Par Moon of Alabama – Le 30 avril 2025
La libération/chute de Saigon, le 30 avril 1975, a marqué la fin de la guerre du Viêt Nam. J’étais adolescent à l’époque et j’avais suivi la guerre en lisant, en allemand, divers hebdomadaires. Je la trouvais à la fois fascinante et odieuse. Les reportages n’étaient pas pro-américains. Mais ils n’étaient pas non plus favorables au Viêt Nam. En fait, ils omettaient souvent de décrire le côté vietnamien de la guerre.
Aujourd’hui, le Viêt Nam a célébré le 50e anniversaire du « Jour de la libération du Sud et de la réunification nationale » par un défilé (vidéo).
L’administration Trump, dans un geste très puéril, a ordonné aux diplomates américains au Vietnam de ne pas assister aux cérémonies.
Historiquement, lorsque les plus grandes puissances européennes de la période moderne, la Russie et l’Allemagne/Prusse, étaient en paix l’une avec l’autre, leurs peuples et leurs économies prospéraient et les réalisations culturelles et scientifiques du continent menaient le monde. Inversement, lorsqu’eux et leurs alliés se sont affrontés, l’Europe a sombré dans un massacre barbare, d’énormes pertes en vies humaines et la destruction physique de ce que des générations avaient construit.
Ma réécriture de la célèbre citation de Lord Palmerston concernant les « intérêts » pour qu’elle reflète la réalité d’Israël et de ses puissants amis serait à peu près la suivante : « Je dis que c’est une politique étroite que de supposer qu’Israël doit être désigné comme l’allié éternel ou l’ami perpétuel des États-Unis et des valeurs occidentales éclairées. De par sa conception, Israël n’a pas d’alliés éternels. Ses intérêts sont en effet perpétuels, mais ils sont centrés sur son propre succès à se présenter agressivement comme la victime tout en faisant avancer ses propres intérêts tribaux ». Il est vrai que j’ai souvent tendance à penser à l’ennemi que la tradition chrétienne occidentale a nourri en son sein pendant des décennies dans un esprit de tolérance, une vipère qui ne cherche qu’à nous corrompre, puis à nous détruire, ce qui se manifeste particulièrement en cette période de l’année où la vie et la mort de Jésus-Christ devraient être célébrées à juste titre. Hélas, dans l’Israël d’aujourd’hui, ce qui est vraiment remarquable, c’est la suppression ouverte par le gouvernement de l’identité et du culte chrétiens, sans qu’aucune plainte ne vienne de Washington ou des autres nations nominalement chrétiennes d’Europe.
La rencontre d’hier [17 avril, NdT] entre Trump et la première ministre italienne, Giorgia Meloni, était très attendue. Il s’agissait de la première rencontre entre un dirigeant européen et le président américain depuis que ce dernier a annoncé la semaine dernière des droits de douane de 20 % sur tous les produits de l’UE, droits qui ont ensuite été suspendus et ramenés à 10 % pendant 90 jours. La visite de Meloni a été largement considérée comme une démarche stratégique visant à tirer parti de son alignement idéologique et de ses relations personnelles avec Trump, qu’elle avait déjà rencontré à Mar-a-Lago et à l’investiture duquel elle a assisté en tant que seule dirigeante de l’UE présente. Son objectif était clair : convaincre Trump de revoir sa position en matière de droits de douane à l’égard de l’UE, ou du moins de l’Italie.

Écrivant dans sa cellule de prisonnier politique, dans l’Italie fasciste après la Première Guerre mondiale, le philosophe Antonio Gramsci déclarait : « La crise consiste précisément dans le fait que l’ancien meurt et que le nouveau ne peut pas naître ; dans cet interrègne, une grande variété de symptômes morbides apparaît. » Un siècle plus tard, nous sommes dans un autre interrègne, et les symptômes morbides sont partout. L’ordre dirigé par les États-Unis a pris fin, mais le monde multipolaire n’est pas encore né. La priorité urgente est de donner naissance à un nouvel ordre multilatéral capable de maintenir la paix et la voie du développement durable.
