Un matin calme à Pékin, la couronne du dollar a glissé


Par Alastair Crooke – Le 2 juin 2025 – Source Unz Review

“Je crois que nous devons partir de la notion que la défaite mène à la révolution pour saisir la révolution de Trump”.

 

« L’expérience en cours aux États-Unis, même si nous ne savons pas exactement ce qu’elle deviendra, est une révolution. Est-ce une révolution au sens strict ? Est-ce une contre-révolution ?”

Ainsi parlait l’historien et philosophe français Emmanuel Todd dans sa conférence d’avril à Moscou, intitulée « Bons baisers de Russie » [texte en français].

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La défaite de l’Occident et sa dislocation


Par Moon of Alabama – Le 3 juin 2025

En 1976, l’anthropologue français Emmanuel Todd prédisait la chute de l’Union soviétique. Dans « Après l’Empire », publié pour la première fois en français en 2001, il prédisait le déclin (relatif) des États-Unis.

Dans son dernier ouvrage, La Défaite de l’Occident, il déplore l’incapacité de l’Occident à distinguer les faits des souhaits, comme en témoigne son comportement pendant la guerre en Ukraine. Le nihilisme, l’absence de valeurs et l’incapacité à accepter la réalité ont envahi la pensée occidentale :

L’idéologie transgenre est donc, à mon avis, l’un des drapeaux de ce nihilisme qui définit désormais l’Occident, cette volonté de détruire non seulement les choses et les personnes, mais aussi la réalité.

Todd a récemment ouvert un substack où il publie les discours et les conférences qu’il a donnés.

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Trump, l’establishment anglo-sioniste et la guerre contre la Russie


Par Mark Wauck et Alastair Crooke – Le 29 mai 2025 – Source Conflicts Forum

Aujourd’hui, lors de l’émission de juge Nap, Alastair Crooke a fourni un aperçu géopolitique magistral de notre position avec Trump et l’establishment anglo-sioniste en ce qui concerne la guerre contre la Russie.

Crooke maintient que ce que nous voyons maintenant, avec l’Europe cherchant à ce que la guerre contre la Russie continue et même s’intensifie, est essentiellement motivé par la haine et le désespoir de vaincre Trump. Fondamentalement, les Européens comprennent que le programme économique de Trump pourrait détruire l’Europe. La seule façon d’arrêter Trump serait d’entraîner les États-Unis dans une confrontation continue et accrue avec la Russie, et mettre sérieusement en colère les Russes est un moyen d’y parvenir – peu importe le coût humain. Crooke soutient que les Anglo-sionistes, à la fois en Europe et dans l’establishment politique américain, semblent avoir « coincé » Trump.

Alors voyons cela de plus près.

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La « transition » vers un nouvel ordre mondial n’est pas comprise par la plupart des Occidentaux


Par Alastair Crooke – Le 19 mai 2025 – Unz Review

Même le besoin d’une transition – pour être précis – ne fait que commencer à être reconnu aux États-Unis.

Pour les dirigeants européens, et pour les bénéficiaires de la financiarisation qui déplorent avec arrogance la « tempête » imprudemment déclenchée par Trump sur le monde, ses thèses économiques de base sont ridiculisées comme étant des notions bizarres, complètement séparées de la « réalité » économique.

Ce qui est complètement faux.

Car, comme le souligne l’économiste grec Yanis Varoufakis, la réalité de la situation occidentale et la nécessité d’une transition avaient déjà été clairement énoncées par Paul Volcker, ancien président de la Réserve fédérale, dès 2005.

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Un « accord Trump » ? Jongler avec la guerre, la « guerre facile » et la négociation


Par Alastair Crooke – Le 24 avril 2025 – Source Strategic Culture

Trump se retrouve manifestement au cœur d’un conflit existentiel. Il dispose d’un mandat énorme. Mais il est entouré d’un front ennemi intérieur résolu, dont la forme est une « préoccupation industrielle » imprégnée de l’idéologie de l’État profond centrée principalement sur la préservation de la puissance mondiale des États-Unis (plutôt que sur le redressement de l’économie).

Par contre, la question clé pour MAGA n’est pas la politique étrangère mais la manière de rééquilibrer structurellement un paradigme économique qui mène à l’extinction. Trump a toujours clairement indiqué qu’il s’agissait là de son objectif primordial. Sa coalition de partisans est fixée sur la nécessité de relancer la base industrielle de l’Amérique, afin de fournir des emplois raisonnablement bien rémunérés.

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L’Amérique en tant que République, pas en tant qu’Empire


Par Alastair Crooke – Le 26 février 2025 – Unz Review

Les morceaux s’emboîtent les uns dans les autres selon un schéma distinct – un schéma préparé à l’avance.

Lors de la conférence de Munich sur la sécurité, le secrétaire d’État à la défense, M. Hegseth, nous a donné quatre « non » : Non à l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN ; non à un retour aux frontières d’avant 2014 ; non à l’article 5 sur le soutien des forces de maintien de la paix, et non aux troupes américaines en Ukraine. Enfin, il a ajouté que la présence des troupes américaines en Europe n’était pas « éternelle » et a même remis en question la continuité de l’OTAN.

Il s’agit d’un langage clair ! Les États-Unis se désengagent clairement de l’Ukraine. Et ils ont l’intention de normaliser leurs relations avec la Russie.

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Une crise de compétences prolifère en Occident


Par Alastair Crooke – Le 20 janvier 2025 – Source Unz Review

L’essayiste et stratège militaire Aurélien a écrit un article intitulé : L’Étrange Défaite. L’ »étrange défaite » (texte en français) étant celle de la « curieuse » incapacité de l’Europe à comprendre l’Ukraine ou sa mécanique militaire.

Aurélien souligne l’étrange manque de réalisme par lequel l’Occident a abordé la crise :

« et la dissociation presque pathologique du monde réel qu’il affiche dans ses paroles et ses actions. Pourtant, même si la situation se détériore et que les forces russes avancent partout, il n’y a aucun signe que l’Occident se fonde de plus en plus sur la réalité dans sa compréhension – et il est très probable qu’il continuera à vivre dans sa construction alternative de la réalité jusqu’à ce qu’il en soit expulsé de force”.

L’auteur poursuit en détail (omis ici) pour expliquer pourquoi l’OTAN n’a ni stratégie pour l’Ukraine ni véritable plan opérationnel :

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Trump peut-il sauver l’Amérique d’elle-même ?


Par Alastair Crooke – Le 10 janvier 2025 – Source Strategic Fondation

La semaine dernière, Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, qualifiait d’insatisfaisantes les propositions de paix de l’équipe Trump pour l’Ukraine. Pour l’essentiel, le point de vue russe est que les appels à geler le conflit passent précisément à côté de l’essentiel : Du point de vue russe, de telles idées – conflits gelés, cessez-le-feu et forces de maintien de la paix – sont loin de correspondre au type d’accord « global » fondé sur un traité que les Russes préconisent depuis 2021.

Sans une fin durable et permanente du conflit, les Russes préféreront compter sur une issue sur le champ de bataille, même si leur refus risque fort d’entraîner la poursuite d’une escalade – voire d’une escalade menant au nucléaire – de la part des États-Unis.

La question qui se pose est donc la suivante : Une paix durable entre les États-Unis et la Russie est-elle vraiment possible ?

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L’orgueil impérial (et ses conséquences) en Syrie


Par Alastair Crooke – Le 1er janvier 2025 –  Source Unz Review

L’histoire de la Syrie, semble-t-il, ne se réduit pas à des affirmations du genre « le président Assad est tombé » et les « salafistes technocrates » ont pris le pouvoir.

À un certain niveau, l’effondrement était prévisible. On savait qu’Assad était influencé par l’Égypte et les Émirats arabes unis depuis quelques années. Ils l’ont incité à rompre avec l’Iran et la Russie et à se tourner vers l’Occident. Pendant trois ou quatre ans, il a progressivement signalé et mis en œuvre cette évolution. L’Iran, en particulier, était confronté à des obstacles croissants sur les questions opérationnelles dans lesquelles il coopérait avec les forces syriennes. Ce changement de cap était un message adressé à l’Iran.

La situation financière de la Syrie – après des années de sanctions américaines et la perte de tous les revenus agricoles et énergétiques saisis par les États-Unis dans le nord-est occupé de la Syrie – était catastrophique. La Syrie n’avait tout simplement pas d’économie.

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Les « faiseurs de roi » tirent une nouvelle fois le tapis sous les pieds de la Syrie… Une « tragédie grecque » commence


Par Alastair Crooke – Le 23 décembre 2024 – Strategic Culture

James Jeffrey, ancien ambassadeur des États-Unis en Irak et en Turquie, dans une interview accordée en mars 2021 à PBS Frontline, a présenté très clairement le modèle de ce qui vient de se produire en Syrie ce mois-ci :

« La Syrie, compte tenu de sa taille, de sa situation stratégique et de son importance historique, est le pivot d’un système de sécurité géré par les États-Unis dans la région… Il y a donc cette alliance générale qui est verrouillée avec nous. Mais […] c’est en Syrie que la tension est la plus forte ».

Jeffrey y explique (dans l’interview de 2021) pourquoi les États-Unis ont modifié leur soutien à Jolani et à Hayat Tahrir al-Sham (HTS) :

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