Par James Howard Kunstler – Le 17 juin 2022 – Source kunstler.com

Vous vous souvenez du limbo ? C’était une danse à la mode, un peu comme le saut en hauteur olympique à l’envers : au lieu de sauter par-dessus une barre horizontale, on passait en dessous au son d’une musique calypso, et la foule criait « Jusqu’où pouvez-vous descendre ? ». Il se trouve que, dans la culture occidentale, les limbes sont aussi le nom d’un endroit au bord de l’enfer. Dans un cas comme dans l’autre, vous avez une métaphore appropriée de la situation dans laquelle se trouvent les États-Unis en ce début d’été de double-déception.


L’effondrement a été délibérément déclenché pour des motifs politiques par la banque centrale. La situation n’est pas différente aujourd’hui, car il est clair que la Fed américaine agit avec l’arme des taux d’intérêt pour faire s’effondrer ce qui est la plus grande bulle financière spéculative de l’histoire humaine, une bulle qu’elle a elle-même créée. Les krachs mondiaux commencent toujours à la périphérie, comme le Creditanstalt autrichien de 1931 ou la faillite de Lehman Brother, en septembre 2008. La décision du 15 juin de la Fed d’imposer la plus forte hausse de taux en près de 30 ans, alors que les marchés financiers sont déjà en plein effondrement, garantit désormais une dépression mondiale, voire pire.
Berlusconi a écrit dans Il Giornale cette semaine que l’Occident est isolé en raison de sa monomanie ukrainienne : « La réponse de l’Occident [à l’Ukraine] a été unanime, mais qu’entendons-nous par Occident ? Les États-Unis, l’Europe et certains pays de la région Pacifique qui ont des liens traditionnels avec les États-Unis, dont l’Australie et le Japon. Et les autres pays du monde ? Presque rien » .


Dire que l’actualité est « désordonnée » aujourd’hui serait le comble de l’euphémisme. Chaque jour, les titres des journaux nous présentent une nouvelle série de données contradictoires qui nous convainquent d’un mensonge qui sert les intérêts de quelqu’un.