Spengler et notre américanisation négative


Par Nicolas Bonnal – Novembre 2019 – Source nicolasbonnal.wordpress.com

Nicolas Bonnal

Météo hier soir : on montre New Delhi noyée sous un nuage permanent de smog avec une poignée de zombis effectuant leur jogging en Nike.

La colossale braderie des âmes qui s’opère réduit à néant tous les cultes connus. Le crédit a remplacé le credo, a déclaré notre Marx, et on détruira et remplacera tout parce que c’est le triomphe de la destruction créatrice et du calcul égoïste. Le zombi touriste remplace le bâtisseur de Notre-Dame, du Taj Mahal ou bien de l’Alhambra. Et voyez ce que nos ploucs de la bourse et du business ont fait de Versailles, des îles ou bien d’Ushuaïa. Le pauvre a neuf mètres carrés et un smartphone mais comme me dit un vieux promeneur andalou que je croise sur mon bord de mer assiégé, il n’est plus éduqué. Quant au riche, il se fait avoir à peu près partout, tant les prix ont augmenté, tant les prestations ont baissé, et tant ses clones se sont grotesquement multipliés.

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Les femmes sont-elles en train de tuer l’université ?


C’est probable

Par Lance Welton – Le 2 novembre – Source Unz Review via Entre la plume et l’enclume


Pendant la Première guerre mondiale, sept des écoles de médecine rattachées à l’université de Londres décidèrent d’admettre des étudiantes, comme le faisaient les universités d’Oxford et d’Édimbourg. Mais vers 1928, cinq des collèges londoniens avaient décidé d’arrêter d’admettre des filles, tandis que les deux autres réduisaient sévèrement leurs inscriptions féminines. Oxford vota pour un quota d’une seule fille pour six garçons. Les universitaires mâles et les étudiants craignaient que la présence des filles, et ne parlons pas de les imaginer dans l’équipe enseignante, « altère le caractère de l’enseignement », et conduise à un « gouvernement féminin » des universités1 2. En d’autres termes, la dimension « masculine » du monde académique – qui examine rigoureusement, sans états d’âme et froidement, les faits et les raisonnements – sombrerait du fait de la présence croissante de filles émotives et excessivement portées à l’empathie. A mesure que les filles ont pris  possession des universités occidentales, au point de constituer la majorité des étudiants aux  USA 3, il est devenu clair que ces sceptiques avaient raison.
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  1. Question discutée par Carol Dyhouse, dans Women in Twentieth Century Britain, 2014
  2. Pour la part féminine dans les université françaises, voir : https://journals.openedition.org/histoire-education/1940
  3. Why Do Women Outnumber Men in College ?, NBER Working Paper No. 12139, January 2007

L’Iran : Un pays que nous ne pouvons ignorer


Rapport de situation


Par Ugo Bardi – Le 27 octobre 2019 – Source CassandraLegacy

Ugo Bardi donnant une conférence à l’Université de Téhéran, octobre 2019

L’Iran est un pays qui conserve une partie de la fascination autour de son histoire plongeant dans l’Antiquité quand il était à la fois fabuleux et très lointain. De nos jours, ce pays est resté quelque peu éloigné, mais c’est aussi un pays que l’on ne peut ignorer, car il a connu une série d’événements dramatiques, de la révolution de 1979 à la crise des otages, en passant par la guerre Irak-Iran de 1980 à 1988, et bien plus encore. La dernière convulsion politique a été la « Révolution verte » en 2009 qui s’est rapidement apaisée, mais le pays continue clairement à évoluer, surtout dans ses relations avec l’Occident. Il est impossible pour quiconque, y compris peut-être les Iraniens eux-mêmes, d’évaluer tout ce qui se passe dans leur pays. Certes, l’Iran est complexe, changeant, varié et fascinant, peut-être autant qu’à l’époque de Marco Polo où il était le centre des caravanes marchandes transportant la soie et les épices de Chine. Voici quelques notes d’un voyage à Téhéran où je suis resté une semaine en octobre 2019.

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L’art de la guerre selon la science des systèmes complexes


La falaise de Sénèque comme arme stratégique


Par Ugo Bardi – Le 3 octobre 2019 – Source CassandraLegacy

La musique a toujours fait partie de l’effort de guerre : un moyen d’établir des connexions en réseau pour rendre le système de combat plus résistant et plus efficace. Ici, une version particulièrement efficace : « La guerre sacrée » chantée par Elena Vaenga. Je ne dirais pas que les Soviétiques ont battu les Allemands lors de la seconde guerre mondiale parce qu’ils avaient une meilleure musique, mais cela a sûrement dû aider.

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Sir John Glubb et la fatalité impériale


Par Nicolas Bonnal – Octobre 2019 – Source nicolasbonnal.wordpress.com

Nicolas Bonnal

On parle beaucoup dans le monde antisystème de la chute de l’empire américain. Je m’en mêle peu parce que l’Amérique n’est pas pour moi un empire ; elle est plus que cela, elle est l’anti-civilisation, une matrice matérielle hallucinatoire, un virus mental et moral qui dévore et remplace mentalement l’humanité  – musulmans, chinois et russes y compris. Elle est le cancer moral et terminal du monde moderne. Celui qui l’a le mieux montré est le cinéaste John Carpenter dans son chef-d’œuvre des années 80, They Live. Et j’ai déjà parlé de Don Siegel et de son humanité de légumes dans L’invasion des profanateurs, réalisé en 1955, année flamboyante de pamphlets antiaméricains comme La Nuit du Chasseur de Laughton, le Roi à New York de Chaplin ou encore The Big Heat de Fritz Lang.

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Quand les guerres culturelles et les guerres de politique étrangère se rencontrent c’est le clash


Par Alastair Crooke − Le 30 septembre 2019 − Source Strategic Culture

crooke_1-1-175x230Qu’est devenu le « style international d’architecture »  – maintenant démodé – apparu comme une esthétique universaliste conçue comme arme pour contrer les bouleversements nationalistes du début du XXe siècle, dans la géopolitique d’aujourd’hui ?

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Crédit photo pxhere.com

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John Glubb – Le sort des Empires et la recherche de leur survie


Par Hervé – Source le Saker Francophone

Septembre 2021 : sont mis à dispositions les fichiers pour liseuses, epub et mobi. Le contenu en est strictement identique.

John Bagot Glubb est né en 1897, son père étant un officier engagé dans le corps des Royal Engineers, le corps du Génie. À l’âge de quatre ans, il a quitté l’Angleterre pour l’Ile Maurice, où son père a été posté pour un tour de service de trois ans. À l’âge de dix ans, il a été envoyé à l’école pendant un an en Suisse. Ces voyages de jeunesse peuvent avoir ouvert son esprit au monde extérieur à un âge précoce. Entré à l’Académie royale militaire de Woolwich en septembre 1914, il fut requis par les Royal Engineers en avril 1915. Il servit pendant la Première Guerre mondiale en France et en Belgique, fut blessé trois fois et reçut la Croix militaire. En 1920, il se porta volontaire pour servir en Irak, en tant qu’officier militaire, mais en 1926 il démissionna de son mandat et accepta un poste administratif sous le gouvernement irakien.

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Dénonciation du mois : Michel Sardou


Par SJW − Source Le Saker Francophone

Rien qu’à le regarder, ça se voit qu’il est coupable

Une fois n’est pas coutume, plutôt que reporter ou analyser l’actualité, nous l’anticipons. Il est de notre devoir de Citoyens du Nouveau-Monde de prendre les devants, dans une société En Marche, et de dénoncer ce qui doit l’être. Nous espérons que notre démarche, progressiste et courageuse, inspirera des vocations.
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Le dernier empire occidental ?

Par The Saker − Le 1er août 2019 − Source thesaker.is via Unz Review

2015-09-15_13h17_31-150x112«L’arbre qui cache la forêt» est une métaphore appropriée si nous examinons la plupart des observations décrivant les vingt dernières années. Cette période a été remarquable par le nombre de changements véritablement tectoniques qu’a connus le système international.

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