Par William Engdhal – Le 20 août 2018 – Source New Eastern Outlook

Aujourd’hui, l’arme de destruction massive de loin la plus meurtrière de l’arsenal de Washington n’est pas une de ces traditionnelles machines tueuses appartenant au Pentagone. C’est de facto une arme silencieuse : la capacité de Washington à contrôler l’offre mondiale d’argent, de dollars, par le biais des décisions de la Réserve fédérale, un organisme privé, en coordination avec le Trésor américain et certains groupes financiers de Wall Street. Développé sur une période de plusieurs décennies, depuis le découplage entre le dollar et l’or par Nixon en août 1971, le contrôle par le dollar est aujourd’hui une arme financière à laquelle peu de nations rivales sont prêtes à résister, du moins pas encore.

Une guerre sans merci est actuellement en cours. Grosso modo, cette guerre oppose les « Wasp américains » – qui se sont enrichis par le système de Bretton Woods, lequel a instauré le dollar américain comme monnaie mondiale – aux banquiers qui tiennent la City. Ces derniers sont en train d’instituer ce que Keynes voulait instituer dès 1944 : le Bancor, qui est un panier de monnaies, en tant que monnaie mondiale aujourd’hui appelé Droits de Tirage Spéciaux (DTS). Les enjeux de cette guerre monétaire invisible sont considérables, ils expliquent à eux seuls tous les troubles géopolitiques actuels.
Le président turc Erdogan affirme souvent que des « puissances étrangères » (c’est-à-dire les États-Unis) veulent le faire chuter. Il dit qu’un « lobby intéressé » (c’est-à-dire les banquiers (juifs)), veut nuire à la Turquie. Il a un peu raison sur ces deux points.


