Trump appelle à une réduction trilatérale des armes


Par Moon of Alabama – Le 14 février 2025

La suprématie d’après-guerre froide des Etats-Unis est insoutenable parce qu’elle est contrée par l’alliance de la Russie et de la Chine. Le marais de la politique étrangère étasunienne n’a pas d’opinion commune sur la façon de gérer cela.

Une faction soutient que la suprématie n’est pas viable. Elle appelle à accepter un monde multipolaire dans lequel les trois grands – la Russie, la Chine et les États-Unis – acceptent d’éviter de se combattre tout en divisant le globe en zones d’intérêts dédiées. Des conflits mineurs se dérouleraient aux frontières mais il y aurait globalement la paix.

Une deuxième faction veut maintenir la suprématie américaine en battant la Russie avant de s’attaquer à la Chine. Hillary Clinton et Joe Biden, avec leurs attaques contre la Russie, poussaient dans cette direction.

Une troisième faction pense que diviser la Russie et la Chine et ainsi neutraliser (ou même s’allier avec) la Russie avant de déclencher un conflit avec la Chine est la meilleure façon de procéder.

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Ukraine. Le Début De La Fin (Qui Est Encore Loin)


Par Moon of Alabama – Le 13 février 2025

La manœuvre d’ouverture de Trump dans les négociations avec la Russie au sujet de l’Ukraine a provoqué quelques vagues.

Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a annoncé que la frontière, c’est-à-dire l’Ukraine, devra céder du territoire à la Russie. Il n’y aura pas de place pour l’Ukraine dans l’OTAN. Les États-Unis ne donneront aucune garantie de sécurité à l’Ukraine. Ni l’armée américaine ni l’OTAN ne participeront à une mission de maintien de la paix en Ukraine.

Avec cela, les États-Unis ont concédé à la Russie deux de leurs principales demandes. Quatre oblasts ukrainiens et la Crimée feront partie de la Russie. L’élargissement de l’OTAN vers l’est a été stoppé. Tout déploiement américain en Ukraine est, pour l’instant, hors de question.

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Un récent mémo déclassifié montre les erreurs de l’Amérique après la Guerre froide


Par Fred Kaplan – Le 23 décembre 2024 – Source Slate

Une fois de de temps en temps, un mémorandum diplomatique – un résumé proposant un changement de politique envoyé par un officier du service extérieur à ses maîtres politiques à Washington – a un impact capital. Le plus célèbre d’entre eux est le “Long télégramme” de George Kennan, envoyé en février 1946, qui exhortait à “un endiguement, patient mais ferme et vigilant sur le long terme, des tendances expansionnistes russes.”

Kennan, qui était chargé d’affaires à l’ambassade des États-Unis à Moscou, a rédigé ce mémo de 5 000 mots alors que les débats faisaient rage au pays sur la façon de gérer le passage de l’Union soviétique d’allié en temps de guerre à adversaire de la Guerre froide. La note a fait une énorme brèche dans ce débat lorsque Kennan en a publié une version abrégée, sous le titre “Les sources de la conduite soviétique”, dans le numéro de juillet 1947 de Foreign Affairs. (Le journal anonymisait l’auteur sous le nom de « X », mais le mot s’est répandu qu’il s’agissait de Kennan.)

De nos jours, un mémo tout aussi long, écrit près de 50 ans plus tard, au début de l’ère de l’après–Guerre froide et de la Russie post-soviétique, soulève des questions sur la façon dont le monde d’aujourd’hui pourrait être différent si Bill Clinton en avait tenu compte autant que Harry Truman a tenu compte de celui de Kennan.

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L’USAID et autres ONGs contrôlent le récit officiel et la guerre


Par Glenn Diesen – Le 10 février 2025 – Source Son blog

La décision du président Trump de réduire le financement de l’USAID a révélé à quel point le gouvernement américain finançait les médias, les manifestations et d’autres moyens pour détourner la société civile dans le monde entier. En Ukraine, l’USAID a joué un rôle clé dans le renversement du président Ianoukovitch en 2014 et, depuis, finance entre 85 et 90% des médias ukrainiens pour assurer le contrôle du récit officiel. Le Premier ministre géorgien a également averti que des ONG occidentales avaient été activées pour renverser le gouvernement et convertir la Géorgie en un deuxième front contre la Russie.

Il existe également des preuves accablantes que le gouvernement américain créé des “organisations non gouvernementales” (ONG) depuis les années 1980 qui sont financées par le gouvernement américain, composées de personnes liées à la communauté du renseignement américaine et poursuivant les intérêts géopolitiques américains sous prétexte de promouvoir la démocratie et les droits de l’homme. L’une de ces “ONG » est la National Endowment for Democracy (NED) créée par Reagan pour reprendre certaines des tâches de la CIA. Ces organisations sont des instruments permettant aux États-Unis de manipuler les sociétés des autres nations et de provoquer un changement de régime si nécessaire.

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Le vice-président JD Vance menace l’Europe au sujet des modèles d’IA ouverts chinois


Par Moon of Alabama – Le 12 février 2025

Hier, le vice-président américain JD Vance a participé au sommet sur l’intelligence artificielle à Paris afin de promouvoir l’adoption exclusive de modèles d’IA fermés que les États-Unis tentent de monopoliser.

Vance est un excellent orateur et son sermon était bien écrit. Sa présentation peut être consultée ici.

Arnaud Bertrand résume :

Si vous n’étiez pas convaincu que la vision américaine de l’IA est celle d’un outil géopolitique qu’elle a bien l’intention d’utiliser comme une arme, regardez le discours de Vance au Sommet de l’IA de Paris.

Il le dit même littéralement : L’IA est une « arme dangereuse entre de mauvaises mains, mais un outil incroyable pour la liberté et la prospérité entre de bonnes mains ».

Qui sont les bonnes mains ?

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Trump annonce au parti de la guerre ukrainien que le jeu est fini


Par Moon of Alabama – Le 12 février 2025

Aujourd’hui, l’administration Trump a annoncé au parti de la guerre ukrainien que leur jeu est enfin terminé. Tout ce qu’ils avaient espéré est hors de portée :

Hegseth dit que revenir aux frontières d’avant 2014 est « irréaliste » (archivé) – New York Times, 12 Février 2025

Le retour aux frontières de l’Ukraine d’avant 2014 est un « objectif irréaliste » et un « but illusoire » dans l’accord de paix entre l’Ukraine et la Russie que le président Trump veut réaliser, a déclaré mercredi le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, lors d’une réunion des pays soutenant l’Ukraine.

Trump, a-t-il ajouté, ne soutient pas l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN dans le cadre d’un plan de paix réaliste.

Après un règlement, « une paix durable pour l’Ukraine doit inclure des garanties de sécurité solides pour s’assurer que la guerre ne recommencera pas », mais cela relèverait de la responsabilité, a-t-il dit, des troupes européennes et non européennes dans une « mission non OTAN », non protégée par l’engagement de l’article 5 de l’OTAN en faveur de la défense collective.

Aucune troupe américaine ne sera déployée en Ukraine, a-t-il ajouté, et l’Europe devrait fournir « la plus grande part de l’aide létale et non létale future à l’Ukraine ».

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Une crise de compétences prolifère en Occident


Par Alastair Crooke – Le 20 janvier 2025 – Source Unz Review

L’essayiste et stratège militaire Aurélien a écrit un article intitulé : L’Étrange Défaite. L’ »étrange défaite » (texte en français) étant celle de la « curieuse » incapacité de l’Europe à comprendre l’Ukraine ou sa mécanique militaire.

Aurélien souligne l’étrange manque de réalisme par lequel l’Occident a abordé la crise :

« et la dissociation presque pathologique du monde réel qu’il affiche dans ses paroles et ses actions. Pourtant, même si la situation se détériore et que les forces russes avancent partout, il n’y a aucun signe que l’Occident se fonde de plus en plus sur la réalité dans sa compréhension – et il est très probable qu’il continuera à vivre dans sa construction alternative de la réalité jusqu’à ce qu’il en soit expulsé de force”.

L’auteur poursuit en détail (omis ici) pour expliquer pourquoi l’OTAN n’a ni stratégie pour l’Ukraine ni véritable plan opérationnel :

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Le coup d’État numérique de Musk à Washington : Effets et perspectives


Par Helena Cobban – Le 4 février 2025 – Source Globalities

Le coup d’État numérique lancé par Elon Musk pour s’emparer du gouvernement américain a commencé le 20 janvier (bien qu’il était préparé depuis de nombreuses semaines). Le 20 janvier, peu après que le président Trump a prêté serment et qu’il est brièvement passé à un déjeuner au cours duquel des milliardaires de la technologie se sont mêlés étroitement aux juges de la Cour suprême et à des législateurs de haut rang, il a signé un décret qui stipulait ce qui suit :

Ce décret établit le Département de l’efficacité gouvernementale pour mettre en œuvre l’agenda DOGE du président, en modernisant la technologie et les logiciels fédéraux pour maximiser l’efficacité et la productivité du gouvernement.

Nous pourrions considérer cela comme le « Communiqué numéro 1 » du coup d’État Musk-Trump que nous avons vu se dérouler depuis lors.

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Ukraine. Il n’y a plus rien à échanger, que ce soit pour prolonger la guerre ou établir un accord de paix


Par Moon of Alabama – Le 11 février 2025

Lorsque Donald Trump a été réélu, les dirigeants ukrainiens se sont réjouis (archivé) :

Il est assez surprenant – et cela montre à quel point les choses sont devenues mauvaises dans le pays au cours des derniers mois – d’apprendre que de nombreux hauts fonctionnaires [en Ukraine] espéraient une victoire de Donald Trump. Confrontés au choix de la survie ou d’un président joker qui déchirerait les règles et réduirait presque à coup sûr l’aide, ils étaient prêts à parier.

Le président Volodymyr Zelensky s’est empressé d’approuver la victoire, et ce en des termes élogieux. « Nous nous réjouissons de l’ère des États-Unis d’Amérique forts sous la direction décisive du président Trump », a-t-il écrit sur X (anciennement Twitter, aujourd’hui dirigé par le milliardaire pro-Trump Elon Musk). Il ne s’agit pas seulement de rhétorique. En privé, ses collaborateurs sont de plus en plus frustrés par ce qu’ils décrivent comme de l’« autoblocage » de l’administration Biden, l’habitude de craindre une escalade avec la Russie jusqu’à la paralysie, et un fossé croissant entre la rhétorique de « rester aux côtés de l’Ukraine aussi longtemps qu’il le faudra » et les actions qui suggèrent le contraire.

Zelenski pensait pouvoir conclure des accords avec Trump :

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