Par Peter Van Buren – Le 19 février 2015 – Source TomDispatch
Oui, ils sont devenus la plus grande des générations (une phrase qui m’a toujours fait penser à une pub pour une boisson gazeuse), mais ce n’est pas ainsi qu’ils se voyaient à l’époque. Comme l’a montré Susan Faludi dans son livre Stiffed (Raidis), devenu un classique, et comme j’ai pu le constater enfant, les hommes qui sont rentrés au pays après la Seconde Guerre mondiale étaient particulièrement silencieux à propos de leur expérience des combats, du moins avec leurs enfants. Mon père, qui avait été officier pour le 1er Groupe de commandos aériens en Birmanie, avait quelques anecdotes qu’il finissait par raconter, si on l’y encourageait, mais en général, il ne parlait de la guerre que lorsqu’il était en colère. Par exemple, je peux me rappeler d’une occasion où il s’est emporté et nous a interdit, à ma mère et à moi, d’aller faire nos courses chez l’épicier du quartier car, d’après lui, son propriétaire avait profité de la guerre. En de rares occasions, il pouvait sortir de l’armoire un vieux sac de marin rempli de souvenirs de guerre, dont un brassard nazi (sans aucun doute échangé avec quelqu’un qui avait été sur le front européen) et quelques glorieuses cartes de soie de Birmanie, oranges ou blanches, qui étaient censées ne pas prendre de place dans le sac d’un commando. Il s’agit de moments excitants de mon enfance, bien que mon père n’ait eu que peu à déclarer à propos de ce qu’il nous montrait.
Continuer la lecture →