avaient (à nouveau) misé sur des produits de base et gagné de grosses sommes d’argent.

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La proposition iranienne en 10 points et la montée en puissance de l’Iran


Par Alastair Crooke – Le 8 avril 2026 – Source Conflicts Forum

Ce qui a été convenu par l’Iran le 7 avril n’est pas un cessez-le-feu en soi, mais plutôt une brève cessation des actions militaires afin de fournir l’espace permettant de tester si une discussion politique significative avec les États-Unis est possible ou pas.

Les États-Unis ont cependant accepté la proposition en 10 points du Conseil de sécurité nationale iranien comme « point d’ancrage » convenu pour d’éventuelles discussions, qui devraient débuter vendredi à Islamabad :

« [Trump] a déclaré qu’il avait reçu une proposition en 10 points de l’Iran qui était une base viable sur laquelle négocier ».

Les 10 points, en fait, représentent les conditions préalables de l’Iran à tout cessez-le-feu substantiel.

La proposition n’émane pas de personnalités politiques iraniennes marginales discutant avec des médiateurs extérieurs, mais de l’extérieur de la direction centrale iranienne. Après de longues discussions au sein du Comité de sécurité du Conseil de sécurité nationale iranien (NSC), la proposition a été finalisée et proposée au Guide suprême. Ce dernier a discuté du texte, en a modifié certains aspects et lui a donné son imprimatur. C’est donc une déclaration sérieuse et fondée de la position de l’Iran.

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La guerre contre l’Iran. Le cessez-le-feu d’avril – Déclarations et commentaires


Par Moon of Alabama – Le 8 avril 2026

Trump a abandonné sa menace de commettre un génocide en Iran en acceptant un cessez-le-feu basé sur la proposition en 10 points de l’Iran.

Mais la guerre n’est pas finie.

Israël fera de son mieux pour saboter le cessez-le-feu par tous les moyens.

Si Trump veut vraiment arrêter de perdre cette guerre qu’il a déclenchée sur les conseils de Netanyahou (archivé), il devra jeter ce dernier sous le bus.

Pete Hegseth, le secrétaire aux Crimes de guerre, et d’autres qui ont poussé à lancer cette guerre seront les boucs émissaires de cette défaite.

Pour tenter de comprendre ce qui s’est passé :

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